Catholique.orghttp://www.catholique.org/ Portail Catholique Francophone fr Catholique.org Sat, 07 Mar 2015 11:40:27 +0200 SPIP 3.0.11 - www.spip.net Catholique.org http://www.catholique.org/images/catholique-logo-noir-200.jpghttp://www.catholique.org/ Pendant le Carême, tenons fermes dans la foi !http://news.catholique.org/laune/55736-pendant-le-careme-tenons-fermes-dans-la-foi 2015-03-07T10:40:27Z text/html fr Catholique.org <img src="IMG/arton55736.jpg?1425725297" align="right" hspace="4" vspace="4"> C'est l'invitation du Pape François à l'occasion du Carême 2015. « Chers frères et sœurs, Le Carême est un temps de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Co 6,2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter. Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence. L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent. Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. À travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour (cf. Ga5,6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée. C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau. 1. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co12,26) – L’Église La charité de Dieu qui rompt ce mortel enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence, nous est offerte par l’Église dans son enseignement et, surtout, dans son témoignage. Cependant, on ne peut témoigner que de ce que l’on a éprouvé auparavant. Le chrétien est celui qui permet à Dieu de le revêtir de sa bonté et de sa miséricorde, de le revêtir du Christ, pour devenir comme lui, serviteur de Dieu et des hommes. La liturgie du Jeudi Saint, avec le rite du lavement des pieds, nous le rappelle bien. Pierre ne voulait pas que Jésus lui lave les pieds, mais il a ensuite compris que Jésus ne veut pas être seulement un exemple de la manière dont nous devons nous laver les pieds les uns les autres. Ce service ne peut être rendu que par celui qui s’est d’abord laissé laver les pieds par le Christ. Seul celui-là a « part » avec lui (Jn13,8) et peut ainsi servir l’homme. Le Carême est un temps propice pour nous laisser servir par le Christ et apprendre ainsi à servir comme lui. Cela advient lorsque nous écoutons la Parole de Dieu et recevons les sacrements, en particulier l’Eucharistie. En elle, nous devenons ce que nous recevons : le Corps du Christ. Grâce à ce corps, cette indifférence, qui semble prendre si souvent le pouvoir sur nos cœurs, ne trouve plus de place en nous. Puisque ceux qui sont du Christ appartiennent à l’unique Corps du Christ et en lui personne n’est indifférent à l’autre. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co 12,26). L’Église est une communio sanctorum parce que les saints y prennent part, mais aussi parce qu’elle est communion de choses saintes : l’amour de Dieu révélé à nous dans le Christ ainsi que tous les dons divins. Parmi eux, il y a aussi la réponse de tous ceux qui se laissent atteindre par un tel amour. Dans cette communion des saints et dans cette participation aux choses saintes personne n’a rien en propre, et ce qu’il possède est pour tout le monde. Et puisque nous sommes liés en Dieu, nous pouvons faire quelque chose autant pour ceux qui sont loin, que pour ceux que nous ne pourrions jamais rejoindre par nos propres forces, puisque nous prions Dieu avec eux et pour eux, afin que nous nous ouvrions tous ensemble à son œuvre de salut. 2. « Où est ton frère ? » (Gn4,9) – Les paroisses et les communautés Il est nécessaire de traduire tout l’enseignement de l’Église universelle dans la vie concrète des paroisses et des communautés chrétiennes. Réussit-on au cœur de ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu désire donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage en faveur d’un monde lointain mais qui oublie le Lazare qui est assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc16,19-31). Pour recevoir et faire fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible dans deux directions. D’une part, en nous unissant à l’Église du ciel dans la prière. Quand l’Église terrestre prie, s’instaure une communion de service réciproque et de bien qui parvient jusqu’en la présence de Dieu. Avec les saints qui ont trouvé leur plénitude en Dieu, nous faisons partie de cette communion dans laquelle l’indifférence est vaincue par l’amour. L’Église du ciel n’est pas triomphante parce qu’elle a tourné le dos aux souffrances du monde et se réjouit toute seule. Au contraire, les saints peuvent déjà contempler et jouir du fait que, avec la mort et la résurrection de Jésus, ils ont vaincu définitivement l’indifférence, la dureté du cœur et la haine. Tant que cette victoire de l’amour ne pénètre pas le monde entier, les saints marchent avec nous qui sommes encore pèlerins. Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, convaincue que la joie dans le ciel par la victoire de l’amour crucifié n’est pas complète tant qu’un seul homme sur la terre souffre et gémit, écrivait : « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Église et les âmes » (Lettre 254, 14 juillet 1897). Nous aussi, nous participons aux mérites et à la joie des saints et eux participent à notre lutte et à notre désir de paix et de réconciliation. Leur bonheur de jouir de la victoire du Christ ressuscité nous est un motif de force pour dépasser tant de formes d’indifférence et de dureté du cœur. D’autre part, chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes. Cette mission est le témoignage patient de celui qui veut porter au Père toute la réalité humaine et chaque homme en particulier. La mission est ce que l’amour ne peut pas taire. L’Église suit Jésus Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu aussi pour eux. Et pareillement, ce que ces frères possèdent est un don pour l’Église et pour l’humanité entière. Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ! 3. « Tenez ferme » (Jc5,8) – Chaque fidèle Même en tant qu’individus nous sommes souvent tentés d’être indifférents à la misère des autres. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ? Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, les 13 et 14 mars, veut montrer cette nécessité de la prière. Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune. Enfin, la souffrance de l’autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l’amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tout seuls. Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur, comme l’a dit Benoît XVI (cf. Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Avoir un cœur miséricordieux ne veut pas dire avoir un cœur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. Au fond, un cœur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre. Pour cela, chers frères et sœurs, je désire prier avec vous le Christ en ce Carême : « Fac cor nostrum secundum cor tuum » : « Rends notre cœur semblable au tien » (Litanies du Sacré Cœur de Jésus). Alors nous aurons un cœur fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer en lui-même et qui ne tombe pas dans le vertige de la mondialisation de l’indifférence. Avec ce souhait, je vous assure de ma prière afin que chaque croyant et chaque communauté ecclésiale parcourt avec fruit le chemin du Carême, et je vous demande de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde. Du Vatican, le 4 octobre 2014, Fête de saint François d’Assise" News de Catholique.org La Prière eucharistique (10)http://news.catholique.org/55722-la-priere-eucharistique-10 2015-03-06T11:17:04Z text/html fr Catholique.org La Prière eucharistique (10) «  Toute la création proclame ta louange  » Comme beaucoup d'autres Prières eucharistiques, la III (que nous lirons patiemment) se poursuit en reprenant les mots-mêmes des préfaces et du Sanctus  : «  Tu es vraiment saint, Dieu de l'univers.  » L'horizon est aussi large que la création tout entière. Nous donnerons parfois les mots latins correspondant à la traduction française, non pour critiquer la traduction, mais parce que le texte a été rédigé en langue latine, puis traduit. Ici, le texte latin comporte un mot qui ne se retrouve pas dans le français  : merito. C'est à bon droit que toute la création te loue. Cette précision ne fait que reprendre les premiers mots de toutes les préfaces  : «  Il est juste et bon…  » Chacune à sa mesure Le texte latin dit aussi  : omnis creatura, «  toute créature  ». Avec «  toute la création  », la différence n'est pas bien grande, mais le latin est plus concret  : chaque créature proclame la louange de Dieu à sa mesure. Un orchestre forme un ensemble mais chaque instrument a sa partie. Dans la création, le caillou, le lion et le séraphin ne jouent pas des mêmes instruments. Pourtant, aucune créature n'est exclue de la louange du Créateur. Les auteurs bibliques, et en particulier le psalmiste, convoquent souvent toutes les créatures, même inanimées, pour chanter avec eux Celui qui est, en même temps, le Créateur de l'univers et Celui qui a choisi un Peuple et qui a décidé de demeurer dans le Temple de Jérusalem  : Dieu du cosmos et Dieu d'Israël, le même, le seul. Le Psaume 18-19 est, peut-être, composé, au départ, de deux parties. Mais ce n'est pas le hasard qui les a réunies. La première commence ainsi  : «  Les cieux racontent la gloire de Dieu  »  ; la seconde, par ces mots  : «  La loi du Seigneur est parfaite, réconfort pour l'âme.  » Que l'acclament le ciel et la terre, La mer et tout ce qui s'y remue (Psaume 68-69, 35) Louez le Seigneur depuis les cieux Louez-le dans les hauteurs, Louez-le, tous ses anges, Louez-le, toutes ses armées  ! Louez-le, soleil et lune, Louez-le, tous les astres de lumière, Louez-le, cieux des cieux, Et les eaux de dessus les cieux  ! (Psaume 148, 1-4) Et le dernier verset du dernier psaume de la Bible conclut le recueil sur la même note  : «  Que tout ce qui respire loue le Seigneur  ! Alleluia  !  » Les Trois Enfants dans la fournaise (Daniel 3), dans leur appel à bénir le Seigneur, suivent l'ordre des jours de la Création dans le livre de la Genèse  : apparaissent successivement le ciel, les astres et tous les phénomènes météorologiques  ; puis les plantes et les bêtes  ; les enfants des hommes  ; et, enfin, Israël, les prêtres, les saints et les humbles de cœur. La foi chrétienne, comme celle de «  nos frères aînés  », n'est nullement dualiste. Pour un chrétien, il n'y a pas de «  bas monde  ». La Sagesse divine est, à la fois, le «  maître d'œuvre  » aux côtés du Créateur, et celle qui trouve ses délices parmi les enfants des hommes  » (Proverbes 8, 30-31). Dans le Prologue de saint Jean, le Verbe est Celui en qui tout a été fait et Celui qui a pris chair pour que nous puissions devenir enfants de Dieu. Les prières juives, plus ou moins contemporaines de Jésus, s'inscrivent dans la même logique. Elles insistent, en particulier, sur la lumière. Car le symbole de la lumière permet facilement de passer de la création («  Et Dieu dit  : ‘Que la lumière soit…' Premier jour.  ») à la lumière de la révélation. Béni sois-tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'univers, toi qui formes la lumière et crées les ténèbres, qui fais la paix et crées toutes choses  ; qui, dans ta miséricorde, donnes la lumière à la terre et à tous ceux qui y habitent… Et, plus loin  : Eclaire nos yeux à tes commandements. Une création réconciliée La vocation et la mission de l'homme est d'être la voix de la Création tout entière. Comme le roi, en Israël, doit permettre au Peuple de vivre dans la paix et la fidélité à l'Alliance  ; de même, l'homme, roi de la Création, doit permettre à toutes les créatures de vivre dans l'harmonie. Ou encore  : la fonction du Prêtre, en Israël, est d'offrir au nom du Peuple. L'homme est le prêtre de la création, chargé de l'offrir à Dieu dans le service de ses frères, au lieu de l'asservir à son plaisir. Dans le Credo, l'acte créateur, puisqu'il évoque l'origine (et pas seulement le commencement dans le temps) est attribué au Père. Il est donc normal que, dans la Prière eucharistique, les créatures soient invitées à louer le Père. Mais le Fils et l'Esprit Saint sont associés à l'œuvre du Père, d'autant plus que la création, solidaire de l'homme, a besoin d'être sauvée, réconciliée, comme saint Paul l'exprime dans l'épître aux Colossiens (1, 15-20)  : Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature, car c'est en lui qu'ont été créées toutes choses…. Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui aussi bien sur la terre que dans les cieux en faisant la paix par le sang de sa croix. A la sanctification par le Christ, la Prière ajoute «  la puissance de l'Esprit Saint  ». Nous reviendrons sur l'association de la «  puissance  » et de l'Esprit Saint. Notons, pour l'instant, que la Prière III semble s'inspirer de saint Paul. Le chapitre 8 de l'épître aux Romains, consacré plus particulièrement à l'Esprit, contient ce passage mystérieux où la création est unie à la destinée des hommes devenus, par l'Esprit Saint, enfants de Dieu (versets 19 à 22)  : La création tout entière aspire à la révélation des fils de Dieu… avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu… Toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. Les derniers mots de la Prière III, avant la doxologie finale, orientent le regard vers le Royaume, objet d'espérance. Mais si l'accomplissement ne se réalisera que dans la Jérusalem céleste, nous l'anticipons déjà en célébrant l'Eucharistie du Seigneur qui a tout réconcilié en Lui.     News de Catholique.org Le Temple, c'est le Christhttp://news.catholique.org/55721-le-temple-c-est-le-christ 2015-03-06T10:17:07Z text/html fr Catholique.org Rite romain Ex 20,1-17 ; Ps 18 ; 1 Co1,22-25 ; Jn 2,13-25 Rite ambrosien - troisième dimanche de Carême - "d'Abraham"1 Ex 32,78-13b ; Ps 105 ; 1Th 2,20-3,8 ; Jn 8,3-59 1) Le Temple du Christ Après les deux premiers dimanches de Carême au cours desquels nous avons médité les tentations et la transfiguration de Jésus que nous lisons cette année dans l'évangile de Saint Marc, la Liturgie guide notre chemin vers Pâques avec quelques passages de l'Évangile de Jean. En ce troisième dimanche de Carême (année B) le passage de l'Evangile tiré de Jn 2,13-25 décrit l'expulsion des vendeurs du temple et la promesse faite par Jésus d'un nouveau Temple2, c'est-à-dire Lui-même. «  Ils sont nombreux à affirmer que l'Homme-Dieu est né du sein virginal que l'Esprit de Dieu a formé, construisant ainsi un temple pur au Temple. Marie est, en fait, le temple du Christ ; celui-ci est, à son tour, le Temple du Verbe » (saint Grégoire de Nazianze). Pour le quatrième évangile (celui de Jean), après son retour au Père, c'est la personne même de Jésus qui sera le nouveau temple, le milieu vital de l'habitation réciproque du Père et du Fils, le vrai lieu de la communion intime avec le Dieu trinitaire à laquelle sont appelés tous les croyants (cf. 14.2 ; 1 Jn 1,3). En effet, l'évangéliste Jean ne se contente pas de nous présenter Jésus qui, à l'instar des anciens prophètes, nous rappelle le vrai culte. Il affirme que Jésus – et précisément le Christ mort et ressuscité - est le vrai Temple : « Il parlait du Temple de son corps.  » Que cela signifie-t-il d'affirmer que Jésus est le vrai Temple ? Dans l'Ancien Testament le temple avait une double signification : c'était le lieu de la rencontre avec Dieu et le lieu du rassemblement des tribus. Il avait donc une dimension verticale et une dimension horizontale. Jésus est tout cela, affirme l'Evangile de Jean. C'est en Lui que nous pouvons faire une expérience authentique de la rencontre avec Dieu et c'est en Lui que nous pouvons faire une véritable expérience de fraternité. Rencontrer Dieu est le désir de toute la Bible, la question qui la traverse d'un bout à l'autre : où et comment puis-je rencontrer le Seigneur ? En Jésus, répond Jean l'évangéliste. A Philippe, qui lui demandait : « Seigneur, montre-nous le Père  », Jésus répond : « Je suis avec vous depuis si longtemps et cependant, tu ne m'as pas reconnu  ! Celui qui m'a vu a vu le Père  » (de 14,8 à 9). Le désir de la Bible (et de chaque homme) est aussi de sortir de la dispersion et de nous réunir, d'abandonner les dissensions et de vivre en frères. Mais où et comment est-ce possible ? Autour du Christ et de sa croix, répond Jean : «  Quand je serai élevé de terre, c'est à dire sur la Croix, j'attirerai à moi  tous les hommes ». « Tous  », c'est-à-dire l'universalité absolue ; et «  attirer  » ne signifie pas une force qui nous contraint, mais une beauté qui nous fascine. Le crucifix élevé révèle que l'amour, qui semble si souvent vaincu, est en réalité victorieux, capable de vaincre même la mort. C'est là une bonne nouvelle que tout homme voudrait toujours entendre et expérimenter. 2) Nous, l'Eglise, Temple du Christ L'Église est le Corps «  réel  » du Christ, il en est donc le temple, qui toutefois a besoin de purification. Je m'explique  : La première fois que Jésus appelle Dieu mon Père, c'est à Jérusalem lorsqu'il chasse les vendeurs du temple (Jn 2,14-17) et qu'il fait suivre son acte courageux dans la maison de Dieu de cette semonce : «  Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic » (v. 16). Cette expression appelle deux remarques. D'abord, Jésus se proclame « Fils de Dieu » et appelle Dieu  mon Père. Le geste prophétique et les paroles sans ambiguïté adressées aux marchands représentent une absolue nouveauté pour la dévotion des Juifs3. De plus, Jésus parlait du temple d'Israël comme la « maison » de son Père. Cette particularité de Jean par rapport aux trois évangiles synoptiques (de Marc, Matthieu et Luc), qui parlent, eux, du temple comme «  maison de prière  » (cf. Mt 21,13 ; Mc 11,17 ; Lc 19,46), est d'une grande valeur spirituelle et théologique. Dans l'Ancien Testament, le temple était considéré comme la maison de Dieu (cf. Es 25,40 ; 1 R 6,1 ; Ps 122, 1) et le centre du culte du Très-Haut. Pour Jésus, le temple est la « maison » de son Père, que lui, en tant que Fils, doit purifier de la profanation du commerce avant d'en prendre possession. Si Dieu est Père, il est absurde de lui rendre hommage avec des offrandes matérielles, comme du bétail ou de l'argent. Le Père exige seulement le culte spirituel et intérieur à vivre dans l'amour, refusant un culte du temple contraire aux exigences de l'alliance conclue entre Dieu et son peuple (cf. 1 R 19,10.14). Dans cet épisode de l'expulsion des marchands du temple (Jn 2,13 à 25), nous apprécions aujourd'hui le geste ouvertement provocateur de Jésus, qui « fit un fouet, et chassa tout le monde hors du temple, jeta à terre la monnaie des changeurs." Cependant, je ne pense pas que ce geste signifie simplement que le culte doit se pratiquer dans la dignité et pas dans l'ambiance d'un marché bruyant, mais dans le silence et le recueillement. Il s'agit de bien autre chose. Le geste polémique de Jésus se rattache aux prophètes, eux qui ont souvent critiqué le culte qui se déroulait dans le temple, non pas pour l'abolir, loin de là, mais pour le purifier. Les prophètes ne cessaient de rappeler que le culte n'est pas seulement adoration  : il est également conversion et mission. A l'approche de Pâques, ce geste du Christ, et les mots qui l'interprètent, résonnent en nous comme une ferme invitation à ne pas faire de la maison de notre Père un marché. Pas plus du temple de Jérusalem, que de chaque église, mais surtout de notre cœur. A chacun de nous Jésus répète son avertissement  : ne pas faire de la foi un objet de trafic. Ne pas adopter avec Dieu la loi funeste d'une négociation de ses faveurs en contrepartie d'un don : une messe, une offrande, une bougie ... afin d'obtenir quelque chose de Lui. Si nous agissons ainsi, si nous croyons qu'il est possible d'impliquer Dieu dans ce marchandage, nous ne sommes que des changeurs, et Jésus renverse notre table : Dieu ne s'achète pas. On ne peut pas l'acheter, même pas au prix de la monnaie la plus pure. Nous sommes sauvés parce que nous recevons. N'oublions pas que «  tout est grâce  » (Bernanos). La maison de Dieu, c'est l'homme : ne faisons pas commerce de la vie. Ne l'appauvrissons pas en nous inspirant des lois de l'économie et de la finance. Ne vendons pas la dignité, la vérité et la liberté en échange de quelque chose. Ne vendons pas notre cœur en réduisant ses rêves à de l'or et à de l'argent. Ne faisons pas commerce de notre cœur. La maison de Dieu, ce sont nos personnes de baptisés qui vivent en communion : temple fragile, mais très beau et ouvert à l'amour infini de Dieu. L'important c'est que sur nous, «  pierres vivantes et purifiées » par le jeûne, la prière et par l'aumône, le Christ pose sa Lumière. Il est le Rédempteur, venu pour illuminer l'homme de la Lumière de la Vérité, pour purifier le temple, pour rouvrir la raison au grand horizon de Dieu. Il est la Vérité, crucifiée le Vendredi Saint, et que nous verrons briller le jour de Pâques et nous accueillir dans le nouveau Temple de Son corps. C'est pourquoi, alors que «  les Juifs demandent des miracles et les Grecs recherchent la sagesse, nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, [...] puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1,23-24). Les vierges consacrées dans le monde nous donnent à voir une certaine façon de prêcher le Christ crucifié, car avec leur don total au Sauveur elles font briller Sa lumière. En fait, ces femmes montrent que la foi n'est pas un saut dans l'inconnu, mais dans la lumière. Dans la lumière de Dieu qui brille le matin et le soir, et qui «  fait surgir au-delà de la mort, dans la splendeur des cieux, la journée sans soir.  » (Liturgie des Heures, Hymne de none). Elles ont cru à l'Amour et sont les témoins privilégiés d'un amour reçu qui les rend libres et joyeuses, capables d'aimer les autres sans les lier à elles-mêmes, mais à Dieu. La virginité représente le mode d'amour qui révèle le mieux l'amour du Christ, en gardant vive la lumière de la lampe qu'elles ont reçue le jour de leur consécration (RVC 28). Ainsi, ce sont elles qui, dans l'humilité de leur vie quotidienne, nous introduisent dans le mystère du Christ «  Lumière du monde  ». En effet, Jésus s'est présenté aux hommes avec ces mots : « Je suis la lumière du monde ; Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie  » (Jn 8,12). Lecture patristique Saint Augustin(354 -430) sur le psaume 130, CCL 40, 1899-1900. Le temple de pierres vivantes Nous ne devons pas écouter la voix qui chante les psaumes comme celle d'un individu, mais comme celle de tous les hommes appartenant au Corps du Christ. Et parce que tous font partie de son corps, ils parlent comme un corps unique, et cet homme unique est aussi une multitude. En effet, ils sont multiples en eux-mêmes, et ils ne font qu'un en lui qui est unique. Lui-même est aussi le Temple de Dieu, dont l'Apôtre écrit : Il est saint, ce temple de Dieu que vous êtes (1Co 3,17), c'est-à-dire : tous ceux qui croient au Christ et qui croient de manière à aimer. Car croire au Christ, c'est aimer le Christ, et non pas comme les démons croyaient, sans aimer (Je 2,19), et c'est pourquoi ils pouvaient bien croire, mais ils disaient : Qu'y a-t-il de commun entre nous et toi, Fils de Dieu (cf. Mt 8,29) ? Pour nous, croyons de telle sorte que, si nous croyons en lui, ce soit en l'aimant, et que nous ne disions pas : Qu'y a-t-il entre nous et toi ? Mais plutôt : Nous t'appartenons, à toi, qui nous as rachetés. Tous ceux qui croient ainsi sont comme les pierres vivantes dont le temple de Dieu est bâti (1P 2,5), et comme les bois incorruptibles dont était composée cette arche que le déluge n'a pu submerger (Gn 6,14). Ce temple, c'est-à-dire les hommes eux-mêmes, c'est là que l'on prie Dieu, et qu'il exauce. <> Être exaucé par rapport à la vie éternelle est accordé seulement à celui qui prie dans le temple de Dieu. Or on prie dans le temple de Dieu quand on prie dans la paix de l'Église, dans l'unité du Corps du Christ, lequel est constitué de tous ceux qui croient en lui, sur la terre entière, et c'est pourquoi celui qui prie dans ce temple-là est exaucé. Car il prie en esprit et en vérité (Jn 4,24), celui qui prie dans la paix de l'Église, non dans ce temple qui n'en était que la figure. Car c'est en figure que le Seigneur chasse du Temple ces hommes qui y recherchaient leurs intérêts, c'est-à-dire qui allaient au Temple pour vendre et acheter. Car si ce Temple était figuratif, il est évident que le corps du Christ, qui est le vrai temple dont l'autre n'était que l'image, contient lui aussi, mélangés, des acheteurs et des vendeurs, c'est-à-dire des hommes qui recherchent leurs intérêts personnels, et non ceux de Jésus Christ (Ph 2,21). C'est parce que les hommes sont frappés pour leurs péchés, que le Seigneur a fait un fouet de cordelettes et a ainsi chassé du Temple tous ceux qui cherchaient leurs intérêts personnels, non ceux de Jésus Christ. C'est donc la voix de ce temple qui retentit dans le psaume. Dans ce temple, ai-je dit, on implore Dieu, et il exauce en esprit et en vérité, mais non dans le temple matériel. Car il n'y avait là qu'une ombre où était montré le temple de l'avenir. C'est pourquoi celui-là est maintenant tombé. Notre maison de prière serait-elle tombée ? Nullement. Car vous avez entendu ce qu'a dit notre Seigneur Jésus Christ : Il est écrit : Ma maison s'appellera maison de prière pour toutes les nations (Mc 11,17). 1 Dans le Rite ambrosien les dimanches de Carême sont appelés  : dimanche du début du carême ou Ier dimanche de carême (le catéchumène doit renoncer à Satan pour devenir chrétien) dimanche de la Samaritaine ou IIe dimanche de Carême (le Baptême comme eau de la vie qui nous donne la vie éternelle) dimanche d'Abraham ou IIIe dimanche de Carême (le Baptême comme profession de vérité qui nous intègre parmi les vrais enfants de Dieu) dimanche de l'Aveugle ou IVe dimanche de Carême (le Baptême comme illumination miraculeuse de nos ténèbres spirituelles) dimanche de Lazare ou Ve dimanche de Carême (le Baptême comme mort et ensevelissement avec le Christ pour pouvoir ressusciter avec Lui) dimanche des Rameaux ou Vie dimanche de Carême (le Baptême comme onction sanctifiante). 2 Le corps du Christ, nouveau Temple. Dans l'Evangile de Jean et dans l'Apocalypse, le Christ transpercé par les péchés des hommes occupe le centre de l'histoire religieuse du monde. Il est le nouveau Temple dont parlait l'Evangile de Jean au chapitre 3, où, lors de la Purification du Temple, Jésus disait  : «  Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai. Alors les Juifs lui dirent  : «  Il a fallu quarante-six ans pour construire ce temple et toi, tu le relèverais en trois jours ?  ». Jean commente aussitôt  : «  Mais lui  parlait du temple de son corps  ». 3 Dans l'Ancien Testament aucun juif n'osait appeler Dieu son Père individuellement, et donc, se dire Son fils. Dieu était considéré comme le Père du peuple en raison des hauts faits qu'Il avait accomplis dans l'histoire d'Israël (cf. Es 4,22 ; Nm 11, 12 ; Is 1,2s ; Jr 3, 14.19 ; 31, 20). Seul Jésus parle de Dieu d'une manière unique et neuve en l'appelant : Mon Père. Le Dieu de Jésus est un Père qui sauve et ne condamne pas, il libère et invite à la communion dans un chemin de foi à travers son Fils. Les disciples, en effet, parleront de Dieu comme leur Père après la résurrection, quand Jésus révèlera à Marie-Madeleine que son Père est devenu vraiment le Père de tous les hommes, naturellement non pas par sa nature mais par la grâce  : «  Je monte vers mon Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu  » (20,17). A la lumière de ceci, le sens transcendant et dynamique de cette expression utilisée par Jésus, apparaît de plus en plus clairement quand on analyse tous les textes dans lesquels Il parle de ses rapports avec son Père (cf. 5, 17-26  ; 6,32.37.40  ; 10,30  ; 14,10). News de Catholique.org "Entrer" dans le mystère de la Trinité en adoranthttp://news.catholique.org/55720-entrer-dans-le-mystere-de-la-trinite-en 2015-03-06T10:17:04Z text/html fr Catholique.org « En dépit de tous nos efforts, nous ne pouvons pas "comprendre" le mystère de la Trinité, mais nous pouvons faire quelque chose de encore plus beau  : entrer en elle  », en «  adorant  », souligne le P. Cantalamessa. Le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap., prédicateur de la Maison pontificale, a prononcé sa deuxième prédication de carême sur le thème « Orient et Occident face au mystère de la Trinité », ce vendredi 6 mars 2015, dans la chapelle Redemptoris Mater du Vatican, en présence du pape et de la Curie romaine. Le thème des méditations de cette année est « Deux poumons, une seule respiration. Orient et Occident unis dans la profession de la même foi »  : il s'agit de «  cesser d'insister à tout prix sur les différences et de partager plutôt ce que nous avons en commun et qui nous unit dans une seule et même foi  », a-t-il expliqué au début de sa prédication. Points communs et différences Dans leur conception du mystère de la Trinité, «  tous les deux, latins et grecs, partent de l'unité de Dieu ; aussi bien le symbole grec que le symbole latin commence en disant  : "Je crois en un seul Dieu"  », a souligné le P. Cantalamessa. Il a expliqué la différence d'approche entre les deux  : «  Chez les latins, l'unité est encore impersonnelle ou pré-personnelle  ; c'est l'essence de Dieu qui se réalise dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, sans être pensée naturellement comme étant préexistante aux personnes. Dans la théologie latine, le traité "De Deo uno" sur l'unicité de Dieu, a toujours précédé le traité "De Deo trino", sur la Trinité.  » «  Chez les Grecs, au contraire, l'unité est déjà personnalisée, car pour eux "l'unité c'est le Père, à partir de qui et vers qui s'énumèrent les autres personnes". Le premier article du credo des Grecs récite lui aussi "Je crois en un seul Dieu le Père tout puissant" (Credo in unum Deum Patrem omnipotentem), sauf qu'ici le "Père tout puissant" n'est pas détaché d'“un seul Dieu”, comme dans le credo latin, mais forme avec lui un tout. La virgule n'est pas placée après le mot "Dieu", mais après l'adjectif "tout puissant". Le sens est  : "je crois en un seul Dieu qui est le Père tout puissant". Pour eux, l'unité des trois personnes divines vient du fait que le Fils est parfaitement (substantiellement) uni au Père, tout comme l'est aussi l'Esprit Saint au Fils.  » Dans le patrimoine théologique commun, a poursuivi le prédicateur, «  le Dieu unique des chrétiens est le Père, conçu toutefois non isolement, mais comme étant toujours en train d'engendrer le Fils et de se donner à lui avec un amour infini, un amour qui les unit tous les deux et qui est l'Esprit Saint. L'unité et la Trinité de Dieu jaillissent éternellement d'un seul acte et forment un seul et même mystère  ». Pour le P. Cantalamessa, «  la foi chrétienne a besoin que les deux voies d'accès au mystère trinitaire restent ouvertes et viables. Dit schématiquement  : l'Église a besoin d'accueillir pleinement l'approche de l'Orthodoxie à la Trinité dans sa vie intérieure (ad intra), c'est-à-dire dans la prière, dans la contemplation, dans la liturgie, dans la mystique  ; elle a besoin de tenir compte de l'approche latine dans sa mission évangélisatrice au dehors (ad extra)  ». Annoncer au monde l'amour Mais ce mystère n'est pas très accessible au «  monde non croyant, sécularisé et à ré-évangéliser, qui nous entoure  », a-t-il fait observer  : ce monde est «  dans les mêmes conditions que celui avant la venue du Christ  » et il faut «  utiliser, à son égard, la même pédagogie que celle utilisée par Dieu dans son révélation à l'humanité  ». Il faut donc «  aider nos contemporains à découvrir, avant tout, que Dieu existe, qu'il nous a créés par amour, qu'il est un père très tendre et s'est révélé à nous en Jésus de Nazareth. Pouvons-nous, honnêtement, commencer notre évangélisation, en parlant des trois personnes divines ?... Il est difficile de penser pouvoir présenter aux hommes d'aujourd'hui le mystère trinitaire avec les catégories de substance, hypostase, propriété et relations subsistantes  ». «  L'Eglise doit trouver la manière d'annoncer le mystère de Dieu un et trine avec des catégories appropriées et compréhensibles aux hommes de notre temps  », a ajouté le P. Cantalamessa en proposant de mettre l'accent sur «  l'amour  »  : «  L'amour est "communion" et "relation" ; il n'existe pas d'amour entre moins de deux ou trois personnes. Tout amour est le mouvement d'un être vers un autre être, accompagné du désir d'union. Entre les créatures humaines, cette union reste toujours incomplète et transitoire, même dans les amours les plus ardents ; seule l'union entre les personnes divines arrive à une telle totalité qu'elle fait des Trois, éternellement, un seul Dieu. Ce langage, l'homme d'aujourd'hui est en mesure de le comprendre.  » Il a conclu en constatant «  qu'en dépit de tous nos efforts, nous ne pouvons pas «  comprendre  » le mystère de la Trinité, mais nous pouvons faire quelque chose de encore plus beau  : entrer en elle  », en «  adorant  ». «  Adorer la Trinité, selon un superbe oxymore de saint Grégoire de Nazianze, c'est élever vers elle "un hymne de silence". Adorer c'est reconnaître que Dieu est Dieu et nous des créatures de Dieu. C'est "reconnaître l'infinie différence de qualité entre le Créateur et la créature" ; mais la reconnaître librement, joyeusement, en enfants et non en esclaves. Adorer, dit l'apôtre, c'est "s'élever contre toute injustice des hommes qui fait obstacle à la vérité" (cf. Rom 1, 18).  » News de Catholique.org Les réfugiés Irakiens, guidés par la Sainte-Famillehttp://news.catholique.org/55731-les-refugies-irakiens-guides-par-la-sainte 2015-03-06T06:17:02Z text/html fr Catholique.org «  Tous les trésors de la terre sont derrière eux, mais devant eux, il y a la Sainte Famille  », la «  première famille de réfugiés  »  : c'est ainsi que le P. Rifat Bader directeur du Centre catholique pour les études et les médias à Amman, résume la situation des Irakiens chrétiens qui ont fui la plaine de Ninive. Le P. Rifat Bader curé de la paroisse de Naour en Jordanie, a remis au pape François une lettre de familles irakiennes chrétiennes réfugiées et un tableau représentant l'exode des Irakiens, après la messe à Sainte-Marthe, le 5 mars 2015. Il évoque sa rencontre avec le pape et la situation des réfugiés, pour les lecteurs de Zenit. Il lance également un appel «  aux agences humanitaires  » et aux pays européens afin de soutenir matériellement les réfugiés et les pays frontières qui les accueillent. «  La guerre contre l'extrémisme est aussi une guerre contre l'humanité. C'est l'humanité qui est confrontée à ces groupes et à ces mentalités. Il faut que nous soyons unis dans la solidarité, pour promouvoir le dialogue, la coopération et les valeurs de la liberté et des droits de l'homme  », ajoute-t-il. Zenit – Comment s'est passée votre rencontre avec le pape François ? Père Bader – Je lui ai donné une lettre de la part des Irakiens chrétiens qui sont en Jordanie, en particulier des familles qui résident dans ma paroisse de Naour, l'église du Sacré-Cœur de Jésus, du patriarcat latin. Nous avons hébergé cinquante personnes depuis septembre jusqu'à maintenant et elles ont écrit une lettre pour Sa Sainteté, le remerciant pour ses prières et ses encouragements. Elles lui ont aussi demandé de prier pour les terroristes afin que que Dieu puisse les aider à prendre conscience de la dignité humaine et à redécouvrir leur humanité et l'humanité des autres. Actuellement, nous avons huit mille personnes réfugiées en Jordanie. Ils sont surtout soutenus grâce à l'aide de Caritas Jordanie, qui a ouvert de nombreux centres pour les héberger. Un de ces centres est ma paroisse de Naour. Et puis j'ai aussi donné à Sa Sainteté cette image qui est dessinée par un réfugié irakien qui malheureusement ne veut pas révéler son nom parce qu'il a toujours peur. C'est le cas de beaucoup de nos frères et sœurs au Moyen-Orient, ils ont peur : peur de l'avenir, peur des autres. Cet homme est vraiment un artiste. Il voulait avoir un souvenir et il a peint ce très joli tableau qui est impressionnant  : cela représente l'exode des chrétiens d'Irak, en particulier à Mossoul et dans la région de Ninive et cela représente ce qu'ils ont laissé derrière eux. Quelle est la signification de ce tableau  ? Sur la gauche, on voit un taureau ailé, un lamassu, qui représente la civilisation assyrienne, et les murs de Mossoul qui datent de centaines d'années, et bien sûr l'église. Le bâtiment de l'église est derrière eux. L'Église, en tant que foi, est dans leurs cœurs. C'est pour cela qu'avec les gens qui sortent d'Irak, on voit des prêtres, des religieuses, des vieillards, hommes et femmes, qui portent le vêtement traditionnel de Ninive et Mossoul. Il y a des personnes malades, portées par leur père, et des jeunes gens et jeunes filles qui quittent leur pays, pleins d'espoir dans l'avenir. Mais sur ce tableau, les gens sont guidés par la Sainte Famille : saint Joseph, Marie et Jésus sur un âne. Pourquoi ? Parce que cette Sainte Famille, telle qu'elle est représentée sur cette image, est la première famille de réfugiés. Nous voyons aussi l'ange gardien qui protège la Sainte Famille et les familles d'Irak qui sont réfugiées... cette peinture est pleine de tristesse mais aussi pleine d'espoir. Nous espérons que, dans l'avenir, ils retourneront dans leur patrie pour maintenir les nombreux siècles de présence chrétienne dans la région... La foi chrétienne, représentée sur ce tableau, n'est pas quelque chose que nous pouvons vendre ou acheter. Elle est très précieuse  : ils étaient prêts à être tués. Ils étaient comme les coptes, ils étaient prêts aussi à tout laisser derrière eux. Tous les trésors de la terre sont derrière eux, mais devant eux, il y a la Sainte Famille qui représente leur foi. Et sous le tableau, on voit un paragraphe de la lettre adressée par le Saint-Père aux chrétiens du Moyen-Orient ; le pape la leur avait envoyée l'avant-veille de Noël, l'année dernière. Elle dit ceci : « Vous êtes comme le levain dans la pâte… la plus grande source de richesse de la région est la présence des chrétiens eux-mêmes, votre présence. Merci pour votre persévérance ! » Et sur le côté de ce paragraphe, il y a le logo de Caritas Jordanie, qui a beaucoup aidé ces réfugiés, et le logo de notre site, abouna.org, qui est le Centre catholique pour les études et les médias. Parce que nous avons suivi les étapes de la réalisation de ce tableau qui a demandé plusieurs semaines. Quelle a été la réaction du pape ? Dans ses yeux, j'ai vu combien il était impressionné. Il m'a tenu la main en disant : « Merci. Gardez la foi, gardez la foi ». Et je l'ai remercié au nom du peuple jordanien pour ses prières et je lui ai dit que nous priions pour lui. Que peut-on faire pour aider ? Aider les réfugiés est urgent  : beaucoup n'ont pas de maison où habiter. Ils vivent dans de très mauvaises conditions. Ici, à travers Zenit, je lance un appel aux agences humanitaires pour qu'elles aident Caritas qui fait un très bon travail mais qui souffre beaucoup d'être seule. Certaines aides arrivent mais ça ne suffit pas. Nous travaillons pour ouvrir de nouvelles écoles pour les enfants réfugiés, ce qui est très important, et nous avons besoin aussi de louer des maisons pour les réfugiés. Les gens qui se trouvent à Naour ont été aidés par l'ambassade des Émirats arabes unis et maintenant ils peuvent vivre dans des maisons, louées pour un an. Je pense que cet appel peut s'adresser à d'autres ambassades. Où sont les pays européens ? Actuellement, ils refusent de donner des visas à ces personnes. Qu'ils envoient au moins de l'aide ! Pour leur permettre de vivre dans des maisons... Ce sont les besoins concrets et urgents actuels et tout le monde peut aider. La guerre contre l'extrémisme est une guerre de l'humanité. C'est l'humanité qui est confrontée à ces groupes et à ces mentalités. Il faut que nous soyons unis dans la solidarité, pour promouvoir le dialogue, la coopération et les valeurs de la liberté et des droits de l'homme. Traduction de Constance Roques News de Catholique.org Etats-Unis : décès du card. Edward Michael Eganhttp://news.catholique.org/55730-etats-unis-deces-du-card-edward-michael-egan 2015-03-06T05:17:02Z text/html fr Catholique.org Le cardinal Edward Michael Egan, archevêque émérite de New York, s'est éteint à l'âge de 82 ans hier, 5 mars 2015. Le pape François exprime sa gratitude pour «  ses loyaux services auprès du Siège apostolique  », dans un télégramme de condoléances envoyé à l'actuel archevêque de New York, le cardinal Timothy Michael Dolan. «  Ayant appris avec tristesse la mort du cardinal Edward M. Egan, archevêque émérite de New York, je vous adresse mes sincères condoléances ainsi qu'aux fidèles de l'archidiocèse  », écrit le pape. «  Je m'unis à vous pour remettre la noble âme du défunt cardinal au Père de toute miséricorde, dans un esprit de gratitude pour les années de son ministère épiscopal parmi le troupeau du Christ à Bridgeport et à New York, pour ses loyaux services auprès du Siège apostolique et pour sa contribution d'expert à la révision du droit de l'Église dans les années qui ont suivi le concile Vatican II  », ajoute-t-il. Le pape conclut  : «  À tout le peuple rassemblé dans la cathédrale Saint-Patrick lors de la messe des funérailles, et à tous ceux qui pleurent le cardinal Egan dans l'assurance de la résurrection, j'accorde de tout cœur la bénédiction apostolique, en gage de consolation et de paix dans le Seigneur.  » Originaire d'Oak Park, dans l'Illinois, Edward M. Egan a été ordonné prêtre pour l'archidiocèse de Chicago en 1957 et consacré évêque en 1985. Il a été évêque auxiliaire et vicaire pour l'éducation de l'archidiocèse de New York, puis évêque du diocèse de Bridgeport et archevêque de New York. Jean-Paul II l'a créé cardinal en 2001. Le cardinal s'était retiré du gouvernement du diocèse de New York en 2009, pour limite d'âge. Après son décès, le collège cardinalice compte désormais 226 membres  : 125 cardinaux électeurs et 101 cardinaux non-électeurs de plus de 80 ans. Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org Caritas lance un Prix pour promouvoir l'autonomisation des femmeshttp://news.catholique.org/55729-caritas-lance-un-prix-pour-promouvoir-l 2015-03-06T04:17:02Z text/html fr Catholique.org Caritas Internationalis et l'association catholique « Voices of Faith » du Liechtenstein lancent le Prix « Femmes, semeuses de développement », pour promouvoir la dignité et l'autonomisation des femmes et la lutte contre la faim dans le monde. Pour sa première édition, le Prix 2015 a été attribué à deux projets réalisés par des femmes agricultrices du Nicaragua et des réfugiées syriennes au Liban  : un don de dix mille euros sera remis à chacune de ces initiatives le 8 mars, Journée de la femme, au Vatican. Le premier Prix récompense la Caritas du Nicaragua, pour le programme agricole qu'elle développe au service des femmes des zones rurales  : « Ce projet a trois dimensions : la création de réseaux familiaux, la création d'une banque locale de semences et leur commercialisation  », explique Juana Bertha Duarte Somoza, qui fait partie des responsables du projet, au micro de Radio Vatican. «  La principale difficulté au Nicaragua est la présence d'une culture très machiste : beaucoup de familles sont encore très patriarcales. Il existe une très forte résistance au changement. Mais nous voulons réaliser ce projet et nous savons que nous pouvons compter sur la présence de Dieu », témoigne-t-elle. L'autre Prix a été décerné à l'Ong indépendante « Basmeh et Zeitooneh », gérée par un groupe de femmes syriennes, réfugiées au Liban dans le camp de Shatila. Elles proposent notamment un atelier de broderie, pour donner une autonomie financière aux femmes victimes de la guerre. Reem Alhaswani, à l'initiative de ce projet, raconte que «  les femmes ne voulaient pas venir, parce qu'elles n'avaient pas confiance en nous… Au bout de dix jours, puis au bout d'un mois, nous avions l'adhésion de dix femmes pour le laboratoire ; maintenant elles sont cent-trente  », et elles peuvent «  rapporter un revenu dans leur famille  ». L'atelier propose aussi « une formation en anglais, en informatique, en littérature… C'est un nouveau concept de programmes de microcrédit : elles ont suivi une formation pour développer leurs propres projets et les apporter sur le marché, elles se sont formées dans le domaine financier et maintenant elles commencent à mettre en œuvre leurs projets », précise-t-elle. Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org Chemin néocatéchuménal : évangéliser aussi "les non-chrétiens baptisés"http://news.catholique.org/55728-chemin-neocatechumenal-evangeliser-aussi-les 2015-03-06T03:17:02Z text/html fr Catholique.org Aujourd'hui, il fait évangéliser «  les non-chrétiens qui n'ont jamais entendu parler de Jésus-Christ  » mais aussi «  les nombreux non-chrétiens qui ont oublié qui était Jésus-Christ : des non-chrétiens baptisés, à qui la sécularisation, la mondanité, ont fait oublier la foi  », déclare le pape François en rencontrant des milliers de membres du Chemin néocatéchuménal, ce 6 mars 2015, en la salle Paul VI du Vatican. Le pape a en effet envoyé 220 familles du mouvement, avec 600 enfants, en «  mission ad gentes  », «  au nom du Christ, dans le monde entier  ». Ces familles vivront en communautés de quatre ou cinq familles, avec un prêtre, pour évangéliser sur les cinq continents. Il les a exhortées à «  réveiller la foi  » chez les baptisés éloignés de l'Église et à «  donner les signes de la foi pour attirer les hommes à la beauté de l'Évangile  ». «  C'est, avant même la parole, par votre témoignage de vie que vous manifestez le cœur de la révélation du Christ : que Dieu aime l'homme jusqu'à se livrer à la mort pour lui et qu'il a été ressuscité par le Père pour nous donner la grâce de donner notre vie aux autres  », a souligné le pape. Il s'agit essentiellement de rendre visible ce message  : « Le Christ est ressuscité, le Christ est vivant parmi nous ! », dans un monde où «  l'homme a besoin, sur toutes les latitudes, d'entendre que Dieu l'aime et que l'amour est possible  ». Le pape a exprimé à nouveau «  la nécessité pour l'Église de passer d'une pastorale de simple conservation à une pastorale résolument missionnaire  »  : «  Si souvent, dans l'Église, nous avons Jésus à l'intérieur et nous ne le laissons pas sortir…  ». Au terme de la rencontre, il a béni les crucifix des 33 prêtres – agenouillés devant lui – qui seront à la tête des missions. Quelque 1.100 familles du Chemin néocatéchuménal sont déjà en mission dans le monde. A.K. Discours du pape François Chers frères et sœurs, Bonjour à tous ! Et merci, merci beaucoup d'être venus à cette rencontre. La tâche du pape, la tâche de Pierre, est de confirmer ses frères dans la foi. Ainsi, vous aussi, vous avez voulu, par ce geste, demander au Successeur de Pierre de confirmer votre appel, de soutenir votre mission, de bénir votre charisme. Et moi, aujourd'hui, je confirme votre appel, je soutiens votre mission et je bénis votre charisme. Je le fais, non pas parce qu'il [indiquant Kiko Argüello] m'a payé, non ! Je le fais parce que je veux le faire. Vous irez au nom du Christ dans le monde entier apporter son Évangile : que le Christ vous précède, que le Christ vous accompagne, que le Christ réalise ce salut dont vous êtes porteurs ! Je salue avec vous tous les cardinaux et les évêques qui vous accompagnent aujourd'hui et qui, dans leurs diocèses, soutiennent votre mission. Je salue en particulier les fondateurs du Chemin néocatéchuménal, Kiko Argüello et Carmen Hernández, ainsi que le père Mario Pezzi : à eux aussi j'exprime ma satisfaction et mes encouragements pour ce qu'ils font pour l'Église à travers le Chemin. Je dis toujours que le Chemin néocatéchuménal fait beaucoup de bien dans l'Église. Comme l'a dit Kiko, notre rencontre de ce jour est un envoi en mission, dans l'obéissance à ce que le Christ nous a demandé et à ce que nous avons entendu dans l'Évangile. Et je suis particulièrement content que votre mission se déroule grâce à des familles chrétiennes qui, réunies en communautés, ont la mission de donner les signes de la foi pour attirer les hommes à la beauté de l'Évangile, selon les paroles du Christ : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jn 13,34), et « soyez un pour que le monde croie » (cf. Jn 17,21). Ces communautés, appelées par les évêques, sont formées d'un prêtre et de quatre ou cinq familles, avec des enfants parfois grands, et elles constituent une « mission ad gentes », avec un mandat pour évangéliser les non-chrétiens. Les non-chrétiens qui n'ont jamais entendu parler de Jésus-Christ et les nombreux non-chrétiens qui ont oublié qui était Jésus-Christ : des non-chrétiens baptisés, mais à qui la sécularisation, la mondanité et beaucoup d'autres choses ont fait oublier la foi. Réveillez cette foi ! C'est donc, avant même la parole, par votre témoignage de vie que vous manifestez le cœur de la révélation du Christ : que Dieu aime l'homme jusqu'à se livrer à la mort pour lui et qu'il a été ressuscité par le Père pour nous donner la grâce de donner notre vie aux autres. Le monde d'aujourd'hui a un immense besoin de ce grand message. Que de solitude, que de souffrance, que d'éloignement de Dieu dans toutes les périphéries d'Europe et d'Amérique et dans tant de villes d'Asie ! Combien l'homme d'aujourd'hui a besoin, sur toutes les latitudes, d'entendre que Dieu l'aime et que l'amour est possible ! Grâce à vous, familles missionnaires, ces communautés chrétiennes ont pour tâche essentielle de rendre visible ce message. Et quel est ce message ? « Le Christ est ressuscité, le Christ est vivant ! Le Christ est vivant parmi nous ! » Vous avez reçu la force de tout quitter et de partir pour des terres lointaines grâce à un chemin d'initiation chrétienne, vécu en petites communautés, où vous avez redécouvert les immenses richesses de votre baptême. C'est cela, le Chemin néocatéchuménal, un véritable don de la Providence à l'Église de notre temps, comme l'ont déjà affirmé mes prédécesseurs, en particulier saint Jean-Paul II lorsqu'il vous a dit : « Je reconnais le Chemin néocatéchuménal comme un itinéraire de formation catholique, est valide pour la société et pour les temps actuels » (Epist. Ogniqualvolta, 30 août 1990 : AAS 82 [1990], 1515). Le Chemin repose sur les trois dimensions de l'Église que sont la Parole, la liturgie et la communauté. C'est pourquoi, l'écoute obéissante et constante de la Parole de Dieu, la célébration eucharistique en petites communautés après les premières vêpres du dimanche, la célébration des laudes en famille le jour du dimanche avec tous les enfants et le partage de sa foi avec les autres frères sont à l'origine des nombreux dons que le Seigneur vous a accordés, comme les nombreuses vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Voir tout cela est une consolation, parce que cela confirme que l'Esprit de Dieu est vivant et agissant dans son Église, aujourd'hui encore, et qu'il répond aux besoins de l'homme moderne. En maintes occasions, j'ai insisté sur la nécessité pour l'Église de passer d'une pastorale de simple conservation à une pastorale résolument missionnaire (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, 15). Si souvent, dans l'Église, nous avons Jésus à l'intérieur et nous ne le laissons pas sortir… Si souvent ! C'est ce qu'il y a de plus important à faire si nous ne voulons pas que les eaux stagnent dans l'Église. Depuis des années, le Chemin remplit cette mission ad gentes parmi les non-chrétiens, pour une implantation de l'Église (« implantatio Ecclesiae »), une nouvelle présence d'Église là où l'Église n'existe pas ou n'est plus en mesure de rejoindre les personnes. « Quelle joie vous nous donnez par votre présence et par votre activité ! », vous a dit le bienheureux pape Paul VI lors de sa première audience avec vous (8 mai 1974 : Enseignements de Paul VI, XII [1974], 407). Moi aussi, je fais miennes ces paroles et je vous encourage à aller de l'avant, en vous confiant à la Sainte Vierge Marie qui a inspiré le Chemin néocatéchuménal. Qu'elle intercède pour vous auprès de son divin Fils. Chers amis, que le Seigneur vous accompagne. Allez, avec ma bénédiction ! Traduction de Zenit, Constance Roques News de Catholique.org La mission principale de l'Eglise est d'apporter Jésus aux hommeshttp://news.catholique.org/55727-la-mission-principale-de-l-eglise-est-d 2015-03-06T02:17:02Z text/html fr Catholique.org « Apporter Jésus et son Évangile aux hommes est la mission principale de l'Église  », souligne le cardinal Sarah  : «  Seul l'Évangile est capable de changer les personnes » car il est un chemin de libération «  qui embrasse tout l'homme pour faire de sa vie et de son histoire une histoire de salut ». Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, était dans la paroisse Saint-Jean-Bosco de la banlieue de Rome, le 8 février 2015, à l'occasion des cinquante ans de l'élévation de l'église au titre de diaconie – attribué au cardinal guinéen – et du bicentenaire de la naissance de don Bosco, fondateur des salésiens. L'Osservatore Romano du 5 mars rapporte des extraits de son homélie. « Apporter Jésus et son Évangile aux hommes est la mission principale de l'Église  », a souligné le cardinal  : «  Parce que seul l'Évangile guérit les malades, les possédés et tous ceux qui sont couchés avec la fièvre de l'indifférence religieuse et qui sont devenus les esclaves d'idoles modernes et d'esprits mauvais. » «  Seul l'Évangile est capable de changer les personnes ». En effet, il est un chemin de libération « qui embrasse tout l'homme pour faire de sa vie et de son histoire une histoire de salut ». « L'Église est Église dans la mesure où elle est aux côtés de l'homme et où elle annonce tout l'Évangile, parce c'est cela sa mission et c'est pour cela qu'elle a été, qu'elle est et qu'elle sera peut-être persécutée », a-t-il insisté. Il a rendu hommage à don Bosco, fondateur des salésiens, qui « ne s'est pas laissé vaincre par la mondialisation de l'indifférence » déjà commencée à l'époque mais au contraire, « a ouvert les bras aux besoins de tous ces jeunes, leur offrant la possibilité de vivre dans la dignité ». « Il ne se résignait pas à voir les jeunes abandonnés à leur propre destin », a ajouté le cardinal, pour qui « miser sur les jeunes, sur une bonne éducation, culturelle comme spirituelle, veut dire cultiver le désir d'un avenir riche d'espérance et en mesure de redonner à l'homme une plus grande dignité ». Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org Azerbaïdjan : le pape reçoit le président Aliyevhttp://news.catholique.org/55726-azerbaidjan-le-pape-recoit-le-president 2015-03-06T01:17:04Z text/html fr Catholique.org Le pape François a reçu le président de la République d'Azerbaïdjan M. Ilham Aliyev, accompagné de son épouse et d'une délégation, ce vendredi matin, 6 mars 2015, au Vatican. Au cœur des échanges  : l'importance du dialogue interculturel et interreligieux pour la paix. Le président azerbaïdjanais s'est ensuite entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, accompagné de Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les États. Les échanges ont été l'occasion de saluer «  le bon développement des relations bilatérales », rapporte un communiqué du Saint-Siège. La place de la communauté catholique dans le pays et des initiatives culturelles ont été abordées, ainsi que l'importance du dialogue interculturel et interreligieux pour la cause de la paix dans le monde contemporain. L'actualité régionale et internationale a aussi été évoquée, en «  réaffirmant l'importance de la négociation dans la résolution des conflits, ainsi que de l'éducation pour promouvoir les principes de la coexistence pacifique entre les peuples et les diverses communautés religieuses  ». Les chrétiens – pour la plupart orthodoxes et protestants – représentent 3% de la population azerbaïdjanaise, à majorité musulmane (près de 97%). Selon l'Aide à l'Église en détresse (AED), ce pays du Moyen-Orient, aux frontières de la Turquie, de l'Iran et de la Russie, est connu pour être l'un des États les plus laïcs au sein du monde musulman. News de Catholique.org Chemin de croix au Colisée : méditations de Mgr Cortihttp://news.catholique.org/55725-chemin-de-croix-au-colisee-meditations-de 2015-03-06T01:17:02Z text/html fr Catholique.org Pour le traditionnel Chemin de croix du Colisée, qui aura lieu Vendredi Saint, 3 avril 2015, le pape François a demandé à Mgr Renato Corti, évêque émérite de Novare, de préparer les méditations des 14 stations. Le Chemin de croix, qui a lieu dans la nuit, partira du Colisée à 21h15. Il se déroule de l'intérieur du Colisée jusque sur les pentes du Palatin. Ce n'est pas la première fois qu'il est demandé à Mgr Corti de préparer des méditations pour le Vatican  : sous le pontificat de Benoît XVI, il y a dix ans, il a été le prédicateur de la retraite de carême du pape et de la curie romaine, du 13 au 19 février 2005. Mgr Corti a 79 ans. Il est né à Galbiate, dans la région de Côme, en 1936, et a été ordonné prêtre en 1959. Il a été nommé évêque auxiliaire de Milan en 1981 puis évêque de Novare, dans le Piémont, en 1990, jusqu'à sa démission pour limite d'âge en 2011. Le diocèse de Novare se souvient particulièrement de «  son attention à la formation spirituelle du clergé et des laïcs  » et de ses nombreuses «  visites pastorales  ». Il a été vice-président de la conférence des évêques d'Italie, consulteur de la Congrégation pour le clergé et membre de la Congrégation pour les Églises orientales. News de Catholique.org Carême : deuxième prédication du P. Cantalamessa, ofmcaphttp://news.catholique.org/55724-careme-deuxieme-predication-du-p 2015-03-06T00:17:04Z text/html fr Catholique.org Le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap., prédicateur de la Maison pontificale, a prononcé sa deuxième prédication de carême sur le thème « Orient et Occident face au mystère de la Trinité », ce vendredi 6 mars 2015, dans la chapelle Redemptoris Mater du Vatican, en présence du pape et de la Curie romaine.   Deuxième prédication de carême ORIENT ET OCCIDENT FACE AU MYSTERE DE LA TRINITE 1. Mettre ensemble ce qui nous unit La récente visite du pape François en Turquie, qui s'est terminée par une rencontre avec le patriarche orthodoxe Bartholomée, mais en particulier son exhortation à partager pleinement la foi commune entre l'Orient chrétien et l'Occident latin, m'ont suggéré l'idée de dédier les méditations du Carême de cette année pour répondre à ce désir du pape qui est aussi celui de toute la chrétienté. Ce désir d'une plus profonde communion entre Catholicité et Orthodoxie n'est pas nouveau. Le concile Vatican II, dans Unitatis redintegratio, exhortait déjà à avoir une considération spéciale pour les Eglises orientales et leurs richesses (UR, 14). Saint Jean Paul II, dans la lettre apostolique Orientale lumen (1995), écrivait : « Puisque nous croyons que la vénérable et antique tradition des Églises orientales constitue une partie intégrante du patrimoine de l'Église du Christ, la première nécessité pour les catholiques consiste à la connaître pour pouvoir s'en nourrir et favoriser, selon les moyens de chacun, le processus de l'unité.  »1. Ce même pape a aussi formulé un principe que je considère fondamental pour avancer sur le chemin de l'unité : « mettre en commun tout ce qui nous unit qui est certainement plus important que ce qui nous divise  »2. Orthodoxie et Eglise catholique partagent la même foi en la Trinité, en l'Incarnation du Verbe, en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme en une seule personne, qui est mort et ressuscité pour notre salut et qui nous a donné l'Esprit Saint  ; nous croyons que l'Eglise est son corps animé par l'Esprit Saint, que l'Eucharistie est «  la source et le sommet de la vie chrétienne  », que Marie est la Théotokos, la Mère de Dieu, que notre destin est d'avoir la vie éternelle. Que peut-il y avoir de plus important que cela ? Les différences interviennent dans la façon de comprendre et d'expliquer certains de ces mystères  : elles sont donc secondaires et non primaires. Jadis, les rapports entre la théologie orientale et la théologie latine étaient marqués par une évidente teinte apologétique et polémique. On insistait (récemment, dans des tons peut-être plus iréniques) sur ce qui les distinguait et ce que chacun croyait avoir de diffèrent et de plus juste par rapport à l'autre. Le moment est venu de renverser cette tendance, en cessant d'insister à tout prix sur les différences (souvent basées sur un forçage, ou une déformation, de la pensée de l'autre) et de partager plutôt ce que nous avons en commun et qui nous unit dans une seule et même foi. Le devoir commun d'annoncer la foi à un monde profondément changé l'exige avec urgence. Aujourd'hui, questions et intérêts ne sont plus les mêmes qu'au moment où sont nées les divergences entre Orient et Occident  ; le monde ne comprend même plus le sens de toutes nos subtiles distinctions qu'il considère à des années-lumière loin de lui. Jusqu'à présent, dans nos efforts visant à promouvoir l'unité entre les chrétiens, prévalait une ligne de conduite que l'on peut formuler de la façon suivante : «  résoudre d'abord les différences, pour ensuite partager ce que nous avons en commun  »  ; la ligne qui s'affirme de plus en plus dans les milieux œcuméniques est  : « partager ce que nous avons en commun pour ensuite résoudre, avec patience et respect, les différences  ». Le plus surprenant résultat de ce changement de perspective c'est qu'au lieu de voir les différences doctrinales comme une « erreur  », ou une « hérésie  » de l'autre, nous commençons à les voir de plus en plus comme quelque chose qui est compatible avec notre position, voire souvent, comme un correctif et un enrichissement pour chacun. On en a eu un exemple concret, sur un autre versant, avec l'accord de l'année 1999 entre l'Eglise catholique et la Fédération mondiale des Eglises luthériennes, à propos de la justification par la foi. Un sage penseur païen du IV siècle, Quintus Aurelius Symmacus, rappelait une vérité qui prend toute son importance quand on l'applique aux relations entre les différentes théologies d'Orient et d'Occident : «  Uno itinere non potest perveniri ad tam grande secretum  »3 : « On ne peut parvenir à un si grandmystère par une seule voie  ». Dans nos méditations nous tâcherons de montrer non seulement l'utilité, mais aussi la beauté et la joie de nous retrouver au sommet de la montagne pour contempler ensemble le même merveilleux panorama de la foi chrétienne, même en venant de directions différentes. Les grands mystères de la foi, dans lesquels nous chercherons à vérifier l'accord de fonds, malgré la diversité des deux traditions, sont le mystère de la Trinité, la personne du Christ, celle de l'Esprit Saint et la doctrine du salut. Deux poumons, une seule respiration : cette conviction nous guidera dans notre démarche. Le pape François parle à ce propos de «  différences réconciliées  »  : non pas passées sous silence ou banalisées, mais réconciliées. S'agissant de simples prédications de carême, il est évident que je toucherai des problèmes si complexes sans aucune prétention d'épuiser le sujet, par manière de synthèse et non d'analyse. J'aborde cette tâche avec beaucoup d'humilité, presque sur la pointe des pieds, sachant combien il est difficile de se débarrasser de ses propres catégories pour assumer celles des autres. Ce qui m'encourage c'est que les Pères grecs, comme d'ailleurs les latins, ont été pendant des années mon pain quotidien dans les études et l'enseignement et aussi le fait d'avoir eu tant d'auteurs orthodoxes postérieurs (Siméon le Nouveau Théologien, Cabasilas, la Philocalie, Séraphin de Sarov) comme source d'inspiration dans mon ministère de prédication, sans compter les icones qui sont les seules images devant lesquelles j'arrive à prier. 2. Unité et trinité de Dieu Commençons notre escalade en affrontant le mystère de la Trinité, c'est-à-dire la plus haute montagne, l'Everest, de la foi4. Au fur et à mesure que l'Eglise, durant les trois premiers siècles, rendait explicite sa foi dans la Trinité, les chrétiens se trouvèrent exposés à la même accusation qu'ils avaient eux-mêmes portée contre les païens : celle de croire en plusieurs divinités, d'être donc eux aussi des polythéistes. Voilà pourquoi, au cours du IV siècle, on apporta une petite mais significative ajoute au credo  : au lieu de commencer par les paroles «  Je crois en Dieu  » (Credo in Deum), celui-ci commence désormais par les paroles  : «  Je crois en un seul Dieu  » (Credo in unum Deum). Il n'est pas nécessaire de refaire ici l'histoire du procès qui amena à cela  ; nous pouvons partir de sa conclusion. Vers la fin du IV siècle, la transformation du monothéisme de l'Ancien Testament dans le monothéisme trinitaire des chrétiens est un fait accompli. Les latins, pour illustrer les deux aspects du mystère, utilisaient la formule « une substance et trois personnes  »  ; les grecs la formule « trois hypostases, une seule nature (ousia)  ». Au terme de discussions serrées, le processus s'acheva apparemment avec un accord total entre les deux théologies. «  Comment concevoir un accord plus total que celui-ci - s'exclamait Saint Grégoire de Nazianze - et comment pourrait-on dire plus clairement la même chose, même si par de mots différents  ?  »5 En réalité, il restait encore une différence entre les deux manières d'exprimer le mystère. Aujourd'hui on a l'habitude d'exprimer ainsi la différence : les Grecs et les Latins partent de deux côtés opposés pour définir la Trinité . Les grecs partent des personnes divines, c'est-à-dire de la pluralité, pour arriver à l'unité de nature ; inversement, les latins partent de l'unité de la nature divine, pour arriver aux trois personnes. «  Le latin, écrit un historien français du dogme, considère la personnalité comme une manière d'être de la nature, le grec considère la nature comme le contenu de la personne  ».6 Je crois que l'on peut expliquer cette différence aussi d'une autre façon. Tous les deux, latins et grecs, partent de l'unité de Dieu ; aussi bien le symbole grec que le symbole latin commence en disant  : « Je crois en un seul Dieu  ». Sauf que chez les latins, l'unité est encore impersonnelle ou pré-personnelle  ; c'est l'essence de Dieu qui se réalise dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, sans être pensée naturellement comme étant préexistante aux personnes. Dans la théologie latine, le traité « De Deo uno  » sur l'unicité de Dieu, a toujours précédé le traité « De Deo trino  », sur la Trinité. Chez les Grecs, au contraire, l'unité est déjà personnalisée, car pour eux «  l'unité c'est le Père, à partir de qui et vers qui s'énumèrent les autres personnes  ».7 Le premier article du credo des Grecs récite lui aussi «  Je crois en un seul Dieu le Père tout puissant  » (Credo in unum Deum Patrem omnipotentem), sauf qu'ici le «  Père tout puissant  » n'est pas détaché d' “un seul Dieu”, comme dans le credo latin, mais forme avec lui un tout. La virgule n'est pas placée après le mot « Dieu  », mais après l'adjectif « tout puissant  ». Le sens est  : « je crois en un seul Dieu qui est le Père tout puissant  ». Pour eux, l'unité des trois personnes divines vient du