Catholique.org http://www.catholique.org/ Portail Catholique Francophone fr Catholique.org Sun, 19 May 2013 12:17:02 +0200 SPIP 3.0.4 - www.spip.net Catholique.org http://www.catholique.org/images/catholique-logo-noir-200.jpg http://www.catholique.org/ L'Esprit-Saint apporte à la fois "diversité" et "unité" http://news.catholique.org/46470-l-esprit-saint-apporte-a-la-fois-diversite 2013-05-19T10:17:02Z text/html fr Catholique.org Seul l'Esprit-Saint «  peut susciter la diversité, la pluralité, la multiplicité et, en même temps, opérer l'unité  »  : sans lui, la diversité devient «  la division  » et l'unité devient «  l'uniformité, l'homogénéité  », a déclaré le pape François lors de son homélie de Pentecôte. Le pape a célébré la messe du dimanche de Pentecôte avec plus de 200.000 membres de mouvements ecclésiaux en pèlerinage à Rome, ce 19 mai 2013. Avec l'Esprit, «  la richesse, la variété, la diversité ne deviennent jamais conflit, parce qu'il nous pousse à vivre la variété dans la communion de l'Église  », a-t-il souligné, encourageant à être «  ouverts aux « surprises de Dieu » … à la nouveauté de l'Esprit Saint fois  ». Homélie du pape François Chers frères et soeurs, En ce jour, nous contemplons et revivons dans la liturgie l'effusion de l'Esprit Saint opérée par le Christ ressuscité sur son Église ; un évènement de grâce qui a rempli le cénacle de Jérusalem pour se répandre dans le monde entier. Mais que se passe-t-il en ce jour si éloigné de nous, et pourtant si proche au point de rejoindre l'intime de notre coeur ? Saint Luc nous offre la réponse dans le passage des Actes des apôtres que nous avons entendu (2, 1-11). L'évangéliste nous ramène à Jérusalem, à l'étage supérieur de la maison dans laquelle sont réunis les Apôtres. Le premier élément qui attire notre attention est le fracas qui vint soudain du ciel, « pareil à celui d'un violent coup de vent » et remplit la maison ; puis « une sorte de feu qui se partageait en langues », et se posait sur chacun des Apôtres. Fracas et langues de feu sont des signes précis et concrets qui frappent les Apôtres, non seulement extérieurement, mais aussi au plus profond d'eux-mêmes : dans l'esprit et dans le coeur. La conséquence est que « tous furent remplis du Saint Esprit » qui libère son dynamisme irrésistible, avec des résultats surprenants : « Ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit ». S'ouvre alors devant nos yeux un tableau tout à fait inattendu : une grande foule se rassemble et s'émerveille parce que chacun entend parler les Apôtres dans sa propre langue. Tous font une expérience nouvelle, jamais arrivée auparavant : « Nous les entendons parler dans nos langues ». Et de quoi parlent-ils ? « Des merveilles de Dieu ». A la lumière de ce passage des Actes, je voudrais réfléchir sur trois paroles liées à l'action de l'Esprit : nouveauté, harmonie, mission. 1. La nouveauté nous fait toujours un peu peur, parce que nous nous sentons plus rassurés si nous avons tout sous contrôle, si c'est nous-mêmes qui construisons, programmons, faisons des projets pour notre vie selon nos plans, nos sécurités, nos goûts. Et cela arrive aussi avec Dieu. Souvent, nous le suivons, nous l'accueillons, mais jusqu'à un certain point ; il nous est difficile de nous abandonner à Lui avec pleine confiance, laissant l'Esprit Saint être l'âme, le guide de notre vie dans tous les choix ; nous avons peur que Dieu nous fasse parcourir des chemins nouveaux, nous fasse sortir de notre horizon souvent limité, fermé, égoïste, pour nous ouvrir à ses horizons. Mais, dans toute l'histoire du salut, quand Dieu se révèle, il apporte la nouveauté, il transforme et demande de se confier totalement à Lui : Noé construit une arche, raillé par tous, et il se sauve ; Abraham laisse sa terre avec seulement une promesse en main ; Moïse affronte la puissance du pharaon et guide le peuple vers la liberté ; les Apôtres, craintifs et enfermés dans le cénacle, sortent avec courage pour annoncer l'Évangile. Ce n'est pas la nouveauté pour la nouveauté, la recherche du nouveau pour dépasser l'ennui, comme il arrive souvent de nos jours. La nouveauté que Dieu apporte dans notre vie est ce qui vraiment nous réalise, ce qui nous donne la vraie joie, la vraie sérénité, parce que Dieu nous aime et veut seulement notre bien. Demandons-nous : sommes-nous ouverts aux « surprises de Dieu » ? Ou bien nous fermons-nous, avec peur, à la nouveauté de l'Esprit Saint ? Sommes-nous courageux pour aller par les nouveaux chemins que la nouveauté de Dieu nous offre ou bien nous défendons-nous, enfermés dans des structures caduques qui ont perdu la capacité d'accueil ? 2. Une seconde idée : l'Esprit Saint, apparemment, semble créer du désordre dans l'Église, parce qu'il apporte la diversité des charismes, des dons ; mais tout cela au contraire, sous son action, est une grande richesse, parce que l'Esprit Saint est l'Esprit d'unité, qui ne signifie pas uniformité, mais ramène le tout à l'harmonie. Dans l'Église, c'est l'Esprit Saint qui fait l'harmonie. Un des Pères de l'Église a une expression qui me plaît beaucoup : l'Esprit Saint « ipse harmonia est ». Lui seul peut susciter la diversité, la pluralité, la multiplicité et, en même temps, opérer l'unité. Ici aussi, quand c'est nous qui voulons faire la diversité et que nous nous fermons sur nos particularismes, sur nos exclusivismes, nous apportons la division ; et quand c'est nous qui voulons faire l'unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter l'uniformité, l'homogénéité. Si au contraire, nous nous laissons guider par l'Esprit, la richesse, la variété, la diversité ne deviennent jamais conflit, parce qu'il nous pousse à vivre la variété dans la communion de l'Église. Le fait de marcher ensemble dans l'Église, guidés par les pasteurs qui ont un charisme et un ministère particuliers, est signe de l'action de l'Esprit Saint ; l'ecclésialité est une caractéristique fondamentale pour chaque chrétien, pour chaque communauté, pour chaque mouvement. C'est l'Église qui me porte le Christ et qui me porte au Christ ; les chemins parallèles sont dangereux ! Quand on s'aventure, en allant au-delà de (proagon) la doctrine et de la Communauté ecclésiale et qu'on ne demeure pas en elles, on ne s'est pas unis au Dieu de Jésus Christ (cf. 2 Jn 9). Demandons-nous alors : suis-je ouvert à l'harmonie de l'Esprit Saint, en dépassant tout exclusivisme ? Est-ce que je me laisse guider par lui en vivant dans l'Église et avec l'Église ? 3. Le dernier point. Les théologiens anciens disaient : l'âme est une espèce de bateau à voile, l'Esprit Saint est le vent qui souffle dans la voile pour le faire avancer, les impulsions et les poussées du vent sont les dons de l'Esprit. Sans sa poussée, sans sa grâce, nous n'avançons pas. L'Esprit Saint nous fait entrer dans le mystère du Dieu vivant et nous sauve du danger d'une Église gnostique et d'une Église auto-référentielle, fermée sur elle-même ; il nous pousse à ouvrir les portes pour sortir, pour annoncer et témoigner la bonne vie de l'Évangile, pour communiquer la joie de la foi, de la rencontre avec le Christ. L'Esprit Saint est l'âme de la mission. Ce qui est arrivé à Jérusalem il y a près de deux-mille ans n'est pas un événement éloigné de nous, c'est un événement qui nous rejoint, qui se fait expérience vivante en chacun de nous. La Pentecôte du cénacle de Jérusalem est le commencement, un commencement qui se prolonge. L'Esprit Saint est le don par excellence du Christ ressuscité à ses Apôtres, mais il veut qu'il parvienne à tous. Jésus, comme nous l'avons entendu dans l'Évangile, dit : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jn 14, 16). C'est l'Esprit Paraclet, le « Consolateur », qui donne le courage de parcourir les routes du monde en portant l'Évangile ! L'Esprit Saint nous fait voir l'horizon et nous pousse jusqu'aux périphéries existentielles pour annoncer la vie de Jésus Christ. Demandons-nous si nous avons tendance à nous enfermer en nous-mêmes, dans notre groupe, ou si nous laissons l'Esprit nous ouvrir à la mission. La liturgie d'aujourd'hui est une grande prière que l'Église avec Jésus élève vers le Père, pour qu'il renouvelle l'effusion de l'Esprit Saint. Que chacun de nous, chaque groupe, chaque mouvement, dans l'harmonie de l'Église, se tourne vers le Père pour demander ce don. Aujourd'hui encore, comme à sa naissance, avec Marie, l'Église invoque : « Veni Sancte Spiritus ! – Viens, Esprit-Saint, pénètre le coeur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour ! ». Amen. News de Catholique.org Le "Cénacle à ciel ouvert" de la place Saint-Pierre http://news.catholique.org/46472-le-cenacle-a-ciel-ouvert-de-la-place-saint 2013-05-19T00:17:01Z text/html fr Catholique.org Les mouvements ecclésiaux ont vécu à Rome une «  Pentecôte renouvelée qui a transformé la place Saint-Pierre en un Cénacle à ciel ouvert  ». C'est le pape lui-même qui le souligne lors du Regina Coeli de ce 19 mai 2013. Déjà lors de son homélie peu avant, le pape avait rappelé que "ce qui est arrivé à Jérusalem il y a près de deux-mille ans n'est pas un événement éloigné de nous, c'est un événement qui nous rejoint, qui se fait expérience vivante en chacun de nous. La Pentecôte du cénacle de Jérusalem est le commencement, un commencement qui se prolonge".  Le pape François a célébré la fête de Pentecôte avec les mouvements ecclésiaux, venus en pèlerinage à Rome les 18 et 19 mai, dans le cadre de l'Année de la foi. Plus de 200.000 personnes ont participé avec lui à une veillée, hier soir, et à la messe qu'il a présidée ce matin place Saint-Pierre. «  Vous êtes un don et une richesse pour l'Eglise  », leur dit a le pape, les exhortant par ces mots  : «  Ayez toujours la joie et la passion pour la communion dans l'Eglise  !  » Paroles du pape François avant le Regina Coeli (en italien) Chers frères et soeurs, Cette fête de la foi va se conclure, commencée hier avec la Veillée et culminant aujourd'hui dans l'Eucharistie. Une Pentecôte renouvelée qui a transformé la place Saint-Pierre en un Cénacle à ciel ouvert. Nous avons revécu l'expérience de l'Eglise naissante, d'un seul coeur en prière avec Marie, la Mère de Jésus (cf. Ac 1,14). Nous aussi, dans la variété des charismes, nous avons expérimenté la beauté de l'unité, d'être "un seul". C'est l'œuvre de l'Esprit-Saint, qui crée toujours à nouveau l'unité dans l'Eglise. Je voudrais remercier tous les mouvements, les associations, les communautés, les agrégations ecclésiales. Vous êtes un don et une richesse pour l'Eglise ! C'est ce que vous êtes ! Je remercie, de façon particulière, vous tous qui êtes venus de Rome et de tant de parties du monde. Portez toujours la force de l'Evangile ! N'ayez pas peur ! Ayez toujours la joie et la passion pour la communion dans l'Eglise ! Que le Seigneur ressuscité soit toujours avec vous et que la Vierge Marie vous protège ! Souvenons-nous dans la prière des populations de l'Emilie Romagne qui le 20 mai de l'année dernière ont été touchées par le séisme. Prions aussi pour la Fédération italienne des associations de volontariat en oncologie. Après le Regina Coeli  Frères et soeurs, merci pour votre amour de l'Eglise. Bon dimanche, bonne fête et bon appétit ! Traduction de Zenit, Anne Kurian News de Catholique.org Tweet de Pentecôte http://news.catholique.org/46471-tweet-de-pentecote 2013-05-18T23:17:02Z text/html fr Catholique.org "L'Esprit Saint transforme et renouvelle, il crée harmonie et unité, donne courage et joie pour la mission" : c'est le "tweet" de Pentecôte du pape François, ce 19 mai 2013.  