Catholique.orghttp://www.catholique.org/ Portail Catholique Francophone fr Catholique.org Sat, 25 Apr 2015 05:17:04 +0200 SPIP 3.0.11 - www.spip.net Catholique.org http://www.catholique.org/images/catholique-logo-noir-200.jpghttp://www.catholique.org/ Le débat Platon Aristote sur la question de l'âmehttp://news.catholique.org/56467-le-debat-platon-aristote-sur-la-question-de 2015-04-25T03:17:04Z text/html fr Catholique.org Résumé  : Nous avons vu comment le débat qui opposait Aristote à Démocrite sur la question du hasard s'est poursuivi depuis plus de  deux mille ans…Pour trouver enfin une réponse(1). Pendant ce temps, un autre grand débat opposait Aristote à son ancien maître Platon sur la question de l'âme. Commençons par nous pencher sur la théorie de Platon… Il semblerait que le grand Platon qui enseignait à Athènes à  l'Académie, n'ait pas élaboré lui-même une théorie sur l'âme, mais qu'il ait plutôt adopté celle de traditions anciennes et vénérables comme l'Orphisme et l'Hermétisme. Son livre, Le Timée nous donne une idée de cette théorie des êtres vivants  enseigné par Platon, bien connue les philosophes, mais trop peu du grand public, alors que ce n'est pas du tout compliqué et que cela vaut vraiment  la peine. Platon enseignait donc ceci à ses élèves, dont Aristote faisait partie, vers l'an 350 avant Jésus Christ. Il y a un dieu que n'on nomme l'UN qui n'est pas créateur, il ne créée pas intentionnellement mais de lui, vont «  émaner  » des choses. Emaner  : par exemple d'un feu de camp vont «  émaner  » de la chaleur et de la lumière, sans que le feu le veuille intentionnellement. Cela sort du feu, sans même qu'il le sache. On dira aussi que la chaleur et la lumière «  procèdent  » de ce feu. Ainsi du dieu UN va émaner un deuxième dieu qu'on appelle dieu second, fils de dieu, logos… Puis un autre dieu va émaner que Platon nomme l'âme du monde. Nous avons donc à présent trois dieux. C'est un polythéisme (ce qui compliquera ultérieurement la vie des Pères chrétiens car chez Platon il ne s'agit pas d'une trinité mais vraiment de trois dieux qui arrivent l'un après l'autre. Trois individus divins. Alors que depuis les origines, l'Eglise affirme la foi chrétienne en un Dieu Unique, même s'il est «  trois fois saint  », absolument simple  : «  omnino simplex  ». Selon les papes et les Conciles, la foi chrétienne est absolument monothéiste ni plus ni moins que la foi de nos frère aînés les juifs et plus tard, celle de l'Islam. Nous y reviendrons car ce point est essentiel, et il n'enlève rien à Jésus-Christ, ni à l'Esprit Saint, comme nous le verrons. Si nous n'affirmons pas la foi en un Dieu Unique, nous risquerions d'être des polythéistes païens  ! Selon le système orphique adopté par Platon, l'émanation suivante concerne les êtres humains. Récapitulons  : dans le paradis du dieu de Platon il y a d'abord le dieu Un, puis un deuxième dieu, puis un troisième dieu, puis des hommes spirituels. Ils n'ont pas de corps, ne sont pas constitués de matière, ils n'y a donc ni hommes ni femmes, ils sont un peu comme des purs esprits, des anges, Origène disait des éons… Tout va bien dans la lumière des trois dieux de Platon dont ils sont comme des étincelles d'un feu, des flammes impersonnelles. Toutes ces émanations sont de substance divine. Les hommes spirituels sont des parcelles du divin et tout va très bien dans ce paradis. Mais dans l'amphithéâtre, les étudiants de Platon ne manquent pas de lever le doigt et de poser la question  : Maître, pourquoi ne sommes-nous plus dans ce paradis  ? Pourquoi l'avons-nous quitté pour ce monde de malheurs, de maladies,  de tragédie,  de tristesse, d'injustice et de morts  ? Platon, qui apprécie les questions à juste titre répond astucieusement  : et vous, jeune homme  ? Qu'en dites-vous  ? _Hum… Eh bien je pense que notre présence dans ce cauchemar tragique qu'est le monde ne peut s'expliquer que par une punition… Je ne vois pas d'autre explication. Les hommes spirituels que nous étions n'ont pas pu venir intentionnellement se perdre dans ce monde si dur où dès l'enfance la maladie et les caries menacent tout être humain voué à une mort certaine. Très bien répond Platon. C'est ce qu'enseigne la vénérable tradition de l'Orphisme. _Mais maître, pourquoi avons-nous un corps  ? demande un autre étudiant… Et pourquoi n'avons-nous aucun souvenir de ce temps paradisiaque  ? _Nous sommes des hommes spirituel déchus répond Platon. Dans ce ciel, ce monde des idées, nous avons assurément commis une faute ou plusieurs, méritant ainsi d'être chassés de ce paradis perdu. Nous avons donc effectué une Chute. Cette chute nous a fait oublier notre véritable condition, et elle nous a fait aboutir dans ce qu'il y a de pire au monde, la matière  ! En sorte que nous en sommes couverts de la tête aux pieds, vérifiez… La matière c'est l'opposé du divin d'où nous venons, et cette matière qui n'est autre que de la fange est devenue notre prison pour la durée de notre vie dans ce monde fait de matière. Jeu de mot platonicien  : soma/sema. Mon corps-soma est la prison-sema de mon âme. D'ailleurs mon âme n'est autre que l'homme spirituel que je suis à l'origine, de substance divine, déchu dans ce monde matériel, ce cosmos qui n'existe que pour accueillir ma punition. Il faut comprendre que dans ce mythe orphique de la Chute, la faute a eu lieu avant l'existence de l'Univers matériel, du Cosmos, de la planète Terre, dont la seule raison d'être est de constituer le bagne de ma punition. C'est malheureusement ce système si tragique que Platon a choisi pour expliquer sa propre vision du Monde. La faute et la chute précèdent l'existence du Cormos… La suite la semaine prochaine  : Pourquoi les femmes selon Platon et l'Orphisme  ? Bien amicalement Brunor (1)Voir le nouveau livre  :  rendre au hasard ce qui est au hasard par Brunor. 150 pages, 60 dessins inédits. 