fait que le Fils est parfaitement (substantiellement) uni au Père, tout comme l'est aussi l'Esprit Saint au Fils  » 8. L'une et l'autre manière d'aborder le mystère est légitime, mais aujourd'hui l'on tend de plus en plus à préférer le modèle grec. L'unité en Dieu et la trinité y sont inséparables, forment un seul et même mystère et découlent d'un seul et même acte. En termes plus simples, nous pouvons dire que  : le Père est la source, l'origine absolue du mouvement d'amour. Le Fils ne peut exister comme Fils s'il ne reçoit pas avant tout du Père tout ce qu'il est. « C'est à cause du Père - parce que le Père existe -, qu'existent le Fils et l'Esprit  », écrit Jean Damascène9. Le Père est le seul au sein de la Trinité, absolument le seul, à ne pas avoir besoin d'être aimé pour pouvoir aimer. Seulement dans le Père se réalise la parfaite équation : être c'est aimer ; pour les autres personnes divines, être c'est être aimé. Le Père est une relation d'amour éternelle et il n'existe pas en dehors de cette relation. On ne saurait donc concevoir d'abord le Père comme l'être suprême et ensuite reconnaître en lui une relation d'amour éternelle. On doit parler du Père en terme d'acte d'amour éternel. Le Dieu unique des chrétiens est donc le Père , conçu toutefois non isolement (comment l'appeler père si ce n'est pas parce qu'il a un fils  ?), mais comme étant toujours en train d'engendrer le Fils et de se donner à lui avec un amour infini, un amour qui les unit tous les deux et qui est l'Esprit Saint. L'unité et la Trinité de Dieu jaillissent éternellement d'un seul acte et forment un seul et même mystère. J'ai dit qu'aujourd'hui beaucoup de gens, en occident aussi, tendent à préférer le modèle grec (et je suis moi-même un de ceux-là)  ; mais ajoutons tout de suite que cela ne veut pas dire renier l'apport de la théologie latine. Si la théologie grecque a fourni, pour ainsi dire, le schéma juste pour parler de la Trinité, la pensée latine, elle, lui a garanti, avec Augustin, le contenu de fonds et l'âme, qui est l'amour. Saint Augustin parle de la Trinité en se fondant sur la définition « Dieu est amour  » (1 Jn 4,16). Il voit dans l'Esprit Saint l'amour réciproque entre le Père et le Fils, selon la triade «  Aimant, Aimé et Amour  » que ses disciples, au Moyen Age, expliciteront et rendront presque canonique10. Sur elle, le théologien Heribert Mühlen a fondé récemment sa conception de l'Esprit Saint comme le « Nous  » divin, la koinonia personnifiée entre le Père et le Fils dans la Trinité et, de manière différente, entre tous les baptisés au sein de l'Eglise11. Saint Grégoire Palamas, au XIV siècle, fut le premier parmi les orientaux à tenir compte de cette contribution de la théologie latine, ayant, finalement, connu de personne le traité sur la Trinité de saint Augustin. Il écrit ceci  : «  L'Esprit du Verbe très haut est comme l'amour ineffable du Père pour son Verbe engendré de manière ineffable. Amour que ce même Verbe et Fils aimé a envers le Père, en tant qu'il a l'Esprit provenant avec lui du Père et reposant sur lui, lui étant connaturel  »12. L'ouverture de Palamas est reprise aujourd'hui, dans un autre contexte, par un théologien orthodoxe de renom qui écrit : « L'Expression ‘Dieu est amour' signifie que Dieu ‘existe' en tant que Trinité, comme ‘personne' et non comme substance. L'amour n'est pas une conséquence ou une propriété de la substance divine …mais ce qui constitue sa substance  »13. Cette explication n'est pas incompatible, à mon avis, avec la définition que saint Thomas d'Aquin, dans le sillage d'Augustin, donne des personnes divines comme «  relations subsistantes  »14. La différence et la complémentarité des deux théologies ne se limite pas d'ailleurs à la seule manière de concevoir l'être et les relations à l'intérieur de la Trinité. A quelque exception près (chez les latins, celle d'Augustin), il est évident que les Grecs s'intéressent davantage à la Trinité immanente, hors du temps, alors que les latins sont plus attentifs à la Trinité économique, soit celle qui s'est manifestée dans l'histoire du salut. Les uns, selon leur propre génie, s'intéressent plus à l'être et à l'ontologie, les autres à sa manifestation dans l'histoire. Vu sous cet angle, on comprend l'habitude qu'ont les latins de commencer leur discours sur Dieu avec le traité « Sur le Dieu unique  » et l'on comprend aussi les raisons qui poussent à conserver cette tradition et à en faire une richesse pour tout le monde. Dans l'histoire du salut en effet – nous le verrons tout de suite – la révélation du Dieu unique a précédé celle du Dieu - trinité. Les deux manières de représenter la Trinité dans l'iconologie grecque et l'art occidental sont une claire manifestation de cette différence d'approche. L'icône canonique de l'Orthodoxie, dont André Roublev est le chef de file, représente la Trinité sous la forme de trois anges égaux et distincts, assis autour d'une table. Toute la scène transmet le sentiment d'une surhumaine quiétude et unité. L'histoire du salut n'est pas ignorée, comme le montre la référence à l'épisode d'Abraham accueillant les trois hôtes, et la table eucharistique autour de laquelle les Trois sont assis, mais elle reste dans l'arrière-fond. Dans l'art occidental, à partir du Moyen âge, la Trinité est représentée tout à fait différemment. On voit le Père, les bras étendus, qui tient les deux extrémités de la croix et, entre le visage du Père et celui du Crucifié, plane une colombe qui représente l'Esprit Saint. Les exemples les plus célèbres sont la Trinité de Masaccio à Santa Maria Novella (Florence, Italie) et celle de Dürer au musée de Vienne, en Autriche. Mais on en trouve beaucoup d'autres, de caractère populaire ou artistique. C'est la Trinité comme elle s'est révélée à nous dans l'histoire du salut, dont la croix du Christ constitue le point culminant. 3. Deux voies à laisser ouvertes Avançons maintenant d'un pas et essayons de voir pour quoi la foi chrétienne a besoin que les deux voies d'accès au mystère trinitaire restent ouvertes et viables. Dit schématiquement  : l'Eglise a besoin d'accueillir pleinement l'approche de l'Orthodoxie à la Trinité dans sa vie intérieure (ad intra), c'est-à-dire dans la prière, dans la contemplation, dans la liturgie, dans la mystique  ; elle a besoin de tenir compte de l'approche latine dans sa mission évangélisatrice au dehors (ad extra). Inutile de démontrer le premier point. A cet égard, il suffit d'accueillir avec joie et reconnaissance le très riche patrimoine de spiritualité qui vient de la tradition grecque et byzantine et que plusieurs théologiens orthodoxes, dans les décennies après la guerre, ont rendu accessible au public occidental.15 Un texte de Saint Basile illustre bien l'orientation de fond qui caractérise la vision orthodoxe : «  Le chemin de la connaissance de Dieu va de l'unique Esprit, par l'unique Fils, jusqu'à l'unique Père ; et en sens inverse, la bonté naturelle, la sainteté de la nature et la dignité royale vient du Père, par le Fils unique, jusqu'à l'Esprit  » 16. En d'autres termes, sur le plan de l'être ou de la sortie des créatures de Dieu, tout part du Père, passe par le Fils et arrive jusqu'à nous dans l'Esprit  ; dans l'ordre de la connaissance ou du retour des créatures à Dieu, tout commence avec l'Esprit Saint, passe par le Fils Jésus Christ et retourne au Père. La perspective est toujours celle de la Trinité. Je tache d'expliquer par contre pourquoi il est nécessaire, aujourd'hui plus que jamais, en Orient comme en Occident, de connaître et pratiquer aussi l'approche latine au mystère de Dieu un et trine. Voici comment Saint Grégoire de Nazianze, dans un texte célèbre, résume le processus qui porta à croire en la Trinité : «  L'Ancien Testament proclame ouvertement l'existence du Père et commence à annoncer, de manière voilée, celle du Fils ; le Nouveau Testament proclame ouvertement l'existence du Fils et fait entrevoir la divinité de l'Esprit Saint. A' présent l'Esprit est présent parmi nous et nous accorde distinctement sa manifestation. Alors même que la divinité du Père n'était pas encore confessée, il aurait été inconvenant de proclamer ouvertement celle du Fils, comme il aurait été peu sûr de nous imposer le poids de la divinité de l'Esprit alors que celle du Fils n'avait pas encore été acceptée  »17. On voit que cette pédagogie divine est appliquée aussi par Jésus qui dit ne pas pouvoir révéler aux apôtres tout ce qu'il sait de lui-même et de son Père, car ils ne pourraient pas encore « en porter le poids  » (Jn 16,12). Or, il est vrai que maintenant nous vivons à l'époque où la Trinité s'est pleinement révélée et que nous devons donc vivre constamment sous cette «  lumière trisolaire  », comme l'appellent certains Pères, sans nous perdre dans la contemplation d'un Dieu «  être suprême  », plus proche du Dieu des philosophes que de celui révélé par Jésus. Mais que dire du monde non croyant, sécularisé et à ré-évangéliser, qui nous entoure  ? Ne se trouve-t-il pas dans les mêmes conditions que celui avant la venue du Christ ? Ne devons-nous pas utiliser, à son égard, la même pédagogie que celle utilisée par Dieu dans son révélation à l'humanité ? Nous devons donc, nous aussi, aider nos contemporains à découvrir, avant tout, que Dieu existe, qu'il nous a créés par amour, qu'il est un père très tendre et s'est révélé à nous en Jésus de Nazareth. Pouvons-nous, honnêtement, commencer notre évangélisation, en parlant des trois personnes divines ? Pour reprendre l'image de saint Grégoire, ne serait-ce pas mettre sur le dos des gens un poids qu'ils ne sont pas capables de porter  ? A noter une chose importante. Le Père qui, selon Grégoire de Nazianze, s'est révélé d'abord dans l'Ancien Testament n'est pas encore « le Père de notre Seigneur Jésus Christ  », c'est-à-dire le vrai père d'un vrai fils ; il n'est pas Dieu le Père de la Trinité ; cette révélation n'a lieu qu'avec Jésus. Il est encore père dans un sens métaphorique, en ce sens qu'il est le « père de son peuple Israël  » et, pour les païens, le « père du cosmos  », le «  père céleste  ».Donc pour saint Grégoire aussi, la révélation sur Dieu a commencé par le « Dieu un  ». Il y a un sens où le nom de «  Dieu  » peut et doit être utilisé pour désigner ce que les trois personnes divines ont en commun, c'est-à-dire toute la Trinité18, soit que nous entendions, par cet élément commun, la nature divine, comme disent les anciens Pères à la suite de l'Ecriture (la theia physis de 2 Pt 1,4), soit que, avec Johannes Zizioulas, nous entendions la divine koinonia, «  l'être en communion  »19. L'Eglise doit trouver la manière d'annoncer le mystère de Dieu un et trine avec des catégories appropriées et compréhensibles aux hommes de notre temps. C'est comme ça que faisaient les Pères de l'Eglise et les anciens conciles, et c'est en ceci que nous devons les imiter. Il est difficile de penser pouvoir présenter aux hommes d'aujourd'hui le mystère trinitaire avec les catégories de substance, hypostase, propriété et relations subsistantes, même si l'Eglise ne pourra jamais renoncer à les utiliser dans sa théologie et dans les lieux d'approfondissement de la foi. S'il y a quelque chose, du langage des Pères, que l'expérience de l'annonce montre être encore capable d'aider les hommes d'aujourd'hui, si non à expliquer, au moins à se faire une idée de la Trinité, c'est bien celui d'Augustin centré sur l'amour. L'amour est «  communion  » et «  relation  » ; il n'existe pas d'amour entre moins de deux ou trois personnes. Tout amour est le mouvement d'un être vers un autre être, accompagné du désir d'union. Entre les créatures humaines, cette union reste toujours incomplète et transitoire, même dans les amours les plus ardents ; seule l'union entre les personnes divines arrive à une telle totalité qu'elle fait des Trois, éternellement, un seul Dieu. Ce langage, l'homme d'aujourd'hui est en mesure de le comprendre. 