Le pape a célébré la fête de Pentecôte avec les mouvements ecclésiaux, venus en pèlerinage à Rome les 18 et 19 mai, dans le cadre de l'Année de la foi. Plus de 200.000 personnes ont participé avec lui à une veillée, hier soir, et à la messe qu'il a présidée ce matin place Saint-Pierre.  Le pape a centré son homélie du jour sur l'action de l'Esprit-Saint, en trois points résumés aussi dans son tweet : nouveauté - harmonie - mission. News de Catholique.org Au lendemain de l'invasion de la Pologne http://news.catholique.org/46469-au-lendemain-de-l-invasion-de-la-pologne 2013-05-18T00:17:05Z text/html fr Catholique.org Le martyrologe romain fait aujourd'hui mémoire du bienheureux polonais Stanislas Kubski, prêtre et martyr (1876-1942), béatifié par le bienheureux Jean-Paul II - dont c'est, ce 18 mai, l'anniversaire - à Varsovie, le 13 juin 1989. Prêtre du diocèse de Gniezno, il était curé à Inowroclaw. Son zèle apostolique et sa sensibilité particulière envers la détresse des pauvres, ou des chômeurs, et envers les jeunes étaient bien connus. Sa réputation suffit à attirer sur lui les soupçons de l'occupant nazi et il fut arrêté dès le début de la guerre, plus précisément, le 2 septembre 1939, c'est-à-dire dès le lendemain de l'invasion de la Pologne par les troupes du IIIe Reich, comme si un travail de renseignement précis avait été accompli avant même l'invasion, sur les personnalités qui pouvaient susciter la résistance des Polonais. Il fut d'abord déporté aux carrières de pierre de Buchenwald, puis au camp de concentration de Dachau. Le 18 mai 1942, il fut mis dans le "transport invalides" et assassiné en chambre à gaz. Il savait qu'il allait à la mort, et il confia à un ami : "Salue mes paroissiens de ma part. J'avais prévu de faire encore tant de choses. Dieu en a disposé autrement. Qu'il en soit ainsi puisque c'est sa volonté. Que sa volonté soit faite". News de Catholique.org La blessure de l'unité manquée entre les chrétiens http://news.catholique.org/46468-la-blessure-de-l-unite-manquee-entre-les 2013-05-18T00:17:03Z text/html fr Catholique.org "Nous avons de plus en plus conscience chaque jour de la blessure que représente l'unité manquée entre les chrétiens. Celle-ci dit notre fragile accueil du don de la Trinité qui nous précède.", déclare le cardinal Scola. Le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, a en effet prononcé l'homélie suivante, lors de la célébration oecuménique de la Parole présidée par le patriarche de Constantinople, Bartholomaios Ier, à Milan, en la basilique Saint-Ambroise, le 16 mai. Une célébration dans le cadre de l'anniversaire de l'Edit de Milan par lequel l'empereur romain Constantin accordait la liberté de culte aux chrétiens (313 ap. J.-C.). Homélie du card. Scola On ne saurait écouter la prière de Jésus au Père sans parler du contexte dans lequel l'évangéliste Jean nous la rapporte, celui de la dernière Cène, des événements dramatiques qui précèdent la Pâques du Seigneur. Les premières mots prononcés par Jésus révèlent leur caractère crucial : « Père, l'heure est venue ». Ces quelques mots résument au plus haut point les vérités essentielles de notre foi : la Trinité et la Pâques, autrement dit l'Incarnation rédemptrice qui s'accomplit dans la mort et la résurrection de Jésus. Père : chaque chose tire son origine du Père, principe sans principe. De Lui est engendré le Fils pour l'éternité. Celui-ci se donne à Lui éternellement dans l'Esprit. Vie éternelle d'un amour éternel, la Sainte Trinité a voulu, de manière tout à fait libre et gratuite, faire participer les hommes à sa communion d'amour, en les aimant dans son Fils avant la création du monde. Chaque chose, en effet, existe dans et pour ce plan de bienveillance gratuite. L'heure de Jésus : c'est l'heure de sa mort et de sa résurrection. L'heure de sa remise propter nos homines et propter nostram salutem. L'amour de la Trinité n'est pas seulement «  origine  » mais aussi «  source  » permanente de chaque instant de l'histoire. Et, de manière ineffable, il est source de l'obéissance du Fils : Jésus, le Verbe éternel qui a pris forme humaine pour la racheter, a obéi, c'est-à-dire qu'il a voulu humainement ce que divinement la sainte Trinité a décidé gratuitement, notre salut. Nous, en recevant le don inestimable du Baptême,  nous pouvons participer à la Vie divine en vertu de l'obéissance humaine du Fils et de la bienveillance divine de la Trinité. Participer à la Vie divine : on comprend alors que la prière pour l'unité que Jésus prononce dans le moment particulièrement solennelle de la Cène, est beaucoup plus qu'une exhortation morale. Cette unité – comme Toi, Père, tu es en moi et moi en Toi – est le don auquel nous participons en vertu de notre incorporation sacramentelle au Christ. Une unité à laquelle nous nous conformons chaque jour en participant à la sainte Eucharistie. De là jaillit cet amour pour les hommes, nos frères, si bien décrit par le cinquième hymne byzantin qui vient après le Gloria : « À ceux même qui nous haïssent, disons : Frères ! Pardonnons tout à cause de la Résurrection ». C'est la raison pour laquelle, nous avons de plus en plus conscience chaque jour de la blessure que représente cette unité manquée entre les chrétiens. Celle-ci dit notre fragile accueil du don de la Trinité qui nous précède. Notre prière ne peut donc qu'être une supplique ardente afin que l'Esprit porte à son accomplissement total le projet du Père qui s'est réalisé en Jésus-Christ. Nous sommes tous au service de ce projet. Comme a voulu le rappeler la constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium du Concile Vatican II : « Aussi l'Église, pourvue des dons de son fondateur, et fidèlement appliquée à garder ses préceptes de charité, d'humilité et d'abnégation, reçoit mission d'annoncer le Royaume du Christ et de Dieu et de l'instaurer dans toutes les nations, formant de ce Royaume le germe et le commencement sur la terre. Cependant, tandis que peu à peu elle s'accroît, elle-même aspire à l'achèvement de ce Royaume, espérant de toutes ses forces et appelant de ses vœux l'heure où elle sera, dans la gloire, réunie à son Roi. ». Que ce désir soit notre prière. Amen. Traduction de Zenit, Océane Le Gall News de Catholique.org "La signification de la liberté authentique" (1ère partie) http://news.catholique.org/46467-titre 2013-05-18T00:17:01Z text/html fr Catholique.org "La signification de la liberté authentique" : c'est le thème de cette méditation du patriarche œcuménique de Constantinople, Bartolomaios Ier, à l'occasion du 1700ème anniversaire de la publication de l'Édit de Milan, à Milan, le 15 mai 2013. Discours du patriarche oecuménique (Premier volet) «  Cognoscetis veritatem, et veritas liberabit vos  » (Jean 8, 32) C'est une bénédiction et un motif de joie, pour Notre humble personne, de nous trouver ici, à Milan, pour la célébration des mille-sept-cents ans de la publication historique de l'Édit de Milan, qui a représenté une étape fondamentale dans l'histoire de l'humanité. L'Édit a constitué avant tout un tournant important dans la vie de son auteur, l'empereur Constantin le Grand, l'amenant à la foi chrétienne et à une vie inspirée de l'évangile. Il fait maintenant partie des saints et il est le protecteur et bienfaiteur de l'Église. Par cet Édit, Constantin a fait du christianisme une religion libre dans le grand empire romain, posant les bases du premier État chrétien. Nous nous réjouissons donc de nous retrouver ici avec vous, dans ce lieu béni par les martyrs, sanctifié par la présence de tant de Saints de l'Église chrétienne indivise. Et en premier lieu notre père, le grand saint Ambroise, patron de l'Église de Milan, bon pasteur de cette ville bénie de Dieu, successeur des saints apôtres dans l'œuvre d'évangélisation. Nous rappelons aussi la mémoire des saints martyrs Sébastien, Nazaire, Gervais, Celse et Protase qui, par l'effusion de leur sang, ont scellé leur foi dans le Christ, foi dont Constantin le Grand rendra la pratique libre peu de temps après. Ces cinq saints martyrs, protecteurs de la ville de Milan et intercesseurs auprès de Dieu pour ses enfants, constituent aussi pour nous un modèle et un exemple par leur consécration totale, jusqu'à la mort, au Chef de la vie, au Seigneur des vivants et des morts, le vainqueur de la mort, notre Seigneur Jésus-Christ. Nous exprimons notre contentement parce que les saintes reliques de ces martyrs, qui nous ont été généreusement concédées par le prédécesseur de Votre Éminence et qui sont aujourd'hui conservées au siège du patriarcat œcuménique, renforcent nos liens spirituels et sacrés avec cette ville et son archidiocèse. Nous désirons avant tout remercier notre frère bien-aimé dans le Christ, Son Éminence le cardinal Angelo Scola qui, par son aimable invitation, nous a donné la joie et la possibilité de participer à ces célébrations, organisées avec tant de dévouement dans la ville où l'Édit fut publié. Plein de gratitude pour l'honneur qui m'est fait d'intervenir maintenant devant cette assemblée, je souhaite offrir une petite contribution à notre effort de compréhension mutuelle en exposant quelques pensées simples sur ce que signifie la liberté, selon différentes perspectives, dans notre Église orthodoxe, dans la chrétienté et dans le monde. Milan fête les 1700 ans de la concession de la liberté religieuse et de la fin des persécutions, dures et inhumaines, lancées contre les chrétiens par les adeptes de religions païennes qui adoraient l'image de César, le soleil, la lune, les étoiles, les statues inanimées des douze dieux démoniaques… Nous sommes venus de la ville fondée par saint Constantin pour honorer solennellement l'Année constantinienne. L'anniversaire des mille-sept-cents ans de la publication de l'Édit ou, comme on l'appelle aussi, du Dogme de Milan, représente une occasion unique pour notre époque où l'on assiste souvent à la violation des droits fondamentaux de l'homme  ; il permet d'expliquer cet héritage fondamental de Constantin le Grand grâce auquel, pour la première fois, la législation romaine fut fécondée par la pensée chrétienne et qui, en outre, a marqué une conquête décisive pour l'avenir de l'humanité  : le concept de liberté religieuse. La décision de Milan a accordé au christianisme, jusqu'alors persécuté, la parité légale, lui concédant institutionnellement la liberté religieuse. Ainsi fut ouverte la voie pour fonder le premier et unique État chrétien du monde connu, source d'avantages culturels, contribuant à l'évangélisation du continent européen. 