10 euros. Chez Brunor éditions. Ou lire chronique 32 News de Catholique.org Le vrai Pasteur qui donne la viehttp://news.catholique.org/56466-le-vrai-pasteur-qui-donne-la-vie 2015-04-25T03:17:02Z text/html fr Catholique.org Le vrai Pasteur qui donne la vie[1] Lectures : Ac 4,8-12 ; Ps 117 ; 1 Jn 3,1-2 ; Jn 10,11-18             1) Le Christ, Pasteur bon et un Homme nouveau             En chaque personne humaine il y a le désir de vaincre la mort et de vivre pour toujours. Le Christ ressuscité se manifeste comme réponse vraie et concrète à ce désir et le récit de l'évangile (Jn 10, 11 – 18) d'aujourd'hui nous apprend que, si nous voulons la vie, nous devons suivre le Bon Pasteur qui est la Vie et qui la donne incessamment.             En fait, dans ce récit, Jésus lui-même explique non seulement   la signification de l'image du Bon Pasteur, en décrivant l'identité (vv 11-13) et la connaissance qui existe entre le pasteur et son troupeau (vv 13-16), mais surtout en soulignant le geste le plus beau : le don de la vie. Par  cinq fois (Jn 10, 11.15.17.18),  Jésus révèle être le Pasteur par excellence à travers le don de sa vie qui est complètement offerte.             Par  l'expression «  donner la vie  », Jésus ne parle pas uniquement de sa mort sur la croix pour nous  ; en effet, il parle aussi du fait que les brebis sont abandonnées et le loup les enlève, tue et gagne si le Pasteur meurt. L'expression «  donner la vie  » s'entend avant tout dans le sens du cep de vigne qui donne la sève aux sarments  ; dans le sens de la mère qui donne la vie à l'enfant  ; dans le sens l'eau qui donne la vie à la terre aride. Le Christ aime ce don de vie pour nous  à un point tel  qu'il est prêt à sacrifier sa propre vie sur la croix.             Donc, quand le Christ affirme : «  J'offre la vie  », cela veut dire  : «  Je vous donne ma façon d'être et d'aimer  ». Donc, il nous propose un modèle d' «  homme nouveau  » qui n'est pas le fruit d'une abstraction : c'est Lui-même, le Fils qui se sait aimé du Père, qui aime ses frères et leur propose cette liberté d'aimer et de servir. Les autres - dit Jésus - sont simplement des voleurs et brigands. Ils prennent la vie des brebis, ils ne la leur donnent  pas.             Le bon pasteur est le pasteur qui aime. L'homme bon est l'homme qui aime, en imitant le bon pasteur.             En  se définissant lui-même comme «  bon pasteur  » et en demandant de le suivre, Jésus indique un modèle d'homme nouveau qui, d'une part, est désarmant  et désarmé. D'autre part, il est plein de courage parce qu'il affronte les loups et la croix. Jésus est le beau pasteur (en grec «  kalòs  » signifie beau et la version française de la bible traduit ce mot par «  bon  ») parce que sa beauté de pasteur est le charme de sa bonté et de son courage.             Avec quelle beauté est-ce que le Christ nous attire ? Comment est-ce que le beau  pasteur nous charme ? Avec le don de sa vie. En effet dans le récit de l'évangile d'aujourd'hui  le verbe : je «  donne  »  ma vie est répété cinq fois.             Jésus nous fait cette proposition : «  Ma vie  en échange de la tienne  ». Le Dieu incarné est attrayant et saint Augustin explique  : «  Si le poète a pu dire (il cite Virgile, Egl. 2) : «  Chacun est attiré par son plaisir, non par la nécessité mais par le plaisir, non par la contrainte mais par le ravissement  »,  à plus forte raison nous pouvons dire que, s'il se sent attiré par le Christ, l'homme trouve son délice dans la vérité, dans la béatitude, dans la justice, dans la vie éternelle, en somme en tout ce qui est «  le Christ  ». Saint-Augustin écrivait encore en se référant à la beauté du Christ  : « Pourquoi y avait-il de la beauté même sur la croix ? Parce que la folie de Dieu est plus sage que les hommes et que la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes (1 Co 1,23-25) ... Dieu est beau, Verbe auprès de Dieu ; beau dans le sein de la Vierge Marie où il ne perdit pas la divinité et se fit homme ; le Verbe qui est nait enfant est beau ... Donc, Il est beau au ciel, beau sur la terre ; beau dans le sein, beau dans les bras des parents  ; beau dans les miracles, beau dans les supplices, beau en invitant la vie et beau en la reprenant, beau en ne s'occupant pas de la mort, beau en abandonnant la vie et en la reprenant ; beau sur la croix, beau dans le sépulcre, beau dans le ciel ...  La justice est suprême et vraie beauté ; tu ne le verras pas beau, si tu le considères injuste ; si il est juste partout, il est beau partout. Qu'il vienne à nous pour se faire contempler par les yeux de l'esprit.  »          2) La vocation est un don à partager.             Jésus-Christ a reçu du Père ce commandement de «  donner  », ce qui rend la vie belle et heureuse : le don rend la vie heureuse parce que : «  Il y a plus de joie à «  donner  » qu'à «  recevoir  » et, parce qu'on n'est jamais seul avec le don si l'on vit une expérience  joyeuse du partage et de la communion             Mais le bon Pasteur, qui est beau et courageux, n'a pas uniquement un ordre à exécuter, il a un mobile pour le faire : l'amour pour le Père et pour nous. Cette charité est ce qui le fait «  bouger  ». Chaque être humain est important  pour Lui, et c'est la raison pour laquelle il donne sa vie pour nous tous et toutes. Les Apôtres crient sur le bateau en pleine tempête au Seigneur Jésus : «  Seigneur, il ne t'importe pas si nous  mourrons ?  »  Le Seigneur répond en apaisant  la mer et en grondant le vent. Comme pour dire : «  Oui, vous m'importez, votre vie m'importe, vous êtes importants pour moi  ». Dans un certain sens, il répète à chacun de nous : «  Les moineaux du ciel m'importent, mais toi, tu vaux plus que les moineaux. Les lys du champ m'importent, mais toi, tu es  beaucoup plus. J'ai compté tes cheveux, et je connais toute la peur que tu portes dans le cœur  ». C'est une certitude : j'importe à Dieu. Nous nous tenons à cela, même lorsque nous ne comprenons pas, en souffrant de l'absence de Dieu, et en étant dérangés par son silence.             Voilà le commandement du Père : la vie est un Don. Pour être bien, l'homme doit donner.  Car Dieu fait ainsi. Le pasteur ne peut être bien même siune seule de ses brebis n'est pas bien.             La vocation est de vivre le Christ et de devenir comme Lui : un Don. Pour sauver les hommes et pour leur enseigner le vrai amour, le Fils de Dieu s'est «  abaissé  » jusqu'à eux, et, avec cet «  abaissement  » , il a offert l'agape, c'est à dire l'amour  «  qui donne  », oblatif,  et non pas possessif.             