4. Unis dans l'adoration de la Trinité Saint Augustin nous suggère la meilleure façon de conclure cette reconstruction des deux voies d'approche conduisant au mystère de la très sainte Trinité. Quand ont veut traverser un bras de mer, dit-il, la chose la plus importante n'est pas d'aiguiser la vue pour voir ce qu'il y a sur l'autre rive, mais de monter à bord de la barque qui s'y rend. Ainsi le plus important pour nous n'est pas de spéculer sur la Trinité, mais de rester dans la foi de l'Eglise qui est la barque qui porte à elle20. Nous ne pouvons pas enserrer l'océan dans nos bras, mais nous pouvons entrer dedans lui  ; en dépit de tous nos efforts, nous ne pouvons pas «  comprendre  » le mystère de la Trinité, mais nous pouvons faire quelque chose de encore plus beau  : entrer en elle ! Il y a un point sur lequel nous sommes tous d'accord, où il n'existe plus de différence entre l'Orient et l'Occident, et c'est le devoir et le besoin d'adorer la Trinité. Seule l'adoration permet de pratiquer en toute vérité l'apophatisme, cette règle d'une humble restriction dans la manière de parler de Dieu qui consiste à affirmer tout en niant. Adorer la Trinité, selon un superbe oxymore de saint Grégoire de Nazianze, c'est élever vers elle « un hymne de silence  »21. Adorer c'est reconnaître que Dieu est Dieu et nous des créatures de Dieu. C'est «  reconnaître l'infinie différence de qualité entre le Créateur et la créature  »22 ; mais la reconnaître librement, joyeusement, en enfants et non en esclaves. Adorer, dit l'apôtre, c'est «  s'élevercontre toute injustice des hommes qui fait obstacle à la vérité. » (cf. Rom 1, 18). Concluons en récitant ensemble la doxologie trinitaire qui, dès temps les plus reculés, s'élève identique à Dieu de l'Orient et de l'Occident : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et à jamais, pour les siècles des siècles. Amen.  » 1 Orientale lumen, nr. 1 2 Tertio millennio adveniente, nr. 16. 3 Q. A. Symmacus, Relatio de arae Victoriae, III,10, in “Monumenta Germaniae Historica”, Auctores antiquissimi Bd.6/1, rist.1984. 4 Pour une revue critique de la théologie trinitaire des diverses Eglises chrétiennes, cf. Veli-Matti Kärkkäinen, The Trinity : Global Perspectives, Louisville, Kentucky, 2007. 5 Grégoire de Nazianze, Oratio 42, 15 (PG 36, 476). 6 Th. De Régnon, Études de théologie positive sur la Sainte Trinité, I, Paris 1892, 433. 7 Gregorio Naz., Oratio. 42, 16 (PG 36, 477). 8 Cf. Grégroire de Nysse, Contra Eunomium 1,42 (PG 45, 464) 9 Jean Damascène, De fide orthodoxa, I, 8 (PG 94, 824) 10 Augustin, De Trinitate,VIII, 9,14 ; IX, 2,2 ; XV,17,31 ; cf. Richard de Saint-Victor, De Trin. III,2.18 ; S : Bonaventure, I Sent. d. 13, q.1. 11 Cf. H. Mühlen , Der Heilige Geist als Person. Ich - Du - Wir, Münster in W., 1963. 12 Grégoire Palamas, Capita physica, 36 (PG 150, 1144s.). 13 J. D. Zizioulas, Du personnage à la personne, in L'être ecclésial, Genève 1981, p. 38. 14 Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, I, q.29, a. 4. 15 Cf. V. Lossky, Théologie mystique de l'Eglise d'Orient, Paris 1944 ; P. Evdokimov, L'Orthodoxie, Paris 1959) ; J. Meyendorff, Byzantine Theology, New York, 1974. 16 Basile de Césarée, De Spiritu Sancto XVIII, 47 (PG 32 , 153). 17 Cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 31 (Theologica II), 26 ; cf aussi Oratio 32, (Theologica III). 18 Augustin, La Trinité, I,6,10 : “ Le nom ‘ Dio' indique toute la Trinité, pas seulement le Père”. 19 J. Zizioulas, Being as Communion. Studies in Personhood and the Church, London, 1985. 20 Augustin, La Trinité IV,15, 20 ; Les confessions, VII, 21. 21 Grégoire de Nazianze, Poèmes, 29 (PG 37, 507) (sigomenon hymnon). 22 Søren Kierkegaard, La maladie mortelle. News de Catholique.org Journée mondiale de prière des femmes 2015 en union avec les Bahamashttp://news.catholique.org/55723-journee-mondiale-de-priere-des-femmes-2015 2015-03-06T00:17:02Z text/html fr Catholique.org La Journée mondiale de prière des femmes (JMP) a lieu cette année en union particulière avec les femmes chrétiennes des Bahamas, sur le thème « Jésus leur dit : "Comprenez-vous ce que j'ai fait pour vous ?" » (Jean, 13), ce vendredi 6 mars 2015. La JMP est un mouvement œcuménique mondial créé en 1887 aux États-Unis  : elle propose chaque année une célébration œcuménique, écrite par des femmes d'un pays différent. «  Elle est ouverte à tous, hommes, femmes, enfants  », précise Laurence Gangloff, secrétaire nationale de la JMP-France et présidente régionale de la JMP Europe, à Zenit. Cette journée annuelle – annoncée par la Conférence des évêques de France – a toujours lieu «  le premier vendredi de mars, dans 180 pays. Ainsi, du lever du soleil, jusqu'à son coucher, la prière est célébrée pendant 24 heures. L'organisation pratique de la prière est portée par les femmes  », ajoute-t-elle. Cette année, ce sont les femmes des Îles Bahamas qui ont préparé les méditations  : «  La JMP a découpé le monde en 7 régions. A tour de rôle, un pays de chaque région est choisi. Le Comité International de la JMP définit les thèmes des célébrations et les pays rédacteurs.  » Si les Bahamas sont «  des îles de rêve  », ce sont aussi «  des îles où des êtres humains sont victimes de la pauvreté, de la violence, de l'injustice  », constate un communiqué de la JMP. Ainsi les prières de cette année présentent les souffrances du peuple, comme dans cet extrait  : « Nous te présentons les victimes de violences conjugales, les épouses abandonnées ou violées, qui se sentent coupables d'avoir été maltraitées et qui ont peur de demander de l'aide. Nous intercédons au nom de nos enfants abusés physiquement, sexuellement, verbalement ou autrement. Seigneur, apaise leurs peurs et soutiens-les. Que les victimes et leurs agresseurs soient guéris par une transformation radicale. » En France, cette prière est organisée dans plus de 300 lieux. Outre la prière, les participants à la JMP sont appelés aussi au don, « destiné en priorité aux associations chrétiennes du pays rédacteur  », ajoute Laurence Gangloff. Elle annonce aussi les projets de l'année 2015  : «  Le Comité JMP-France a décidé de soutenir la lutte contre le cancer du Sein, la lutte contre la violence envers les femmes et une formation de base en économie sociale aux Bahamas, ainsi que trois projets de développement à Haïti.  » News de Catholique.org Le Saint-Siège demande "un moratoire mondial sur la peine de mort"http://news.catholique.org/55715-le-saint-siege-demande-un-moratoire-mondial 2015-03-05T06:17:06Z text/html fr Catholique.org Le Saint-Siège lance un nouvel appel au monde en faveur d'un « moratoire mondial sur l'usage de la peine de mort » en vue de son abolition, rapporte Radio Vatican ce 5 mars. Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu en ce sens au cours de la vingt-huitième session du Conseil des droits de l'homme (2-27 mars 2015). Pour le Saint-Siège, a-t-il expliqué, il est évident qu'il existe aujourd'hui d'autres moyens que la peine de mort « pour défendre de l'agresseur les vies humaines et pour protéger l'ordre public et la sécurité ». Citant le pape François devant l'Association internationale de droit pénal, il a rappelé « la possibilité qu'il existe une erreur judiciaire et l'usage [de la peine de mort] que font les régimes totalitaires et dictatoriaux… comme instrument de suppression de la dissidence politique ou de persécution des minorités religieuses et culturelles ». Mgr Tomasi a souligné « qu'aucun effet positif de dissuasion ne résulte clairement de l'application de la peine de mort, et que le caractère irréversible de cette peine ne permet pas d'éventuelles corrections en cas d'erreurs judiciaires ». Lançant un appel en faveur d'un « moratoire mondial sur l'usage de la peine de mort » pour son abolition, il a exhorté à « améliorer les conditions de détention, afin de garantir le respect de la dignité humaine des personnes privées de leur liberté ». Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org "Mon enfant", dit Dieu au coeur de la mondanitéhttp://news.catholique.org/55714-mon-enfant-dit-dieu-au-coeur-de-la-mondanite 2015-03-05T06:17:04Z text/html fr Catholique.org « La mondanité anesthésie l'âme  », met en garde le pape François lors de la messe de ce jeudi matin, 5 mars 2015, à Sainte-Marthe. Mais les mondains ne sont pas «  orphelins  »  : «  Jusqu'au bout, jusqu'au dernier moment, il y a la sécurité d'avoir un Père qui attend.... Il dit "mon enfant", au cœur de cette mondanité : "mon enfant". » Le pape a commenté la parabole de Lazare et du riche (Lc 16, 19-31)  : « [Le riche] était peut-être un homme religieux, à sa façon. Il priait peut-être, quelques prières, et il se rendait certainement au temple deux ou trois fois par an pour offrir des sacrifices et il donnait de belles offrandes aux prêtres, et ceux-ci, avec cette pusillanimité cléricale, le remerciaient et le faisait siéger dans les places d'honneur. » Mais il ne se rendait pas compte qu'il y avait un mendiant à sa porte : « Les yeux de son âme étaient obscurcis pour ne pas voir. Il ne voyait que sa propre vie et il ne se rendait pas compte de ce qui était arrivé à cet homme : il était malade, malade de mondanité. Et la mondanité transforme les âmes, fait perdre la conscience de la réalité : ils vivent dans un monde artificiel, fait par eux… La mondanité anesthésie l'âme. » « Avec un cœur mondain, on ne peut pas comprendre les nécessités et les besoins des autres. Avec un cœur mondain, on peut aller à l'église, on peut prier, on peut faire beaucoup de choses... Mais c'est un péché subtil, c'est plus qu'un péché, c'est un état de l'âme pécheresse. » L'âme de l'homme riche «  est déserte », une « terre salée, inhabitable », « parce que les mondains, pour dire la vérité, sont seuls avec leur égoïsme ». Ils ont « le cœur malade, tellement attaché à ce mode de vie mondain qu'il peut difficilement guérir ». Le pauvre a un nom, Lazare, le riche n'en a pas : « il n'avait pas de nom, parce que les mondains perdent leur nom. Ils ne sont qu'un individu parmi la foule des gens aisés, qui n'ont besoin de rien. » Mais ils ne sont pas «  orphelins  »  : «  Jusqu'au bout, jusqu'au dernier moment, il y a la sécurité d'avoir un Père qui attend.... Il dit "mon enfant", au cœur de cette mondanité : "mon enfant". » Le pape a aussi rappelé que «  Jésus, à la dernière Cène, dans sa prière à son Père, a prié ainsi  : "S'il te plaît, Père, garde ces disciples pour qu'ils ne tombent pas dans le monde, qu'ils ne tombent pas dans la mondanité" ». Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org