1.    Liberté spirituelle – un sens déformé dans le monde moderne En général, on considère la liberté comme un concept abstrait, en particulier dans la communauté intellectuelle, politique, académique et culturelle, sans mettre en évidence la profondeur de ce mystère. Saint Chrysostome écrivait  : «  La liberté est l'absence d'arrogance et de vanité  » (Commentaire de la Lettre aux Hébreux, XXVIII, P.G. 63,200), et encore  : «  C'est précisément cela la liberté, lorsqu'elle brille même dans l'esclavage, la liberté se donne dans l'esclavage  » (Commentaire de la 1ère Lettre aux Corinthiens, XIX, P.G. 61,157). C'est ainsi, d'ailleurs, qu'a vécu et témoigné par sa vie, pendant ces dix-sept siècles, le patriarcat œcuménique  : contraint à l'esclavage selon le monde, mais libre, indomptable, insoumis dans sa pensée et son esprit. La liberté absolue que notre Seigneur Jésus nous a concédée, - don renouvelé par Constantin le Grand, lorsqu'il signa la loi sur la tolérance religieuse, avec son collègue, l'empereur Licinius, il y a dix-sept siècles, à Milan - constitue un bien spirituel éminent et un don de Dieu inconcevable. Le premier homme, Adam, fut modelé par Dieu à son image et à sa ressemblance. Dieu a donné à sa créature son don le plus précieux  : être maître de lui-même c'est-à-dire de sa volonté libre et de la possibilité de choisir de lui appartenir ou de le renier. Dieu peut tout, mais il ne désire pas contraindre l'homme à l'aimer. Et surtout, il respecte la liberté de l'homme. «  Dieu est amour  » (1 Jn 4,16), il est amour libre envers l'homme et il cherche l'amour libre de sa créature. Dieu, personne ne l'a jamais vu, parce que l'amour non plus ne se voit pas à l'œil nu, et ne se manifeste pas par des compliments, des invitations et des fêtes, mais il se vit dans le cœur, il se manifeste dans la vérité à travers le sacrifice et la croix de celui qui aime, au profit de la personne aimée. A travers le Dieu-Homme, le Christ, et son œuvre de salut, Dieu a voulu convaincre et non pas forcer, appeler et non pas chasser, aimer et non pas juger, libérer et non pas rendre esclave. Cette liberté occupe alors une place centrale dans la vie de l'homme qui désire s'approcher de Dieu. Au cours de l'exercice de son œuvre salvifique dans le monde, le Verbe de Dieu incarné affirme  : «  Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera  » (Jn 8, 31-32). Cette liberté est un mystère profond, éternel, impénétrable. On ne peut pas la définir ou l'englober dans un concept. A notre époque, et plus particulièrement aux XIXe et XXe siècles, on a fait beaucoup de discours sur la liberté et on a mené de nombreuses guerres pour cette soi-disant liberté des peuples. Lorsque cette liberté est séparée du Donateur originel, le donateur de tout don, Dieu, elle est alors isolée, divinisée, elle acquiert un caractère anthropocentrique, devient toute-puissante  ; c'est ainsi qu'apparaissent, phénomène qui n'est pas rare dans l'histoire de l'humanité, de grands criminels, au nom de cette liberté toute-puissante et anthropocentrique. Il convient de distinguer la vraie liberté dont parle l'évangile, et que Constantin le Grand a apportée, des autres formes de liberté qui ne constituent pas le bien suprême donné par Dieu à l'homme, mais qui en sont une pâle imitation ou qui dérivent vers des falsifications de la véritable liberté. Liberté trompeuse comme, par exemple, la liberté de la chair qui satisfait les désirs inférieurs de l'homme et ses exigences individuelles, et qui n'est pas capable de le conduire à Dieu, le rabaissant à un niveau d'existence inférieure, instinctive et bestiale, pour laquelle il n'a pas été modelé par Dieu. Malheureusement, aujourd'hui, la liberté est réduite à l'un des biens les plus «  maltraités  » dans l'humanité, continuellement sujette  à l'arbitraire et aux idéologies humaines. Les hommes, surtout ceux qui se sentent «  supérieurs  », croient être libres lorsqu'ils peuvent satisfaire leurs désirs sans discernement, faisant ce qu'ils veulent quand ils veulent, sans limites, en décidant et agissant, en commettant des injustices couvertes par le silence de ceux qui les entourent, en tuant et en se faisant applaudir  : tout et toujours au nom de la liberté. Aujourd'hui, au-delà de la crise économique mondiale et de toutes les autres crises, nous vivons aussi une crise de la liberté. Tout le monde se plaint sur notre terre, tout le monde proteste, désire et recherche la vérité  ; parfois même certains versent leur sang pour cette cause, mais peu nombreux sont ceux qui la trouvent et qui l'acquièrent  : peu nombreux sont ceux qui connaissent le contenu de la vraie liberté et où elle se trouve. 2. Le concept de la vraie liberté Mais la possibilité de l'homme de faire ce qu'il veut non seulement n'est pas la vérité, mais constitue au contraire la pire des formes d'esclavage. Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, dans le saint Évangile, montre la signification de la vraie liberté. Lorsque les juifs demande au Seigneur de quelle liberté il parle, étant donné que «  nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : Vous deviendrez libres ?  », il donne une réponse très particulière  : «  En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave. Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais. Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres  » (Jn 8, 34-36). Le péché est la pire forme d'esclavage de l'homme  : en s'en libérant, il a les bases pour acquérir la vraie liberté. Nul n'est libre, s'il ne renie l'auto-adoration de son «  ego  », s'il ne dépasse son «  moi  » pécheur, s'il ne vainc ses désirs et ses passions pécheresses. La liberté du péché est l'unique réelle liberté. C'est ce que souligne le protocoryphée, l'apôtre Paul, dans sa Lettre aux Romains (6, 23-23)  : «  Mais aujourd'hui, libérés du péché et asservis à Dieu, vous fructifiez pour la sainteté, et l'aboutissement, c'est la vie éternelle. Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur  ». L'homme est libre lorsqu'il atteint la sanctification et la purification totale de son existence. Il est libre justement selon le degré de sa libération des chaines du péché qui engendre la mort. Il est libre quand il se renie lui-même au profit de l'autre, quand il sacrifie son existence, ses attentes, ses «  intérêts  » au profit de son frère, de son ami, de son prochain et de Dieu. Le concept et la vérité de la liberté furent révélés dans le monde avec le Christ, comme la rencontre du Dieu personnel avec l'homme personnel. L'homme ne peut être un homme authentique s'il n'est pas en communion avec Dieu. Au contraire, il nie son humanité lorsqu'il se constitue comme un absolu, lorsqu'il refuse de se soumettre à la volonté divine, lorsqu'il renie la loi de Dieu (les dix commandements d'avant la grâce et, principalement, l'Évangile du Christ), lorsqu'il est lui-même le critère exclusif pour décider ce qui est bien ou mal. 3. L'exemple et la parole d'un saint dans l'Église orthodoxe Presque 1900 ans après l'incarnation du Christ dans le monde, un ascète du saint Mont Athos, saint Silouane, donne la mesure et la définition de la vraie liberté  : «  La vraie liberté consiste à demeurer continuellement en Dieu  » (Archim. Sophronius, Silouane de l'Athos, l'Ancien (1866-1938), Thessalonique). Plus nous nous éloignons de Dieu, plus nous devenons esclaves de nos passions, de nos idées, de nos désirs, de nos possessions, de l'argent  : et ainsi nous retombons dans l'idolâtrie, dans un néo-paganisme, «  à l'image de tout Nabuchodonosor  ». Et ceci, malgré le progrès, les vols dans l'espace, les «  miracles  » de la science et de la technologie et les «  incroyables  » conquêtes. Constantin le Grand a lui aussi atteint cette liberté et c'est elle qui l'a libéré du culte de l'idole de soi, de l'idole de l'empereur que l'on adorait encore comme un dieu, parce qu'il s'est soumis au contraire humblement à la volonté de Jésus doux et humble, de qui il est devenu le serviteur et le disciple. Et tous les saints, les martyrs, les bienheureux et les justes de notre Église, comme Ambroise de Milan, ont eux aussi possédé cette véritable liberté, avec toute la longue chaine des saints jusqu'à aujourd'hui. Le hiéromoine Sophronius raconte le contenu d'une conversation de l'ascète athonite saint Silouane avec un étudiant en visite au Mont Athos, qui lui parla longtemps de la liberté. Silouane, vénéré aujourd'hui comme un saint, lui répondit ceci  : «  Qui ne cherche pas la liberté  ? Tout le monde la veut, mais tu dois savoir où elle est et comment tu peux la trouver. Pour devenir libre, tu dois te lier toi-même. Plus tu te lies toi-même, plus ton esprit acquerra la liberté. Tu dois enchainer tes passions à l'intérieur de toi pour ne pas les laisser te dominer  ; tu dois t'enchainer toi-même pour ne pas faire de mal à ton prochain. «  En général, les hommes cherchent la liberté pour faire «  ce qu'ils veulent  ». Ceci n'est pas la liberté, mais la non-liberté, la domination du péché sur nous. Nous, nous croyons que la véritable liberté consiste à ne pas pêcher, à aimer le Seigneur et ton prochain de tout ton cœur et de toute ta force  » (Archim. Sophronius, id.). 4. L'acquisition de la vraie liberté par le repentir et en demeurant en Dieu Le modèle de la parfaite liberté est la «  kénose  » de Dieu qui «  se vide de lui-même  », qui nous donne tout et se donne lui-même. Voilà la liberté parfaite  : «  Prenez et mangez, ceci est mon corps rompu pour vous en rémission des péchés  ». Il est en même temps «  celui qui s'offre et la victime qui est offerte, celui qui se donne et le sang qui est donné  » librement et totalement, le Christ, notre Dieu. Le Seigneur ne veut pas la mort du pêcheur mais il donne à celui qui se repent la grâce de l'Esprit Saint. Il donne à l'âme la paix et la liberté de demeurer en Dieu par l'esprit ou par le cœur. Quand l'Esprit Saint nous pardonne nos péchés, l'âme reçoit la liberté de prier en Dieu et elle trouve le repos et la joie en lui. Voilà la vraie liberté. Sans la liberté de Dieu, il est impossible d'exister  : les ennemis secouent l'âme avec des pensées malveillantes. 