C'est beau de dire oui à Dieu qui appelle. Il est vrai qu'il faut renoncer à soi-même et tout lui donner, mais en échange l'on en reçoit la vie éternelle et cent fois tout ce que nous avons laissé pour suivre le Seigneur.             Comme l'a récemment rappelé  le Pape François, la vocation est un exode de soi-même vers Dieu en compagnie de nos frères et soeurs en l'humanité. A la source de chaque  vocation chrétienne -explique le Pape- il y a la sortie «  de la commodité et rigidité du propre moi pour centrer notre vie en Jésus Christ  ». Une sortie qui ne représente pas «  un mépris de sa propre vie, de son sentir et de son humanité  », bien au contraire. La vocation   - explique le Pape François en citant l'encyclique «  Deus Caritas est  »  de Benoît XVI -  est un appel d'amour qui attire et va au-delà de soi-même, déclenchant «  un exode permanent du moi replié sur soi-même vers la libération du don de soi  ».             Avec l'offrande totale d'elles-mêmes, les Vierges consacrées dans le monde s'abandonnent totalement au coeur du Christ, leur époux, et témoignent de cet amour oblatif.             Elles montrent, d'une manière particulière, que le don reçu devient un don offert pour la louange de Dieu et le salut du monde. Comme le rappelle le rituel de consécration des vierges : «  La virginité consacrée manifeste l'amour virginal du Christ pour l'Eglise son épouse et la fécondité surnaturelle de cette union spirituelle  ». Parce qu'une vie non donnée est aride, une vie donnée est féconde de bien. Enfin, il est important de rappeler que cette vie donnée dans la spiritualité des vierges consacrées de l'Ordo Virginum  a des traits caractéristiques spécifiques. Ces traits sont reliés à trois images que la tradition a utilisé pour délimiter la figure spirituelle des Vierges consacrées et que le Rite de consécration se définit sur le modèle de l'Eglise  épouse, soeur et mère.             La figure de l'épouse représente l'expérience  de l'union intime et indissoluble avec le Christ. La figure de la soeur recommande l'engagement du partage avec lequel les vierges consacrées se représentent dans le contexte social et ecclésiastique. La figure de la mère fait référence à la fécondité de la consécration qui voit en Marie, une icône splendide et éclairante. Lecture Patristique : Basile de Séleucie (+ 459), Discours 26, 2, PG 85, 306-307 Le Pasteur se fait égorger pour son troupeau, comme s'il était une brebis. Il n'a pas refusé la mort, il n'a pas anéanti ses bourreaux comme il en avait le pouvoir, car sa Passion ne lui a pas été imposée. C'est en toute liberté qu'il a donné sa vie pour ses brebis. J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre (Jn 10,18). Par sa passion il expiait nos passions mauvaises ; par sa mort il guérissait notre mort ; par son tombeau il anéantit le tombeau ; par les clous de sa croix il ruinait jusqu'aux fondements de l'enfer. La mort a gardé son empire jusqu'à la mort du Christ. Les tombeaux sont restés écrasants, notre prison indestructible, jusqu'à ce que le Pasteur y descende pour annoncer aux brebis qui s'y trouvaient enfermées la joyeuse nouvelle de leur libération. Son apparition au milieu d'elles leur donnait la garantie de leur appel à une vie nouvelle. Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis, et c'est ainsi qu'il cherche à s'attirer leur amour. Or, on aime le Christ si l'on écoute attentivement sa voix. Le pasteur sait bien séparer les chèvres des brebis. Selon l'Évangéliste, toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux, qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde (Mt 25,32-34). Qu'avaient-ils donc fait pour mériter cette invitation ? J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli (Mt 25,35). Ce que vous avez donné aux miens, c'est moi qui vous le revaudrai. C'est par eux que moi je suis nu, étranger, errant et pauvre. C'est à eux que l'on donne, c'est moi qui suis reconnaissant. C'est moi qui suis dans la peine quand ils vous supplient. Gagne le juge à ta cause par tes présents, avant que vienne le procès. Donne-lui une raison d'être indulgent, donne-lui matière à pardonner. Ne nous préparons pas cette sentence sévère : Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel, préparé pour le démon et ses anges. Quels sont donc ces crimes qui nous feraient condamner avec le démon ! J'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé (Mt 25,41-43). Qui donc est passé à côté de son Pasteur, qu'il voyait affamé ? Qui a méprisé, en le voyant nu, celui qui sera bientôt son juge ? Qui va condamner à la soif le juge de l'univers ? Le Christ se laissera gagner par les services et les présents des pauvres, il dispensera d'un long supplice en récompense d'un petit présent. Éteignons le feu par notre miséricorde. Soyons compatissants envers les autres, faisons-leur grâce comme Dieu nous a fait grâce dans le Christ. A lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. [1] Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus se définit lui-même, pour la première fois et explicitement, comme «  le bon pasteur  ». Le terme «  bon  » (traduit par l'adjectif grec “kalòs” qui signifie “beau”) est entendu dans le sens de «  généreux, idéal, naïf, vrai » : il est le pasteur idéal annoncé par les Ecritures. Cet appellation lui appartient parce qu'il «  (dé) pose la vie pour ses brebis ». L'expression est répétée cinq fois dans la lecture (Jn 10,11.15.17.18), avec des variations. Le verbe «  (dé) poser (tithemi) est utilisé dans le sens “d'offrir de manière consciente et libre”. Jésus dépose/ expose sa vie pour ( = hyper) ses brebis. Cette phrase rappelle Mc 10, 45 où l'on dit que Jésus donne «  sa vie en rançon pour (anti) la multitude  ». Toutefois, tandis que la préposition “hyper”, utilisée par Jean, signifie expressément «  en faveur de  », dans Marc l'utilisation de “anti” (au lieu de) fait penser à l'idée de substitution, même si, dans le grec hellénistique, une distinction précise entre prépositions similaires était disparue  : en pratique les deux expressions vont être équivalentes.   