« La peinture, même profane, comporte forcément une dimension transcendante », relève Jacques Cadet, un artiste contemporain qui a lui-même réalisé plusieurs « Sainte Face ». Comme pour s’installer dans une prolifique histoire de l’art sacré, qui, s’il n’est plus, comme pendant de nombreux siècles, l’unique norme de la peinture, existe encore à travers de nombreux créateurs. « L’héritage est considérable, tellement beau. C’est très difficile, très lourd pour un peintre actuel. Alors il faut un langage d’aujourd’hui, pour exprimer des choses d’aujourd’hui », souligne Jacques Cadet. Il peint sur la Shoah, sur le tsunami… et, dans un tableau « déclenché » par le cataclysme de l’hiver dernier, reproduit une petite crucifixion qu’avait réalisée sa fille à six ans. « Le Christ est incarné dans la chair humaine et dans l’histoire : cela passe par un récit d’au moins trois images », explique encore le peintre, qui n’aime pas l’étiquette d’« artiste chrétien » – pour lui, « être chrétien c’est rencontrer l’homme ».