5. La vraie liberté réside dans l'amour Comment réaliser ces paroles, comment acquérir la vraie liberté dans un monde athée, pluraliste, où dominent tendances nationalistes, violence, idéologie, intérêts, fragmentations sociales, inconstance de la classe dirigeante qui change d'opinion et d'avis contre toute cohérence et sagesse  ? La vraie liberté consiste à demeurer en Dieu. Comment demeurer en Dieu pour rester vraiment libres si nous ne sommes pas cohérents dans nos actes  ? Dans la langue grecque, le mot «  cohérence  » signifie la valeur que j'ai et que je possède, que je ne perds pas régulièrement en faisant marche arrière. Nous trouvons une réponse dans la voix inspirée par Dieu de Jean, le théologien et évangéliste  : «  Dieu est Amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui  » (1 Jn 4, 16-17). La liberté se trouve alors dans l'amour, dans notre soumission, dans notre service pour les autres. L'apôtre des Gentils, Paul, nous indique l'ethos de la liberté, dans la kénose totale de l'homme qui se vide de lui-même au profit de ses frères  : «  Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. (…) Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns  » (1 Cor 9, 19  ; 22). La croix de la liberté est la croix de l'amour. La seule liberté sans limite est l'amour sans limite. Les saints en témoignent de manière empirique. Nous sommes libres lorsque nous aimons. Sans l'amour, la liberté sans limite devient violence sans limite, oppression, dissolution, comme cela arrive malheureusement dans tant de situations – et même dans l'Église – lorsqu'entrent l'esprit du monde, l'immoralité, le vol, lorsque des puissants couvrent et tolèrent des situations totalitaires. Mais Dieu voit tout et il intervient au moment opportun par un jugement véritable, comme «  un juge juste ». L'exigence de la vraie liberté mène à l'amour total, à l'amour crucifié et sacrifié. La liberté sans la croix ne peut donc pas exister. «  Je prendrai une route qui monte, j'emprunterai des sentiers pour trouver les escaliers qui mènent à la liberté  », écrivait une jeune héro de quinze ans, combattant de la liberté, pour expliquer que la croix et le sacrifice sont les fondements de la liberté. Le chemin de la liberté chrétienne est le chemin de la croix et de l'ascèse qui demande un effort, une humilité profonde, le repentir, la victoire sur soi, la négation de tout intérêt personnel au profit de l'amour. La vraie liberté est unie à l'amour, elle se développe à l'intérieur de la liberté de l'amour. Le Christ est le témoin de la liberté et de l'amour, de l'amour libre entre Dieu et l'homme. La loi de la liberté sera aussi la mesure de notre jugement final, qui s'exprimera à travers la loi de l'amour. «  Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde  », dit le saint apôtre Jacques, le frère du Seigneur (Jc 2, 12-13). Dans la société actuelle des droits et des revendications, l'homme peine à comprendre la signification de la vraie liberté de l'amour  : en cherchant à dominer ses frères, de serviteur de la liberté il se transforme en serviteur de lui-même. Nous comprenons que nous sommes vraiment libres lorsque nous sommes crucifiés et non lorsque nous crucifions, lorsque nous sacrifions nos droits en faveur des droits des autres, lorsque nous offrons et partageons, et non lorsque nous revendiquons. La vraie liberté est dans le don, et non dans le fait de recevoir. (à suivre) Traduction de Zenit, Hélène Ginabat News de Catholique.org Le Tour du monde inachevé d'un cycliste diabétique http://news.catholique.org/46466-le-tour-du-monde-inacheve-d-un-cycliste 2013-05-17T23:17:05Z text/html fr Catholique.org Le cycliste italien Mauro Talini, diabétique insulinodépendant, qui courait en solitaire depuis le 1er janvier 2013 pour soutenir les projets de l'Association internationale "Padre Kolbe", a achevé son Tour du monde le 13 mai dernier au Mexique. Une fin tragique, quelques heures après avoir été renversé par un camion alors qu'il se trouvait non loin de la frontière avec les Etats-Unis. Le cycliste venait de parcourir l'Argentine, le Chili, le Pérou, l'Equateur et la Colombie, puis le Panama, le Costa Rica, l'Honduras le Salvador, le Guatemala et une partie du Mexique. AIPK Onlus, partenaires et supporters  de Mauro Talini se serrent autour de sa famille avec la promesse que tout ce qu'a fait le cycliste n'a pas été vain et se poursuivra. Ses messages ont laissé et laisseront une trace qui a été et restera porteuse d'un message de paix et d'espérance. Lors de son périple, comme dans ceux entrepris précédemment, le cycliste italien a été un exemple pour toutes les personnes qui l'ont rencontré ou soutenu de loin, leur transmettant un message qui sortait droit de son cœur  : Diabetes no limits e Povertà no limits. Soit 16142 kms de sourires et de joie transmises aux personnes qu'il a aidée sur son chemin  ; 16142 kms d'espoirs transmis du sud au nord, de l'est à l'ouest  ; 16142 de remerciements que ses supporters lui lance. Dans ses moments de fatigue, Mauro n'était jamais seul, il avait des compagnons de route  : le diabète, le vélo, Jésus et Marie : sa foi a toujours été un grand soutien pour lui. Le cycliste a réalisé son rêve… et sa course il l'a finie dans le cœur de Dieu... et il laisse un enseignement  : ne jamais s'arrêter de courir, comme lui  !.  La Famille de Mauro et la Présidente AIPK Onlus, Marta Graziani, en contact étroit avec l'ambassade italienne au Mexique, sont parties pour Caborca – Sonora, pour aller chercher sa dépouille et l'a ramenée en Italie où les obsèques auront lieu aussitôt après.  Traduction d'Océane Le Gall Association international Père Kolbe A.I.P.K. Onlus Viale Giovanni XIII, 19 - 40037 Borgonuovo di Sasso Marconi (BO) News de Catholique.org "Non" à une Eglise fermée ! http://news.catholique.org/46465-non-a-une-eglise-fermee 2013-05-17T23:17:03Z text/html fr Catholique.org Quelque 200.000 membres de mouvements ecclésiaux des cinq continents, étaient rassemblés ce soir, 18 mai 2013, pour la veillée de Pentecôte avec le pape François, place Saint-Pierre. L'occasion pour le pape d'offrir un long discours magistral, d'abondance du coeur, à la foule enthousiaste : au moment dachever il laissait ce bouquet aux participants : l'Eglise ne doit "rien avoir d'une Eglise fermée". Il souligne le caractère central de la personne : la crise actuelle c'est une crise de l'homme qui détruit l'homme, diagnostique le pape. Les mouvements ecclésiaux sont en effet en pèlerinage à Rome les 18 et 19 mai, dans le cadre de l'Année de la foi, sur le thème « Je crois ! Augmente en nous la foi  ». Abrités du soleil sous des ombrelles multicolores, les groupes ont commencé à converger pour un après-midi festif, animé par un chœur de 150 personnes de divers mouvements, dès 15h. Divers témoignages étaient organisés, parmi lesquels une Française de la Communauté de Sant'Egidio. Le pape François les a rejoints à 17h30, arrivant dans sa papamobile découverte pour un grand tour de la place, empruntant même la rue de la Conciliazione. Face à l'affluence, le pape ne s'est pas arrêté comme il le fait d'habitude pour bénir des enfants, mais il est resté malgré tout très complice de la foule, envoyant des baisers de sa main, bénissant les enfants à distance, s'exprimant par gestes expressifs, et rattrapant au vol des cadeaux qui lui étaient lancés, quand ce n'étaient pas des foulards qui lui tombaient sur les épaules. Mgr Salvatore Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, s'est adressé au pepa e au nom de tous au début de cette célébration de la Parole, exprimant «  l'affection  » de la foule et rendant hommage aux témoignages des participants, « des hommes et des femmes qui ont rencontré Christ et ont choisi d'être évangélisateurs dans le monde contemporain  », en «  redisant à l'homme d'aujourd'hui qu'on ne peut rien sans Jésus  ». Un moment de prière a suivi, avec l'intronisation de l'image de la Vierge « Salut du peuple romain (Salus Populi Romani) », vénérée à Sainte-Marie-Majeure, et devant laquelle le pape avait déposé des fleurs dès le lendemain de son élection, le 14 mars dernier. Une procession de jeunes de divers mouvements et associations, entourant l'icône géante, est partie de l'obélisque, au son de l'«  Ave maria  » de Lourdes. Le pape a descendu les marches du podium pour accueillir l'icône et s'est recueilli devant elle. Après le chant du «  Veni creator spiritus  » et les lectures de l'Office des lectures - saint Paul aux Romains, ch. et le psaume 103 - et du « Traité contre les hérésies  » de saint Irénée, deux témoignages ont été donnés  : l'Irlandais John Waters, et le Pakistanais Paul Bhatti. John Waters, écrivain et éditorialiste, a raconté sa conversion, faisant observer que l'homme d'aujourd'hui était dans la «  toute-puissance  » et qu'il se sentait donc «  terriblement seul  » car «  tout dépend de ses efforts  »  : «  sa solitude est le reflet de son refus d'être dépendant  ». Ayant perdu sa foi à l'adolescence, John Waters l'a redécouverte à l'âge adulte, grâce à de nouvelles amitiés  : le Christ est «  redevenu vrai dans [sa] vie  », et il a compris que «  l'homme n'est pas créé pour être seul, pour demeurer seul  » mais que «  le Christ ne cesse jamais d'être avec [lui]  ». Le chirurgien Paul Bhatti, frère du ministre assassiné Shahbaz Bhatti, Conseiller spécial pour l'harmonie nationale du Premier ministre du Pakistan, a «  partagé les douleurs et les espérances des chrétiens du Pakistan  », sous les applaudissements émus. «  Petite minorité très pauvre et marginalisée  », la seule richesse des chrétiens pakistanais est «  l'amour de l'Evangile  » et «  l'unité avec l'Eglise  », a-t-il souligné, professant leur désir de paix  : «  nous voulons êtes de hommes de paix, en dialogue avec nos frères musulmans  ». Paul Bhatti a évoqué la vie de son frère Shahbaz, assassiné en 2011 : « sa grande foi a dépassé les montagnes de la division, tellement hautes dans mon pays  ; ses paroles et ses gestes ont donné courage aux chrétiens Pakistanais  ». A l'exemple de Shahbaz, «  nous ferons en sorte que difficultés n'enlèvent pas notre espérance, nous continuerons à témoigner l'Evangile de la douceur, de l'amour pour les ennemis… nous voulons vivre, et si nécessaire, mourir, comme Shahbaz  », a-t-il conclu en demandant au pape et à tous les participants «  leur prière et leur soutien  » afin d'être «  libérés de la peur  ». Après son discours, Paul Bhatti a échangé une embrassade émue avec le pape. Le pape François a voulu répondre spontanément à quatre questions adressées par des représentants des réalités présentes. Voici quelques extraits de son discours, qui a duré une quarantaine de minutes, et a été applaudi et ovationné de nombreuses fois. Quelle route pouvez-vous nous indiquer pour vaincre la fragilité de la foi  ? Le pape a confié avoir reçu «  la première annonce de la foi  » dans sa famille, spécialement à travers sa grand-mère paternelle, qu'il cite parfois durant ses homélies  : «  On ne trouve pas la foi dans l'abstrait, Dieu met à côté de nous des personnes qui nous aident  », a-t-il fait remarquer. Il a aussi évoqué «  un jour très important  » de sa vie, le 21 septembre 1953  : il avait alors 17 ans, et il se rendait à la «  journée des étudiants  ». Passant devant sa paroisse, et voyant un prêtre qu'il ne connaissait pas, il ressentit «  la nécessité de se confesser  ». Il fit dans le sacrement une «  expérience de rencontre  » avec «  quelqu'un qui l'attendait  »  : «  après la confession, je n'étais plus le même, je sentais un appel et j'étais convaincu que je devais être prêtre  », a-t-il raconté sous les applaudissements. Pour le pape «  la foi grandit dans les rencontres avec le Seigneur  »  : et s'il est «  important d'étudier dans les livres  » cela «  ne suffit pas  » car c'est «  le Christ qui donne la foi  ». L'ennemi le plus terrible de la foi, a-t-il ajouté, «  c'est la peur  »  : «  n'ayez pas peur, le Seigneur est plus fort… avec le Seigneur nous sommes en sécurité  », a-t-il poursuivi, encourageant à demeurer avec Lui à travers «  l'eucharistie, la bible  » et le chapelet  : «  prier le chapelet tous les jours donne une grande force », a affirmé le pape. Comment communiquer de façon efficace la foi d'aujourd'hui  ? Dans l'évangélisation, «  la chose la plus importante  » est «  Jésus  ». Si le chrétien se contente de «  l'organisation  », il «  n'avance pas  »  : «  Jésus, c'est le plus important  », a-t-il insisté en adressant un  «  reproche fraternel  » à la foule  : «  vous avez crié «  François  !  »… mais Jésus où était-il  ? C'est «  Jésus  » qu'il faut crier… Il est au milieu de nous  ! Dorénavant plus de «  François  », mais «  Jésus  »  ». Le pape a donné un deuxième fondement pour évangéliser  : «  la prière  », qui consiste à «  regarder le visage de Dieu  » et à «  se sentir regardé par Dieu  »  : «  nul besoin de parler dans la prière, laissez-vous regarder, car son regard donne la force  » de témoigner. Pour témoigner, le pape a invité avant tout à «  se laisser guider  » par Dieu, au lieu de «  faire des calculs  » et «  élaborer des stratégies autour d'une table  ». Enfin, a-t-il rappelé, «  la communication de la foi ne peut se faire qu'à travers le témoignage  », et «  non pas avec les idées  »  : il ne s'agit pas de «  parler beaucoup  » mais de «  parler avec toute sa vie  ». Comment vivre une Eglise «  pauvre pour les pauvres  »  ? La première chose est de «  vivre l'Evangile  », c'est la «  première contribution  » de l'Eglise qui n'est pas «  un mouvement politique ni une ONG  », a rappelé le pape, mettant en garde contre le danger de « l'efficacité  ». Dans la crise actuelle qui «  n'est pas seulement une crise économique  » mais une crise «  qui détruit l'homme, image de Dieu  », le pape a encouragé à «  ne pas se renfermer  », ni «  se retrouver entre amis, entre personnes qui pensent pareil  ». Au contraire, l'Eglise doit «  sortir ». Pour donner le contre-pied à la «  culture du conflit  », où «  l'on jette tout ce qui ne sert pas… enfants… personnes âgées... » - la culture de la "mise à l'écart" -, le pape a invité à « faire de la culture chrétienne une culture de la rencontre  », à rencontrer «  même ceux qui ne pensent pas comme nous », sans toutefois «  négocier son appartenance  » ni se laisser entraîner dans une «  «  mondanité spirituelle  ».  «  Quand je vais confesser  », a commencé le pape, se reprenant en souriant «  non, pas ici, je ne peux pas sortir, c'est compliqué … lorsque j'allais confesser, je posais souvent ces trois questions  : vous faites l'aumône  ? Quand vous faites l'aumône, est-ce que vous regardez celui à qui vous donnez dans les yeux ? Est-ce que vous jetez la pièce de monnaie ou est-ce que vous touchez la main de celui à qui vous donnez ?  » : car c'est "la chair du Christ !". Et «  une Eglise pauvre commence par aller vers la chair du Christ  ». Comment aider nos frères martyrs  ? Ceux qui risquent leur vie pour aller à la messe  ? «  Le martyre n'est jamais un échec  », c'est «  le niveau le plus élevé du témoignage  », a rappelé le pape, exhortant à «  s'unir » et à prier «  tous les jours  » pour les chrétiens persécutés. Il a invité à un examen de conscience en avertissant : "je ne vais pas vous demander, là, de lever la main - : "est-ce que vous priez tous les jours pour nos frères persécutés ? Tous les jours !" Ils sont «  l'Eglise de la patience  », entrée "en patience". Lançant un appel à «  promouvoir la liberté religieuse pour tous  », le pape a également estimé qu'«  un chrétien doit toujours pouvoir répondre au mal par le bien, même si c'est difficile  ».  «  N'oubliez pas  »  : l'Eglise ne doit «  rien avoir d'une Eglise fermée  » mais doit être «  une Eglise qui va aux périphéries de l'existence  », « dehors  », et «  en avant  », a-t-il conclu. Après le renouvellement de la profession de foi des participants, le temps de prière s'est conclu par l'hymne du Regina Cœli. Demain, dimanche 19 mai, le pape présidera la messe de Pentecôte à 10h30, suivie de la prière du Regina Coeli, place Saint-Pierre. News de Catholique.org France : "Le débat doit se poursuivre" http://news.catholique.org/46444-titre 2013-05-17T09:17:03Z text/html fr Catholique.org Après la loi sur le mariage et l'adoption, le site de l'Eglise catholique en France publie ce message aux catholiques  de l'évêque du Havre, Mge Jean-Luc Brunin, président du Conseil Famille et Société (http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/message-aux-catholiques-apres-la-loi-sur-le-mariage-et-l-adoption-16483.html) : "le débat doit se poursuivre". Ce message adressé aux communautés catholiques du diocèse du Havre est le fruit d'une relecture pastorale des moments de forte intensité vécus autour de la réforme du code civil sur le mariage et l'adoption. Elle me paraît nécessaire au vu des divergences qui se sont fait jour au sein de notre communauté diocésaine. Là où cela sera possible et souhaitable, il sera bon d'engager le dialogue autour de ces quelques réflexions que je vous livre. La démarche de dialogue entre nous permettra de nous mettre à l'écoute de l'Esprit du Christ qui nous pousse à témoigner de notre foi au Christ parmi nos contemporains.  Depuis plusieurs mois, beaucoup d'entre vous êtes mobilisés pour exprimer votre opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe. Je tiens à vous féliciter et vous remercier pour cet engagement au nom du sens de l'homme, de la famille et de votre foi au Christ. Vous avez cherché à engager un débat sur ces questions, bien au-delà de la seule communauté catholique. La présence de plusieurs dizaines de jeunes de la communauté musulmane du Havre qui vous ont accompagnés à Paris, témoigne que vous avez réussi à sensibiliser largement sur les enjeux de ce qui est devenu une loi de la République le mardi 23 avril dernier.  La défense du mariage, de la famille et de l'intérêt supérieur des enfants s'inspirait de l'enseignement social de l'Eglise. L'expression de votre refus a toujours eu le souci de respecter les personnes homosexuelles. La mobilisation s'est maintenue durant plusieurs mois de façon déterminée, dans le calme et la responsabilité. Il faut ici saluer l'exemple des « veilleurs », ces jeunes qui ont cherché à enrayer les dérives violentes lors des manifestations. Ils ont donné un bel exemple d'un engagement enraciné dans une vie spirituelle.  J'ai entendu aussi l'expression de votre déception de n'avoir pas été pris en compte. Même si la loi est validée par le Conseil Constitutionnel, le débat doit se poursuivre. Il faut pouvoir analyser ce qui s'est produit, mettre à jour les malentendus et prolonger une réflexion citoyenne sur les conditions minimales qui permettent d'assurer la cohésion sociale et de construire un vivre ensemble harmonieux et respectueux de tous.  Comme évêque, j'ai été sensible aux clivages que ces débats ont créés dans la société et même dans la communauté catholique. Par-delà l'aspect politique de la question, les divergences d'analyse et la pluralité légitime des opinions au sein de la communauté chrétienne, je vous appelle à vous retrouver sur le témoignage qu'il nous faut rendre ensemble à l'Evangile. Il invite en permanence à prendre le parti du plus petit et du plus vulnérable. Le respect de la dignité de l'homme créé à l'image de Dieu, ne se divise pas. Qu'il s'agisse de l'enfant à naître, de l'intérêt supérieur de l'enfant et de son droit à vivre en famille, de l'accueil et du respect des migrants, de la solidarité avec les demandeurs d'emploi, de l'attention aux personnes malades ou handicapées, de l'accompagnement de la personne en fin de vie ... En toutes ces situations, il nous faut porter ensemble témoignage à l'Evangile de la Vie. C'est l'apport singulier et irremplaçable des disciples du Christ à l'édification d'une société humaine, solidaire et fraternelle.  Continuons à nous mobiliser ensemble pour promouvoir une « écologie humaine » qui s'attache partout à créer les conditions d'épanouissement et de respect de tout l'homme et de tous les hommes. Nous voici donc requis à adopter une nouvelle posture croyante au sein de notre société, comme le cardinal André Vingt-Trois l'indiquait dans son discours d'ouverture, lors de la dernière Assemblée des évêques de France : « Ainsi, se confirme peu à peu que la conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n'est plus reconnue chez nous comme un bien commun culturel ni comme une référence éthique... C'est un profond changement d'abord pour les chrétiens eux-mêmes... Nous ne devons plus attendre des lois civiles qu'elles défendent notre vision de l'homme. Nous devons trouver en nous-mêmes, en notre foi au Christ, les motivations profondes de nos comportements. La suite du Christ ne s'accommode plus d'un vague conformisme social. Elle relève d'un choix délibéré qui nous marque dans notre différence. » Pour assumer pleinement notre vocation chrétienne au sein de la société actuelle, des exigences se font jour avec plus de précision. Nous devons nous aider à rendre témoignage d'une vie authentiquement chrétienne et travailler à donner le goût d'une vie radicalement déterminée par l'Evangile. Ne nous bloquons pas sur une attitude refus, car tout n'est pas que politique. Il nous faut encore, par notre témoignage de vie, promouvoir une anthropologie et une éthique éclairées par l'Evangile.  1) Se nourrir de la Parole et prier Dans notre manière de vivre en chrétien, nous ne pouvons nous satisfaire de l'à peu près. Il nous faut devenir des familiers de la Parole pour nous en nourrir et la mettre en contact avec notre vie pour qu'elle la transforme. La prière doit aussi rester au cœur de notre engagement. Nous ne défendons pas une idéologie, mais nous appartenons au Christ. Notre vie doit refléter ce qu'il est venu révéler de la vérité de notre humanité sauvée. Sans la prière pour le nourrir, notre investissement personnel risque de se laisser dévoyer vers une campagne où le calcul, la ruse ou le rapport de forces risqueront de prendre le dessus.  2) « Devenir une « communauté du oui » au sein d'une société démocratique.  L'exercice de la démocratie suppose d'admettre dès le départ que les divergences d'opinion sont légitimes. Sur cette base, les citoyens et leurs organisations peuvent exprimer librement leur point de vue, dans le respect des autres. Chacun mérite ainsi d'être écouté et respecté dans ses convictions profondes. Le débat doit normalement permettre d'améliorer un projet de façon à recueillir l'adhésion du plus grand nombre. Le mépris, la violence verbale ou physique n'ont pas leur place dans le jeu démocratique. Ils sont, pour les chrétiens, antagoniques avec la liberté religieuse dont ils se réclament.  