En plus, le texte grec utilise le mot «  psyche  », qu'on traduit avec «  vie  », mais littéralement cela veut dire «  âme  ». L'expression «  donner l'âme  » existe encore dans les langues modernes. Donc on peut légitimement entendre l'expression «  donner la vie  »  : 1.comme offre de soi, 2.   comme mettre au monde, 3. comme donner la vie éternelle, car elle est spirituelle et pas seulement matérielle.  News de Catholique.org EXPO 2015 à Milan : intervention du pape François pour l'inaugurationhttp://news.catholique.org/56454-expo-2015-a-milan-intervention-du-pape 2015-04-24T08:17:02Z text/html fr Catholique.org L'inauguration de l'exposition universelle de Milan EXPO 2015 sera marquée par une intervention en direct du  pape François, - grâce à la RAI et au Centre de télévision du Vatican (CTV) - vendredi 1er mai, annonce un communiqué du diocèse de Milan, ce 24 avril. Le thème de l'exposition est “Nourrir la planète. Energie pour la vie” : un domaine où l'Eglise est particulièrement engagée. Et d'autant plus significatif au moment où l'on attend la publication de l'encyclique du pape sur l'écologie. Le Saint-Siège est présent à l'EXPO 2015 avec un pavillon récemment présenté au Vatican, sur le thème : “Pas seulement de pain”. Un site Internet a été églament ouvert ainsi qu'un compte sur Twitter @expoholysee et une page sur Facebook : “Chiesa in Expo”. Caritas Internationalis a également un espace  en tant que “Participant de la société civile”, en lien avec sa campagne contre la faim dans le monde, sur le thème : “Diviser pour multiplier. Rompre le pain”. Ici aussi un “blog” et un compte Twitter : @expoblogcaritas. News de Catholique.org France : prier pour les vocations à l'appel du pape Françoishttp://news.catholique.org/56443-france-prier-pour-les-vocations-a-l-appel-du 2015-04-24T08:17:02Z text/html fr Catholique.org Depuis plus de 50 ans - à l'initiative de la France qui fut la première Conférence épiscopale à créer un service national des vocations en 1959 et a suggéré au Pape Paul XVI d'instaurer une Journée Mondiale de prière pour les Vocations - le 4èmedimanche de Pâques rappelle l'importance de prier pour les vocations. Comme Jésus l'a dit à ses disciples «  Prier donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson  » (Lc10,2). Cette année dans son message intitulé «  L'exode, expérience fondamentale de la vocation  », le Pape François reprenant la figure du disciple missionnaire appelé à incarner la dynamique de l'Eglise «  en sortie  », met l'accent sur «  la vocation chrétienne (qui) ne peut que naître à l'intérieur d'une expérience de mission  ». Pour soutenir toutes les paroisses et communautés chrétiennes dans leur prière pour les vocations, le Service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations a réalisé comme chaque année un dossier d'animation sur les vocations avec notamment une proposition de liturgie et de prière universelle pour ce 26 avril téléchargeable. >> Infos et commande A partir du 16 avril, le SNEJV propose aussi une neuvaine de prière pour les vocations sur le site de l'année de la vie consacrée, à suivre sur >> www.vieconsacree2015.catholique.fr Des outils et productions pour promouvoir la vie comme vocation Dans la ligne de ce que développe le Pape François dans son message pour les vocations, le SNEJV vient de publier un numéro de Documents Episcopat intitulé «  Promouvoir la vie comme vocation, promouvoir toutes les vocations  » qui suggère de nombreuses pistes de réflexion et développe l'enjeu de développer aujourd'hui une culture vocationnelle dans toute l'Eglise. >> Infos et commande Le SNEJV propose aussi de nombreux outils et ressources utiles pour l'animation vocationnelle  : affiches, flyers, site internet quelleestmavocation.com ... De nombreuses initiatives pour découvrir la vocation de consacrés Cette année la Journée mondiale de prière pour les Vocations s'inscrit dans la dynamique de l'Année de la vie consacrée qui suscite en France de très nombreuses initiatives dans les diocèses, paroisses, communautés… -          Des rassemblements et temps forts de réflexion et rencontres ouverts à tous comme à Compiègne -          Des portes ouvertes…  pour mieux connaître la vie consacrée comme à Chartres ou Orléans -          Des rassemblements de consacrés au niveau national avec le rassemblement des jeunes religieux(ses) Brother&Sister Act 2 du 1er au 3 mai à Paris, mais aussi dans les paroisses ou diocèses comme à Cahors -          Des temps de prière comme à Angers ou Coutances News de Catholique.org République tchèque : le président Milos Zeman au Vaticanhttp://news.catholique.org/56453-republique-tcheque-le-president-milos-zeman 2015-04-24T07:17:03Z text/html fr Catholique.org La situation des chrétiens au Proche et au Moyen Orient a été évoquée lors des entretiens du président tchèque au Vatican. Le président tchèque Milos Zeman, a été reçu par le pape François, ce vendredi 24 avril, au Vatican. Il s'est ensuite entretenu avec Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les Etats, indique un communiqué du Saint-Siège. Ces entretiens se sont déroulés dans le cadre du vingt-cinquième anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la République tchèque, en 1990 - alors, il s'agissait de la Tchécoslovaquie -. Chrétiens et minorités Le président tchèque et ses interlocuteurs «  se sont penchés sur le contexte international, et notamment sur la situation des chrétiens et des autres minorités au proche et moyen Orient  », indique la même source. Ces rencontres ont « confirmé une volonté partagée de renforcer la collaboration  », notamment en concluant «  les discussions conduites en vue d'un accord cadre  »  : il s'agit de «  développer ultérieurement la collaboration Eglise-Etat, dans le domaine culturel, éducatif et social notamment, au bénéfice du pays tout entier  ». Le 21 avril 1990, deux jours après le rétablissement des relations diplomatiques, Jean-Paul II arrivait à Prague où il effectuait son premier voyage «  à l'Est  », à part la Pologne, une visite éclair de 36 heures. Le voyage de Jean-Paul II La Tchécoslovaquie comptait quelque 70% de baptisés, mais la société était déchristianisée. Le pape Wojtyla entendait rendre hommage à l'une des Églises les plus persécutées en Europe centrale sous le régime communiste. Il était accueilli par Vaclav Havel, qui saluait le « miracle » de sa venue. La messe de Bratislava a rassemblé quelque trois cent mille personnes malgré la pluie. Le pape Jean-Paul II a déploré ouvertement le « monde sans Dieu » que voulaient instaurer les régimes à peine écroulés et il a dénoncé les « souffrances » qu'ils avaient provoquées. News de Catholique.org Dans les sacrements, "la force de penser et d'agir selon l'Evangile"http://news.catholique.org/56452-dans-les-sacrements-la-force-de-penser-et-d 2015-04-24T07:17:01Z text/html fr Catholique.org «  Le chrétien grandit par les sacrements, il y trouve sa force spirituelle et missionnaire  »  : affirme le tweet posté sur le compte du pape François @Pontifex_fr jeudi 23 avril. «  Les sacrements expriment et réalisent une communion effective et profonde entre nous puisque, en eux, nous rencontrons le Christ Sauveur et, à travers lui, nos frères dans la foi. Les sacrements ne sont pas des apparences, ce ne sont pas des rites, mais c'est la force du Christ ; c'est Jésus-Christ, présent dans les sacrements  », disait le pape  le 6 novembre 2013 lors de l'audience générale place Saint-Pierre. La force reçue dans les sacrements pousse les chrétiens à «  annoncer l'Évangile de Jésus Christ à ceux qui sont encore éloignés de lui  »  : «  Chaque rencontre avec le Christ qui nous donne le salut dans les sacrements, nous invite à « aller » communiquer aux autres un salut que nous avons pu voir, toucher, rencontrer, accueillir et qui est vraiment crédible parce qu'il est amour, expliquait le pape dans la catéchèse du 6 novembre 2013. C'est comme cela que les sacrements «  poussent à être missionnaires  » et à «  l'engagement apostolique à apporter l'Évangile dans tous les milieux, même les plus hostiles, constitue le fruit le plus authentique d'une vie sacramentelle assidue, qui est participation à l'initiative salvifique de Dieu qui veut donner le salut à tous  ». «  La grâce des sacrements nourrit en nous une foi forte et joyeuse, une foi qui sait s'étonner des « merveilles » de Dieu et résister aux idoles du monde. C'est pour cela qu'il est important de recevoir la Communion, il est important que les enfants soient baptisés tôt, qu'ils soient confirmés, parce que les sacrements sont la présence de Jésus-Christ en nous, une présence qui nous aide  », concluait le pape le 6 novembre 2013. Ses réflexions sur les sacrements  ont trouvé son aboutissement dans une lettre apostolique Evangelii Gaudium parue le 24 novembre de la même année dans laquelle le pape invite «  à renouveler sa rencontre personnelle avec Jésus Christ  », à le «  chercher chaque jour sans cesse  » parce qu'il «   ne se fatigue jamais de pardonner », il «  nous permet de relever la tête et de recommencer  ». News de Catholique.org Canada : béatification d'Elisabeth Turgeon, dimanche prochain, à Rimouskihttp://news.catholique.org/56451-canada-beatification-d-elisabeth-turgeon 2015-04-24T06:17:02Z text/html fr Catholique.org Élisabeth Turgeon, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire et native de Beaumont (Bellechasse), sera béatifiée ce dimanche 26 avril 2015, en l'église Saint-Robert-Bellarmin de Rimouski lors d'une célébration qui débutera à 14 h 30. Le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la cause des Saints et légat du pape François, présidera la béatification, accompagné par le nonce apostolique au Canada, Mgr Luigi Bonazzi, annonce ce communiqué de Jasmin Lemieux-Lefebvre, directeur des communications du diocèsede Québec. De nombreux évêques seront présents, dont le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec,  pour qui la vie d'Élizabeth Turgeon est «  une grande aventure d'amour et de don de soi.  » C'est d'ailleurs au cardinal Lacroix que l'homélie est confiée. Deux autocars partiront de Québec dimanche matin pour vivre l'événement à Rimouski, en effectuant une escale à Beaumont. Au total, 3 000 personnes sont attendues pour la célébration qui sera projetée sur des écrans géants dans divers lieux à Rimouski. L'événement sera retransmis en direct sur le site Internet de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, le www.soeursdusaintrosaire.org/elisabeth/beatification.php. Pour la Conférence des évêques catholiques du pays, cette béatification est un moment marquant pour l'Église au Canada. Dans le cadre de l'Année de la vie consacrée, elle rappelle que l'Église d'ici continue encore aujourd'hui d'être appelée à évangéliser. Elle peut s'inspirer des exemples de missionnaires des générations précédentes pour proclamer la Bonne Nouvelle. La Conférence a produite des cartes de prière que l'on peut commander via le 1 -800-769-1147 ou lepublic@cccb.ca. Pour une liste complète des saints, saintes, bienheureux et bienheureuses au Canada  : http://www.diocese-edmundston.ca/fr/histoire_saints.html Biographie brève d'Élisabeth Turgeon  (tiré du site Web des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire) « Laissez les petits enfants venir à moi »a dit Jésus à ses disciples (Luc 18, 16). Pour la réalisation de cette volonté envers les enfants du diocèse de Rimouski, Dieu prépara une femme merveilleuse de tendresse et de sollicitude : Élisabeth Turgeon. Cette femme, à la santé fragile, mais à l'intelligence vive et au cœur sage et généreux, est née à Beaumont (Québec) le 7 février 1840. Ses parents, Louis-Marc Turgeon et Angèle Labrecque, donnèrent à leurs neuf enfants une éducation des plus solides. Élisabeth a 15 ans quand son père meurt prématurément. Cinq ans plus tard, elle entre à l'École Normale Laval de Québec. Diplômée en 1862, elle enseigne successivement à Saint-Romuald, à Québec et à Sainte-Anne-de-Beaupré. Le 3 avril 1875, à l'invitation de Mgr Jean Langevin, évêque du diocèse de Rimouski, elle se joint à un groupe de filles réunies, selon le désir de l'évêque, dans le but de former des institutrices qualifiées pour les écoles des paroisses du