Dans son homélie du 2 mai dernier, le pape François évoquait l'Eglise comme la « communauté du oui » au sein de la société actuelle : « Demandons au Seigneur que l'Esprit-Saint nous assiste toujours pour devenir une communauté d'amour, une communauté du "oui" qui porte à suivre les commandements, une communauté qui ait toujours la ''porte ouverte''... Et qu'Il nous défende de la tentation de devenir parfois puritains, dans le sens étymologique du terme, de chercher une pureté para-évangélique, une communauté du "non" ». 3) Défendre une juste position à propos de l'égalité L'idéologie égalitariste ne permet pas de gérer positivement la reconnaissance des différences. Elle rend impossible une approche respectueuse de la singularité. Pourtant, chaque être humain est unique. Le reconnaître n'est aucunement porter atteinte au droit à l'égalité qui impose de reconnaître et de promouvoir chacun dans la vérité de son humanité. Vivre en société, c'est toujours faire vivre ensemble des personnes uniques et singulières qui se construisent dans une reconnaissance mutuelle et une interdépendance pour naître à la conscience d'une communauté de destin. Ce qui se prépare au sujet de l'adoption et de la filiation barre la route à une appropriation de la singularité de chaque enfant. On lui mentira, ou bien on brouillera la lisibilité de ses origines. L'enfant ne sera plus accueilli dans une lignée généalogique comme un don, mais on le fabriquera comme un dû !  4) Respecter les personnes homosexuelles La demande de reconnaissance exprimée par une partie des personnes homosexuelles a trouvé une réponse dans l'ouverture indistincte du « mariage pour tous ». Certaines d'entre elles se plaignent cependant de n'avoir pas été vraiment écoutées et respectées dans la réponse apportée. Leur différence et leur singularité se sont trouvées niées, on les a fait entrer dans un dispositif commun et uniforme qui entravera à terme leur épanouissement dans la vérité de leur humanité. Nous ne pouvons sous-estimer les frustrations et les violences qui naissent chaque fois que les différences sont occultées. On attend du législateur qu'il crée les conditions qui garantissent à la fois le respect de la singularité des individus et les chances pour chacun d'une insertion harmonieuse dans une communauté humaine plus large, qu'elle soit familiale, nationale ou universelle. L'inscription citoyenne et les efforts pour créer du lien social s'accommodent mal de normalisations indistinctes et de formatages égalitaristes qui sont souvent à l'origine de dérives sociétales totalitaires.  L'Eglise appelle les personnes homosexuelles comme les personnes hétérosexuelles, à vivre leur relation dans la chasteté. Il nous faut découvrir la valeur de cette attitude qui doit marquer toutes nos relations pour qu'elles soient vraiment humaines. La chasteté concerne davantage que la dimension sexuelle de la personne, elle est respect de l'autre que je ne peux jamais posséder comme un objet. Au cœur de toute relation, toujours menacée de devenir possessive, elle offre une dimension de gratuité et de respect. Les relations chastes peuvent être source de fécondité sociale. Les personnes célibataires, les personnes vivant dans le célibat consacré peuvent aussi faire l'expérience d'une fécondité d'un autre ordre que l'engendrement. Il est important pour les chrétiens, de témoigner positivement de cette attitude dans le climat ambiant d'érotisation et de libertarisme qui affecte notre société. 5) Témoigner de la valeur du mariage qui ouvre au don de la vie Les chrétiens sont appelés à redoubler d'efforts pour témoigner de la valeur du mariage, union durable et libre entre un homme et une femme, ouverte sur la vie et offrant aux enfants un cadre éducatif stable et épanouissant. La dimension sacramentelle du mariage inclut le témoignage du bonheur de vivre en couple dans la fidélité et la joie de faire vivre une famille, cellule de base de la société et de l'Eglise. Tenir dans la fidélité entre époux et 'faire famille' n'est pas sans difficultés. Habitée par la Miséricorde de Dieu, tout en continuant à témoigner de la valeur des exigences de la fidélité et de l'indissolubilité du mariage, notre Eglise doit pouvoir accompagner les familles en difficulté ou en échec sur un chemin de croissance et d'épanouissement. En ce sens, j'encourage les efforts de tous les groupes et mouvements engagés au sein de la pastorale familiale du diocèse.  6) Se préoccuper de l'éducation affective des jeunes Dans une société fortement érotisée, il y a urgence à travailler à l'éducation relationnelle, affective et sexuelle des jeunes générations. Nous connaissons trop de blessés de l'amour qui se remettent difficilement d'expériences éphémères et destructrices, qui les ont rendus désabusés et parfois même désespérés. J'invite les mouvements de jeunes, les aumôneries et l'enseignement catholique à s'investir pour la formation des jeunes en ce domaine. C'est essentiel pour qu'ils puissent vivre ces dimensions de leur personnalité de façon authentiquement humaines.  Que l'Esprit nous aide à discerner et à ouvrir les chemins du témoignage de notre foi et du service de l'Evangile au cœur de tous les débats de notre société.  Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre  Président du Conseil Famille et Société News de Catholique.org Le "Printemps français", analyse de Gérard Leclerc (2/2) http://news.catholique.org/46443-le-printemps-francais-analyse-de-gerard 2013-05-17T09:17:01Z text/html fr Catholique.org Les Veilleurs sont-ils les héritiers des espoirs déçus de Mai 68 ? Gérard Leclerc analyse le "Printemps français" avec le recul de son analyse, qui paraîtra intégralement dans France Catholique (n° 3354 du 24 mai 2013, cf. http://www.france-catholique.fr). Voici le second volet. Zenit - Pensez-vous sérieusement que la génération des veilleurs est l'héritière la plus authentique de l'espoir déçu de 68  ? Gérard Leclerc - Je le pense très sérieusement, du moins au sens précis de Clavel. Si ces jeunes gens se sont dressés contre le mariage pour tous, ce n'est pas seulement pour refuser la loi Taubira. Leur refus se dessine à partir d'une option fondamentale de civilisation, celle que Clavel avait bien mise en évidence. Je reprends sa formule  : «  La culture c'est une option sur l'absolu.  » Cela veut dire que ce qui inspire un art de vivre, une façon de vivre ensemble, de construire un monde commun, de concevoir l'économie, se réfère à un sens qui donne tout son prix à notre humanité. D'où la volonté des veilleurs de respirer, de méditer, d'ouvrir à un autre horizon. Cela s'est fait dans le cadre des grandes manifestations, et surtout à la suite de celle du 24 mars, où l'affrontement avec les forces de l'ordre a paru un moment faire dévier le mouvement. Allait-on s'amuser à jouer à cache-cache avec les flics dans tout Paris  ? N'y avait-il pas mieux à faire, en s'arrêtant, en se posant, pour réfléchir et voir plus loin  ? Nous retrouvons là l'horizon historico-transcendantal dont nous parlions et qui nous ramène à 68, à ce que 68 a raté magistralement, mais qu'une minorité inattendue est en train de redécouvrir. Vous parlez de minorité. N'est-ce pas la faiblesse principale de ce mouvement, qui malgré tout reste en décalage par rapport à sa propre génération complètement imprégnée par la culture dominante  ? Oui, c'est vrai, indiscutable. Je rappelle toutefois que c'était déjà le cas en 68, où la danse était menée par des groupuscules peut-être encore plus minoritaires qu'aujourd'hui. Par ailleurs il faut apprécier les qualités de ladite minorité. J'en ai déjà parlé dans un entretien précédent. Elle n'a pas son équivalent en fait de conviction par rapport au relativisme généralisé de l'époque, si ce n'est au nihilisme plus ou moins diffus ici et là. En quoi s'est-elle d'abord distingué, sinon par le courage d'être et de dire  ? C'est la première fois qu'on ose dire sans peur, sans complexe, qu'on est en désaccord avec la culture imposée, l'esthétique des médias, la bien-pensance ordinaire. Jusqu'ici toute velléité d'affirmation d'une différence se trouvait écrasée, sous le joug fatal de l'incrimination de ringardise. Eh bien, ça ne marche plus  ! Et c'est considérable. Désormais, il y a une force de refus et d'affirmation en même temps, que plus rien n'impressionnera. Cela fait contraste avec toute une période, où, notamment dans l'Église, on avait peur de son ombre, et où il fallait être le plus discret possible. C'est une des raisons essentielle pour lesquelles je crois que tout cela va franchir l'obstacle du prochain été. Comment tout ce qui s'est affirmé depuis plusieurs mois dans une épreuve de force politique peut-il se prolonger, au-delà de la bataille sur la loi Taubira  ? La difficulté est certaine, mais la façon dont elle sera négociée sera significative de la valeur de l'engagement des derniers mois. L'été sera sans doute propice à une réflexion générale, sans doute dans le cadre d'universités organisées par les uns et les autres. Il me semble, quant à moi, que cette réflexion se doit de distinguer les domaines, ou, si l'on veut, les ordres pascaliens. Je commence par le dernier, celui de la charité qui renvoie au domaine propre de l'Église, éventuellement à d'autres appartenances spirituelles. Guillaume Tabard, dans une chronique du Figaro, a finement remarqué que la tonalité de la résistance était donnée par la génération JMJ. Or, cette génération s'est forgée tout au long des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, dans le sens d'un recentrement autour des fondamentaux du christianisme  : la méditation de la parole, la sanctification par les sacrements, le service des autres à travers toutes les médiations de l'engagement. Toute la solidité des 50 000 jeunes Français qui étaient présents aux JMJ de Madrid, repose sur ce socle. Sa pérennité est liée à une fécondité et à un dynamisme missionnaire qui trouvent leurs lieux privilégiés dans les réseaux des paroisses, des aumôneries et des mouvements. Je suis intimement persuadé que l'enjeu de la bataille du mariage et des autres réformes sociétales à venir constitue un stimulant puissant à une revivification générale du tissu ecclésial. C'est un premier point. Le second concerne l'ordre des médiations sociales elles-mêmes, qui sont liées au politique mais le nourrissent en le précédant. La Manif pour tous est la plus massive de ces structures qui organisent les tâches. Elle s'est formée à partir d'un objectif précis, elle a fait preuve d'une réactivité et d'une inventivité étonnantes. Elle sera sans doute amenée à se perpétuer, ne serait-ce qu'en se référant à de nouveaux objectifs, ceux que l'actualité imposera. Je pense à la loi annoncée sur la famille, si toutefois le gouvernement ne l'ajourne pas par la plus élémentaire prudence. Il y a aussi la loi sur la fin de vie, et tout ce qui concerne les questions bioéthiques. Après le vote de la loi Taubira, dans quelle mesure faudra-t-il étudier les procédures de l'objection de conscience, ne serait-ce que pour venir en aide aux officiers municipaux qui ne voudront pas procéder à des mariages homosexuels  ? Mais il y a aussi tous les mouvements ou associations qui existent déjà et qui continueront à alimenter la réflexion commune sur chacun des sujets en débat. Il est certain que l'Alliance VITA, pas la justesse de son positionnement et la qualité intellectuelle de ses cadres, continuera à jouer un rôle tout à fait essentiel dans cette affaire. Je suis également persuadé qu'il y aura lieu de multiplier les think tanks où philosophes, théologiens, juristes, scientifiques seraient en mesure d'approfondir les questions en suspens. Que l'on prenne celle de l'homosexualité par exemple  : je suis frappé par l'intérêt de tout ce qu'a apporté sur ce sujet un Philippe Ariño. On a bien eu raison de distinguer le combat pour le mariage des problèmes posés par l'homosexualité, et je pense extrêmement dangereuse toute tentative d'en faire un objectif de combat. Mais cela n'empêche pas que l'on réfléchisse à frais nouveaux sur cette condition particulière que la culture contemporaine a tenté de masquer voire de travestir par toute une propagande. La sociologue Irène Théry s'est beaucoup répandue sur les divers médias pour imposer une justification des mutations de la famille. On ne lui a pas assez répondu, alors qu'elle est l'interprète de cette révolution sociétale que le pouvoir cautionne. Il ne suffit pas de brandir les principes d'une morale dite naturelle pour répondre à toutes les difficultés inhérentes à l'éclatement de la famille. Je m'arrête là, en ayant bien conscience qu'il faudra aller beaucoup plus loin dans les recherches et les propositions. Troisième et dernier point, le combat politique. Il y aurait lieu d'analyser sérieusement comment les choses se sont déroulées et enchaînées depuis septembre 2012. La Manif pour tous a forcément travaillé avec la représentation parlementaire, celle qui dans l'opposition affrontait directement le gouvernement. Il me semble qu'il y a toujours eu distinction des rôles au travers d'une coopération très intense. On peut dire aussi que c'est la mobilisation entraînée et sans cesse dynamisée par la Manif pour tous, qui a produit une sorte de métamorphose à l'intérieur de l'UMP. Hervé Mariton, Jean-Frédéric Poisson, Philippe Gosselin, Henri Guaino et Christian Jacob (je ne puis les nommer tous) n'ont pu déployer leur talent au Palais Bourbon que parce qu'ils avaient derrière eux tout cet élan populaire et parce que l'UMP se trouvait ainsi provoquée à la résistance. Ce n'était pas gagné d'avance, parce que des personnages aussi importants que Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, voire Alain Juppé, étaient sur une extrême réserve, craignant de s'associer à un combat à leurs yeux retardataire. Il faut ajouter qu'on a découvert que le Front national n'était pas très mobilisé sur le sujet. L'absence de Marine le Pen à tous les rassemblements a bien montré qu'elle ne situait pas l'axe de son combat de ce côté-là. En revanche, il faut reconnaître au journal Le Monde d'avoir mis en évidence une donnée tout à fait originale, liée à cette mobilisation étonnante et sans précédents. Il y a désormais un phénomène de génération qui atteint les jeunes militants et militantes et qui transcende les partis. La mobilisation a créé une sorte d'âme commune qui aura beaucoup de conséquences pour l'avenir. Lorsqu'on écoute la jeune Marion Maréchal-Le Pen, il est patent qu'elle appartient d'abord à sa génération dont elle parle le langage, sans avoir peur de dire au passage qu'elle est inspirée par sa foi. Tout cela pour dire que le champ politique s'est ouvert et qu'il laisse la possibilité à de nouvelles initiatives dont il faudra inventer au fur et à mesure les formes. J'en conclus très provisoirement que rien ne va s'arrêter et que, bien au contraire, une nouvelle étape s'annonce, aussi passionnante que celle que nous venons de vivre. Propos recueillis par Anita Bourdin News de Catholique.org Bartholomaios Ier et le cardinal Scola face aux sociétés plurielles http://news.catholique.org/46455-bartholomaios-ier-et-le-cardinal-scola-face 2013-05-17T08:17:05Z text/html fr Catholique.org «  Essayons de ne pas avoir peur de résister au courant de mondialisation destructeur et au matérialisme ambiant qui imprègne nos vies  : vivons selon les commandements de l'Evangile en nous comportant avec sagesse  », a déclaré le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomaios I, dans son homélie au cours d'une cérémonie œcuménique avec l'archevêque de Milan, le cardinal Angelo Scola.  Le patriarche œcuménique de Constantinople, était à Milan, la capitale économique italienne, les 15 et 16 mai, pour les 1700 ans de l'édit de Milan, par lequel l'empereur Constantin (306-337) reconnut la liberté de culte à la religion chrétienne.  Le patriarche Bartholomaios et le cardinal Scola ont été accueilli aux portes de la basilique par l'archevêque émérite de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, le curé de Saint-Ambroise, Mgr Erminio de Scalzi et les membres du chapitre de la basilique et du conseil épiscopal de Milan Durant la cérémonie, célébrée en la basilique Saint-Ambroise, le patriarche et le cardinal ont centré leurs homélies sur la nécessité d'une union entre les différentes églises chrétiennes.  «  La réalisation  de cette union des hommes entre eux et avec Dieu  » est «  le but de l'existence de l'Eglise  », a précisé Bartholomaios I, et «  celle est si nécessaire que ce désir est devenu une requête  pour tous les hommes, depuis l'Antiquité. Une requête dont le sens profond constitue le cœur de la foi révélée en Jésus-Christ. Et dans l'Eglise  : divisée mais en marche vers l'unité, selon le commandement du Seigneur  ». Le cardinal Scola, a déclaré de son côté  : «  Nous avons de plus en plus conscience chaque jour de la blessure que représente cette unité manquée entre les chrétiens. Celle-ci dit notre fragile accueil du don de la Trinité qui nous précède. Notre prière ne peut donc qu'être une supplique ardente afin que l'Esprit porte à son accomplissement total le projet du Père qui s'est réalisé en Jésus-Christ. Nous sommes tous au service de ce projet. ». Au terme de la célébration, le cardinal Scola a annoncé le pèlerinage d'une délégation de l'archidiocèse de Milan au Phanar, siège du patriarcat de Constantinople (Istanbul), du 31 janvier au 2 février, à l'invitation du patriarche Bartholomaios. «  Nous voulons rendre cette visite à Milan du patriarche Bartholomaios et approfondir l'unité et la communion de pensée entre nos deux Eglises  », a dit le cardinal Scola, «  nous voulons montrer par ce geste la richesse que nos Eglises représentent dans la construction du bien commun, surtout dans une société plurielle comme la nôtre, car la recherche d'unité repose sur le témoignage réciproque et nous oblige à surmonter toute tentation d'hégémonie  ». Car «  c'est de cela qu'ont besoin les sociétés plurielles  : de fraternité et d'amitié civique, pas d'hégémonie.  », a-t-il jouté. Puis le cardinal Scola et le patriarche de Constantinople sont descendus dans la crypte pour un hommage aux dépouilles de saint Ambroise et des saints Gervais et Protase, très vénérés par le monde orthodoxe. Le cardinal Scola a offert au patriarche orthodoxe un exemplaire du nouvel évangéliaire ambrosien et une capsella renfermant les reliques des saints Ambroise, Denis, Simplicien, Sénateur, Gervais, Protais, Nazaire et Celsius. Traduction d'Océane Le Gall News de Catholique.org ONU : des actions concrètes pour arrêter le trafic d'êtres humains http://news.catholique.org/46454-onu-des-actions-concretes-pour-arreter-le 2013-05-17T08:17:03Z text/html fr Catholique.org Pour le Saint-Siège, les politiques de lutte contre le trafic d'êtres humains doivent s'accompagner d'«  actions concrètes sur le terrain  » et d'«  instruments juridiques efficaces  ». Il s'agit par exemple de combattre «  les modes de vie et les modèles de comportement  » qui entrainent la «  marchandisation de la vie humaine  », mais aussi «  d'éradiquer la pauvreté  ». Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies de New-York, est intervenu dans le cadre de l'Assemblée générale sur le «  Plan d'action mondial de lutte contre la traite des personnes  », les 13 et 14 mai 2013. Pour des actions concrètes Le Saint-Siège a appelé à «  condamner d'une seule voix la pratique odieuse et immorale de la traite des êtres humains  », « une des activités criminelles les plus dynamiques dans le monde d'aujourd'hui  », faisant observer que le «  Plan d'action mondial  » devait être soutenu par des «  actions concrètes sur le terrain  » et des «  instruments juridiques efficaces  ». Il s'agit d'une part de «  garantir que les victimes soient libérées de cette forme répugnante d'esclavage contemporain  », et que leur soit donnée «  l'assistance nécessaire pour reconstruire leur vie  ». Si la migration aujourd'hui est une chance pour «  favoriser une meilleure compréhension entre les peuples  » et pour «  améliorer le bien-être social et économique des migrants et de leurs familles  », cependant «  pour un trop grand nombre, la réalité de la migration n'est plus une question de libre choix, mais est devenu une nécessité  », a déploré le Saint-Siège, pour qui «  ce sentiment de désespoir  » est le terreau des trafiquants d'êtres humains. Marchandisation de la vie humaine En plus des «  protections politiques, sociales et juridiques  », Mgr Chullikatt a invité à travailler sur «  les facteurs sociaux  » qui facilitent la traite d'êtres humains. Il a diagnostiqué l'un des facteurs sociaux dans «  la marchandisation croissante de la vie humaine  », qui a généré « une véritable industrie de l'exploitation sexuelle  ». Par exemple, pour lutter contre « la traite des femmes et des filles  » forcées à «  la vente de leur corps  » (58% des cas de trafic d'êtres humains), le Saint-Siège a appelé à «  contester les modes de vie et les modèles de comportement  » qui abîment «  l'image des femmes  ». En effet, «  l'augmentation de la demande nourrit le marché de cet esclavage et tolère ses immenses coûts humains  »  : «  la prostitution et les consommateurs de soi-disant « services sexuels » contribuent non seulement à la traite des femmes et des filles, mais aussi au manque de respect de leur dignité humaine  », a souligné l'archevêque. La marchandisation des êtres humains se constate aussi dans les «  tendances consuméristes  » qui demandent «  toujours moins cher  », «  sans égard pour les droits des travailleurs  ». Pour lutter contre le travail forcé, le Saint-Siège a rappelé que l'économie mondialisée «  nécessite une réglementation adéquate pour s'assurer que la valeur qualitative du travail