diocèse de Rimouski. Le 12 septembre 1879, avec douze de ses compagnes, Élisabeth se consacre au Seigneur par les vœux de religion. Le jour même, elle est nommée première supérieure de la Congrégation. Elle accepte d'envoyer des sœurs, deux par deux, tenir une école dans trois paroisses très pauvres : Saint-Gabriel, Saint-Godefroi et Port-Daniel. Puis, elle ouvre une école indépendante à Rimouski pour préparer les novices à l'enseignement. Sa tendresse maternelle comme sa confiance inébranlable sont sans limites, mais ses forces physiques s'épuisent déjà. Mère Marie-Élisabeth (son nom en religion) décède le 17 août 1881. News de Catholique.org Le dialogue, moteur de progrès pour le monde globalisé, par le card. Parolinhttp://news.catholique.org/56450-le-dialogue-moteur-de-progres-pour-le-monde 2015-04-24T04:17:06Z text/html fr Catholique.org Le dialogue raisonnable et respectueux des différences est un moteur de progrès pour le monde globalisé. Cette conviction du pape François a été exprimée par le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, dans son intervention à Padoue à l'occasion de la Journée académique pour le dixième anniversaire de la Faculté théologique du Triveneto, rapporte Radio Vatican en italien dont nous reprenons la synthèse dans cette traduction. La «  règle de vie du pape François  », explique-t-il,  est «  un monde de relations et de dialogue  ». Un «  monde ouvert  », à l'opposé de tous les «  murs  » qui, même à l'ère de la mondialisation, du monde multipolaire et interconnecté, continuent d'être élevés  : des barrières économiques, politiques, sociales, religieuses, là où François voit un «  monde ouvert  », qui protège les identités individuelles, mais toujours solidaire et inclusif. Un dialogue loyal Le cardinal Pietro Parolin analyse en profondeur le magistère du pape dans la conférence magistrale qu'il a donnée à la Faculté théologique du Triveneto. Pour le pape François, affirme le secrétaire d'État, le dialogue n'est jamais une «  théorie  » ou un simple «  échange d'idées  ». Dans sa vision, le point de départ est toujours la «  réalité  », lue sans faux-fuyants, et le dialogue – pourvu qu'il soit mené de manière «  raisonnable et loyale  » - est le moyen le plus élevé pour un véritable progrès de l'humanité. Et dans cette «  vision du monde  », un point essentiel pour le pape François est celui de la «  solidarité  » parce qu'elle est une «  garantie  » que le monde «  qui est à la recherche d'une réelle justice et d'un plus grand bien-être  », et qui en même temps «  ne peut pas oublier les derniers, ni abandonner ceux qui ne réussissent pas à garder le rythme d'une efficacité souvent exaspérée  ». Une façon de faire fraternelle Le développement de la conférence amène le secrétaire d'État à aborder les thèmes sensibles de la paix et, son contraire, la guerre. D'un côté, des «  plans géopolitiques  », des intérêts et des avidités d'argent et de pouvoir qui se meuvent «  dans les coulisses  » et, de l'autre, une «  nouvelle collaboration sociale et économique, libre de tout conditionnement idéologique  », que le pape voudrait voir s'affirmer sur le plan international car il la croit en mesure d' «  arrêter la guerre et de créer les conditions  » de la paix, en faisant «  face au monde globalisé  » et en «  gardant présent ce sens de la solidarité et de la charité mutuelle  ». Selon le cardinal Parolin, «  dans le monde ouvert, pour le pape François, cette fraternité, profonde et réelle  », n'est pas «  le privilège des chrétiens mais est commune à tous les peuples  ». «  Raison d'État  », «  raison d'Église  » Après avoir réfléchi sur les responsabilités de la théologie et des théologiens, selon les intentions du pape François, c'est-à-dire d'une étude qui «  ne peut se passer du monde réel  », le cardinal a abordé les questions plus actuelles du dialogue interreligieux et de l'activité diplomatique du Saint-Siège, de son «  soft power  » «  de conviction et de comportements exemplaires  » qui est comme un contrepoids au «  hard power  » des gouvernements, axé sur la «  puissance économique et financière ou les armes  ». Même dans ce cas, le dialogue peut désamorcer, selon les enseignements du pape François, les fondamentalismes «  culturels, religieux ou théologiques  » et c'est pourquoi il revient aussi aux religions, affirme le secrétaire d'État, de «  s'interroger  » et de «  participer à la construction de la paix  ». Abattre les murs Dialoguer, dans l'optique du magistère du pape, veut dire jeter des ponts et «  construire une société dans le long terme  », explique le cardinal Parolin, alors que les murs qui continuent de se dresser – et qui font souffrir le pape – «  semblent presque vouloir affirmer que le dialogue est impossible, que les différences de croyances sont incompatibles, oubliant qu'une situation de paix et le respect de la vie sont des éléments fondamentaux pour garantir une cohabitation respectueuse de la dignité de toute personne, de la sécurité des différents peuples et du statut de toutes les religions  ». C'est de cette conviction, poursuit le cardinal, que «  naît le motif qui a poussé le pape à demander que soit arrêtée l'avancée des forces du prétendu califat dans le nord de la Syrie  ». Des jeunes «  vides  » S'exprimant dans un contexte universitaire, et donc à des jeunes, le cardinal Parolin a conclu en distinguant deux «  transformations  » emblématiques et problématiques de la civilisation européenne occidentale, qui requièrent une réflexion et une réponse. La première est «  le vide de l'âme  » de la jeunesse européenne qui semble avoir oublié ses valeurs de civilisation et peut-être pour cette raison, fait observer le secrétaire d'État, a vu tant de jeunes du continent «  attirés par la radicalité de la violence  » s'en aller jusqu'en Syrie «  pour s'unir à ceux qui combattent en usurpant le nom de Dieu  ». Le vide de l'euthanasie La seconde transformation concerne la «  volonté  » de divers pays européens «  de donner à l'euthanasie le statut de droit humain. Je crois que sur cette volonté de la raison humaine d'intervenir dans un des processus fondamentaux de la vie, le respect des temps de la vie et de la mort, il est important de s'interroger, mais pas seulement avec les principes et les arguments de la morale  ». Là aussi, le cardinal observe un «  vide existentiel  » face auquel «  nous manquons peut-être de la plus petite espérance qui aille au-delà de la raison pour nous ouvrir à la relation, à la solidarité, à l'amour, au lieu de nous enfermer dans la mort  ». Au contraire, conclut-il, l'espérance, comme le rappelle le pape François, «  est en réalité un ‘désir ardent'  » de Jésus et elle «  dépasse toutes les circonstances décourageantes ou d'isolement, les sensations de solitude et de vide  ». News de Catholique.org ONU : le Saint-Siège demande de condamner les discours de haine sous le prétexte de religionhttp://news.catholique.org/56449-onu-le-saint-siege-demande-de-condamner-les 2015-04-24T04:17:04Z text/html fr Catholique.org Le Saint-Siège appelle les responsables religieux à condamner les discours de haine sous le prétexte de la religion et à former les jeunes au respect de l'autre. Voici notre traduction intégrale de l'intervention de Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur «  Le rôle des jeunes pour lutter contre l'extrémisme violent et pour promouvoir la paix  », à New York, le 23 avril 2015, en présence du roi Abdallha de Jordanie. Il appelle à condamner les discours de haine sous le prétexte de la religion  :  «  Les responsables et organisations religieux doivent condamner les messages de haine au nom de la religion et fournir aux jeunes une formation religieuse qui favorise la compréhension et le respect entre les peuples de confessions différentes.  » Il rappelle l'importance d'allier foi et raison  : «  Les gens de foi ont la grave responsabilité de condamner ceux qui cherchent à séparer la foi de la raison et à instrumentaliser la foi pour justifier la violence.  » A.B. Discours de Mgr Auza Votre Altesse Royale, Permettez-moi tout d'abord de féliciter la Jordanie pour sa présidence de ce mois-ci et en particulier, pour avoir organisé ce débat sur le rôle des jeunes dans la lutte contre l'extrémisme violent et dans la promotion de la paix. La mondialisation croissante et l'interdépendance technologique ont apporté de nombreux avantages à notre monde d'aujourd'hui, mais elles ont aussi créé de nouveaux défis émergents. Les jeunes du monde entier peuvent utiliser l'internet et les médias sociaux pour entrer en contact, se faire des amis et en apprendre davantage sur les grandes cultures et traditions des autres peuples aux quatre coins du monde. Malheureusement, ces grandes avancées technologiques peuvent aussi être manipulées pour diffuser des messages de haine et de violence. Le débat de ce jour nous permet d'examiner plus en profondeur comment ces messages nocifs trouvent de nouveaux publics et comment les États peuvent travailler ensemble pour relever ce défi. Le phénomène des jeunes gens qui se laissent recruter par ceux qui les incitent à s'engager dans un extrémisme violent se développe dans un contexte de désillusion et de chances manquées, de crise d'identité socio-culturelle et d'échec de l'intégration, d'aliénation et d'insatisfaction, de rupture intergénérationnelle et de familles brisées. Une étape fondamentale dans la lutte contre la radicalisation des jeunes est de travailler avec les familles et de les soutenir dans leurs efforts pour éduquer les enfants et les jeunes aux valeurs du dialogue et du respect des autres, pour mieux les équiper afin de résister à ce qui semble au premier abord des invitations attractives pour une «  cause supérieure  » ou une «  aventure  » avec des groupes extrémistes. La famille est la première éducatrice des enfants. Si les États veulent vraiment rejoindre les jeunes avant qu'ils ne soient exposés aux idéologies extrémistes, ils devraient «  accorder l'aide appropriée aux parents… dans l'exercice de la responsabilité qui leur incombe d'élever l'enfant  » (Convention internationale relative aux droits de l'enfant, article 18.2). Les études et les événements montrent que certains gouvernements ont tendance à éviter les conversations franches et constructives sur la question de la radicalisation. Mais cacher le problème est contre-productif. En revanche, favoriser le débat public peut encourager les jeunes à exprimer leurs frustrations avant qu'ils ne succombent aux idéologies extrémistes, et cela peut permettre à l'État de concevoir des politiques en conséquence. L'incapacité à mettre le problème sur la table des débats publics peut signifier un manque d'intérêt, une crainte ou les deux, tandis qu'encourager le débat facilitera la confiance collective et une connaissance mutuelle approfondie parmi les différentes composantes ethniques ou raciales et religieuses de la société. Ce dialogue peut mener à l'élaboration de politiques gouvernementales dont tous les membres de la société pourront prétendre à la propriété collective, et offrir aux jeunes des contre-propos convaincants à la propagande extrémiste. Bien sûr, une politique publique équilibrée joue un rôle clé pour faciliter une intégration solide des migrants dans la société en tant que citoyens. Des politiques qui découragent les perceptions xénophobes et racistes sont très nécessaires, et contribuent au respect de saines valeurs religieuses et socio-culturelles. La religion représente une part puissante de ces systèmes de valeurs. Les politiques et l'éducation qui cherchent à minimiser ou à éliminer la composante de la foi des identités individuelles et collectives pourraient laisser les jeunes désorientés, aliénés, marginalisés ou exclus, et enclins à suivre le message de groupes extrémistes. Nul doute que les mots d'ordre et les slogans employés par les groupes extrémistes pour recruter des jeunes impliquent souvent des valeurs religieuses et socio-culturelles déformées. Le chômage et le désespoir influent aussi sur la vulnérabilité de nombreux jeunes à la propagande et aux manipulations des recruteurs extrémistes. Les esprits et les mains oisifs sont hautement vulnérables aux idéologies extrêmes. Ainsi, les inégalités économiques mondiales et la marginalisation