humain  » prime sur le «  produit quantifiable  ». Eradication de la pauvreté «  C'est souvent la misère qui pousse ceux qui désirent un avenir meilleur dans les mains de ceux qui s'attaquent à la vulnérabilité des pauvres et des sans défense  », a fait observer également Mgr Chullikatt. C'est pourquoi les efforts pour lutter contre la traite des êtres humains doivent être «  intrinsèquement liés  » à «  l'éradication de la pauvreté  », quelle qu'elle soit  : en effet, «  la pauvreté économique ouvre la porte à l'exclusion  ». Mais c'est «  la pauvreté morale et spirituelle  » qui pousse les exploitants à voir ceux qui sont dans le besoin non «  comme des frères et sœurs  » mais «  comme un moyen pour atteindre une fin  », «  empoisonnant  » ainsi la solidarité humaine. L'archevêque a rendu hommage aux personnes qui, au sein de l'Eglise catholique affrontent «  une situation dangereuse au quotidien  » afin de fournir «  des soins et du soutien  » aux victimes de traite  : «  beaucoup de ces personnes ont payé un lourd tribut pour fournir une assistance aux victimes ou dénoncer les agresseurs  ». «  Que les hommes et les femmes qui sont la proie de ce trafic sachent que nous sommes solidaires avec eux et que nous cesserons pas nos efforts  », a-t-il conclu. News de Catholique.org « Pécheur, oui, corrompu, non ! » http://news.catholique.org/46453-pecheur-oui-corrompu-non 2013-05-17T08:17:02Z text/html fr Catholique.org Pour le pape, « le problème n'est pas d'être pécheur », mais de « ne pas regretter le péché, de ne pas avoir honte de ce que l'on a fait » : « Pécheur, oui, corrompu, non ! ». Le pape François a médité sur les rencontres entre Jésus et l'apôtre Pierre, lors de la messe qu'il a célébrée ce 17 mai 2013, à la Maison Sainte-Marthe, en présence d'employés des musées du Vatican et des services de sécurité des lieux de travail au Vatican. L'Osservatore Romano rapporte des extraits de son homélie. Des rencontres pour «  modeler dans l'amour  » Le pape a d'abord rappelé les diverses rencontres décrites dans l'Evangile, à commencer par le premier dialogue entre Jésus et Pierre, ce dernier étant présenté par son frère André  : « Simon, dorénavant je t'appellerai Pierre », lui dit le Christ. «  C'était le début d'une mission  », a fait observer le pape  : même si « Pierre n'avait rien compris, une mission lui était donnée ». Puis le pape s'est arrêté sur la rencontre de la pêche miraculeuse, lorsque Pierre dit au Christ  : «  Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur !  »  ; ou encore sur le dialogue qui survient après que de nombreuses personnes se soient détournées du Christ, ne comprenant pas son discours sur le pain de vie  : «  Vous aussi vous allez partir ?  » Et Pierre répond  : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Le pape a également évoqué le «  reniement de Pierre  » et ses «  larmes  », croisant le «  si beau  » regard de Jésus. Et la rencontre après la résurrection, lorsque Jésus « lui demande par trois fois : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? » et qu'à chaque question, Pierre «  se souvient qu'il l'a renié et il a honte. La honte de Pierre ». Durant toute «  l'histoire de ces rencontres », « Jésus modèle l'âme de l'apôtre dans l'amour  », a-t-il expliqué  : «  Le Seigneur est comme ça. Le Seigneur fait mûrir [l'homme] à travers les rencontres avec lui  », y compris «  à travers les faiblesses et les péchés » de l'homme, lorsqu'il «  les reconnaît  ». Le problème n'est pas d'être pécheur «  L'histoire de cet homme qui s'est laissé modeler par tant de rencontres avec Jésus  » sert «  à tous  », a estimé le pape, car le chrétien est «  sur la même route, derrière Jésus pour vivre l'Evangile  » et il ne doit pas «  s'effrayer  » car «  malgré tout ce qu'avait fait Pierre  », il est devenu «  pape  ». En réalité, a-t-il ajouté, « le problème n'est pas d'être pécheurs », mais de « ne pas regretter le péché, de ne pas avoir honte de ce que l'on a fait ». « Pécheur, oui, corrompu, non ! », a-t-il insisté. En ce sens, «  Pierre est un grand, non parce que c'est un docteur en quelque chose ou parce que c'est un brave qui a fait telle chose. C'est un grand, c'est un noble, il a un cœur noble, et cette noblesse le conduit aux larmes, à la douleur, à la honte, mais aussi à faire son travail en menant paître le troupeau ». Comme pour Pierre, après la faute il y a toujours « une nouvelle rencontre avec Jésus  », et «  la joie du pardon », a conclu le pape en encourageant à «  rencontrer continuellement le Seigneur  », « qui purifie, rend plus mature ». Cette attitude consiste à « se laisser rencontrer par le Seigneur  », qui « cherche toujours [l'homme]  » alors que ce dernier regarde « tant de fois de l'autre côté  » car il n'a «  pas envie de parler avec le Seigneur et de se laisser rencontrer par lui… [cette rencontre] est une grâce ». News de Catholique.org Catéchiste en danger de mort http://news.catholique.org/46442-catechiste-en-danger-de-mort 2013-05-17T08:17:01Z text/html fr Catholique.org Le martyrologe romain fait aujourd'hui mémoire d'un saint laïc, chinois, Pierre Liu Wenyuan, martyr (1760-1834). Catéchiste chinois, Pierre Liu fait partie des 120 saints martyrs de Chine canonisés par Jean-Paul II pendant le Grand Jubilé de l'Incarnation, le 1er octobre 2000. Il était né à Kouy-Yang, capitale de la province du Kouy-Chéou, dans une famille païenne. C'est un voisin chrétien qui l'instruisit dans la foi, et le jeune homme en ressentit une telle joie qu'il demanda le baptême.  Et il devint à son tour catéchiste. C'est la raison pour laquelle il fut arrêté une première fois en 1814, avec Joachim Ho - qui mourra martyr en 1839 -, et il fut envoyé à Pékin. Là, sa fermeté lui valut, comme à d'autres chrétiens, l'exil en Tartarie. Il y resta 17 ou 18 ans. Pendant ce temps, la persécution s'intensifiait, en particulier à la suite de deux décrets émis en 1815, approuvant la conduite du vice-roi du Shi-Chuan qui avait fait décapiter Mgr Gabriel Dufresse ainsi que d'autres chrétiens chinois. Pierre Liu choisit néanmoins de revenir dans sa patrie. Le martyre l'attendait : il fut de nouveau arrêté et cette fois il fut condamné à mourir étranglé, le 17 mai 1834. Dans sa lettre aux Catholiques de Chine, en date de la Pentecôte (27 mai) 2007, Benoît XVI se souvient des martyrs de Chine et il écrit : "Je vous souhaite, chers Pasteurs de l'Église catholique qui est en Chine, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs d'être remplis « de joie, même s'il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves ; elles vérifient la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l'or, cet or voué pourtant à disparaître, qu'on vérifie par le feu. Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ » (1 P 1, 6-7)." Il conclut : "Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l'Église et Reine de la Chine, qui, à l'heure de la Croix, a su, dans le silence de l'espérance, attendre le matin de la Résurrection, vous accompagne de sa tendresse maternelle et qu'elle intercède pour vous tous, avec saint Joseph et les nombreux saints martyrs chinois." News de Catholique.org Le Pardon de saint Yves, à Rome http://news.catholique.org/46452-le-pardon-de-saint-yves-a-rome 2013-05-17T04:17:01Z text/html fr Catholique.org Cinq cents ans après la création de la Confrérie des Bretons de Rome, l'église de Saint-Yves des-Bretons située Vicolo della Campana rouvre à l'occasion du Grand Pardon, demain, samedi 18 mai 2013 à 16h30. Saint Yves Hélory de Kermartin - ou de Tréguier -, prêtre, juge, avocat, saint patron de la Bretagne, des juristes, des avocats (v.1250-1303), est habituellement fêté le 19 mai, qui coïncide cette année avec la solennité de la Pentecôte. Après deux ans de restauration l'église de Saint-Yves-des-Bretons de Rome va rouvrir. Au milieu du XVème siècle le Cardinal Alain de COETIVY, évêque de Quimper, obtint du pape Nicolas V la concession d'une église en faveur de la communauté des Bretons vivants à Rome. Au flanc de l'église, la communauté bâtit alors un hôpital et un hospice pour y accueillir les pèlerins bretons. L'église prit alors le nom de Saint Yves ”défenseur de la veuve et des déshérités”. Il y a de cela 500 ans, en 1513 Anne de Bretagne et l'évêque de Rennes et de Nantes Robert Guibé, deviennent ses protecteurs attitrés et le Pape Léon X institue canoniquement La Confraternité des Bretons de Rome. Avec le temps, celle-ci va hériter d'immeubles et sera en mesure de mieux accueillir les pèlerins. Autour de l'église se crée ainsi une petite “colonie” comme le feront d'ailleurs les Français, les Portugais, les Espagnols dont les églises nationales sont proches de celle des Bretons. En 1875, sous prétexte de vétusté, l'ensemble des biens appartenant à la Confrérie est démoli. A la place seront construits deux immeubles de rapport et l'église actuelle, plus petite que la précédente. Quelques colonnes et chapiteaux antiques provenant de l'ancienne église vont être intégrés dans la nouvelle construction mais la majeure partie des éléments lapidaires, des pierres tombales, des tableaux et du mobilier va être dispersée, une bonne partie allant à Saint-Louis des Français. En 2011, les Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette, propriétaire, des 5 églises françaises de Rome, ont entrepris de restaurer l'église du sol au plafond. L'occasion a été saisie pour faire revenir certains éléments dont un bénitier en marbre datant de 1513 offert par un certain Jean Daniel, chanoine de Vannes. Par ailleurs, reprenant une antique tradition, le blason de la Bretagne a été replacé sur la façade, en regard de celui de la République française. Les habitants du quartier se sont réjouis de voir l'église rouverte après des années de fermeture. Ils ont admiré en particulier la luminosité de l'intérieur et l'harmonie retrouvée des décors. La fin des travaux coïncidera avec le pardon de Saint-Yves. Les cérémonies seront présidées par Mgr Lucien Fruchaud, évêque émérite de St Brieuc et Tréguier, assisté de Mgr François Bousquet, Recteur de Saint-Louis des Français, et du Père Guillaume Le Floc'h, recteur de Saint-Yves, en présence de M. Marc Le Fur, Député des Côtes d'Armor, Vice-Président de l'Assemblée nationale, de M. Bruno Joubert, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, et de M. Frédéric Neraud, Directeur Général de la Fondation du Patrimoine. Les travaux ont été financés dans le cadre de la convention entre les Pieux Etablissements et le Ministère français de la Culture et de la Communication prévoyant un programme de restauration des églises françaises de Rome. Le Conseil Régional de Bretagne, la Fondation du Patrimoine ainsi qu'un généreux donateur anonyme ont apporté une importante contribution à la prise en charge du coût des travaux. Il faut espérer que les Bretons de passage à Rome, pèlerins ou non, auront plaisir à venir désormais se retrouver dans un lieu aussi chargé d'histoire. News de Catholique.org