et l'exclusion du développement auxquelles elles mènent ne sont pas seulement une préoccupation sociale et économique majeure mais peuvent devenir une menace à la paix et à la sécurité internationales. Ainsi, réaliser la justice sociale est la clé de la lutte contre le phénomène des jeunes qui rejoignent les organisations extrémistes. Votre Altesse Royale, Dans notre combat contres les idéologies extrémistes et dans nos efforts pour promouvoir une culture de la paix, les jeunes eux-mêmes sont une ressource très précieuse. Nous pouvons contrer les recruteurs extrémistes en encourageant les voix qui ont la confiance et le respect parmi leurs pairs, sur les plateformes mêmes où ils ont l'habitude de recruter de nouveaux membres, comme les médias sociaux. Les responsables et organisations religieux doivent condamner les messages de haine au nom de la religion et fournir aux jeunes une formation religieuse qui favorise la compréhension et le respect entre les peuples de confessions différentes. Les gens de foi ont la grave responsabilité de condamner ceux qui cherchent à séparer la foi de la raison et à instrumentaliser la foi pour justifier la violence. Comme l'a souligné le pape François lors de sa visite en Albanie le 21 septembre 2014, personne ne devrait se considérer comme «  l' ‘armure' de Dieu tout en planifiant et en exécutant des actes de violence et d'oppression  !  ». Je vous remercie, Votre Altesse Royale. Traduction de Zenit, Constance Roques News de Catholique.org Raviver le "premier amour" de la première rencontre avec Jésushttp://news.catholique.org/56448-raviver-le-premier-amour-de-la-premiere 2015-04-24T04:17:02Z text/html fr Catholique.org «  N'oubliez jamais la première rencontre avec le Seigneur qui a changé votre vie  !  », exhorte le pape François dans son homélie de ce vendredi 24 avril au cours de la messe du matin à la Maison Sainte-Marthe du Vatican. La première rencontre avec Jésus est  «  ce premier amour  » que nous ne devons pas abandonner, avertit le pape François  : «  Priez et demandez la grâce de la mémoire. 'Seigneur, quand était cette rencontre, ce premier amour ?' Pour ne pas entendre la réprimande que le Seigneur fait dans l'Apocalypse : ‘Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour'. »  Le Christ, lui, ne «  l'oublie jamais  » tandis que «  nous oublions souvent cette rencontre avec Jésus  », dit le pape. Il invite à penser et à prier chez soi en se demandant  : «  Quand est-ce que j'ai senti le Seigneur vraiment proche de moi ? Quand ai-je senti que je devais changer ma vie ou être meilleur ou pardonner une personne ? Quand est-ce que j'ai entendu le Seigneur me demander quelque chose ? Quand ai-je rencontré le Seigneur ?  » «  Parce que notre foi est une rencontre avec Jésus, souligne le Saint-Père, c'est le fondement de la foi : j'ai rencontré Jésus comme Saul aujourd'hui. » Le pape suggère de s'interroger même quotidiennement en s'adressant au Seigneur  : «  Quand m'as-tu dit quelque chose qui m'a changé la vie ou quand m'as-tu invité à faire un pas en avant dans la vie  ? » «  Et lorsque vous vous rappelez de ça, réjouissez-vous, car ce sont les souvenirs de l'amour  », a affirmé le pape. La rencontre de chacun avec Jésus est «  unique  », mais elle ressemble à «  d'autres rencontres dont l'Évangile témoigne  », a-t-il fait observer en suggérant  : «  Une autre belle tâche serait de prendre les Évangiles et de regarder ces nombreuses histoires, voir comment Jésus rencontre les gens, comme il choisit des apôtres ... Tant de rencontres se passent avec Jésus. Peut-être certaines d'entre elles ressemblent à la mienne. Mais chacun a sa propre rencontre.  » News de Catholique.org Sécurité : sérénité du Vaticanhttp://news.catholique.org/56447-securite-serenite-du-vatican 2015-04-24T03:17:04Z text/html fr Catholique.org En réponse à des questions de la presse, à propos d'un attentat éventuel contre le Vatican en 2010, le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi sj, fait observer que “selon les informations, il s'agit d'une hypothèse remontant à 2010 qui n'a eu aucune suite”. “Il ne s'agit donc pas d'un fait important aujourd'hui et il n'est pas motif de préoccupations particulières”. Le menaces de 2010 ont été révélées à l'occasion de l'arrestation de membres d'un réseau d'Al-Qaida en Sardaigne, avec des ramifications dans sept autres régions d'Italie. Parmi les 18 personnes arrêtées, des responsables d'attentats sanglants au Pakistan, dont l'attaque terroriste du marché de Peshawar qui a fait plus d'une centaine de morts en octobre 2009. L'organisation alimentait également le trafic d'êtres humains. News de Catholique.org Un chef italien en Californie : Bruno Serato, un million de repas gratuitshttp://news.catholique.org/56446-un-chef-italien-en-californie-bruno-serato 2015-04-24T03:17:02Z text/html fr Catholique.org Chaque soir 1200 enfants défavorisés d'un «  Boys&Girl Club” mangent un repas chaud grâce au chef italien- originaire de Vérone -, Bruno Serato, en Californie, à Orange County, où il a ouvert un restaurant, la “Anaheim White House”. Soit le chiffre total d'un million de repas, depuis 2009, atteint le 24 mars 2015. L'idée vient de sa maman, Caterina, qui, en 2005 s'est rendu compte que des enfants des quartiers pauvres de Los Angeles ne se nourrissaient que de chips. C'est pourquoi l'association créée par Serato porte son nom  : "Caterina's Club". Il veut maintenant faire davantage et devenir un «  ambassadeur de la solidarité  » en Italie, et, à l'occasion de l'EXPO de Milan, il exhorte tous les restaurateurs à imiter son geste «  en commençant par un » repas chaud gratuit  ! Mais son programme s'est aussi étendu aux familles. Il les aide à payer le premier mois de loyer en avançant aussi la caution. Cette aventure en rappelle une autre initiative de générosité grâce aux pâtes italiennes : les tortellini de Giovanni Rana ont permis de servir des repas chauds aux sans-abri et aux pèlerins pauvres auprès des quatre basiliques papales pendant le grand jubilé de l'An 2000. News de Catholique.org La Prière eucharistique III : le mystèrehttp://news.catholique.org/56445-la-priere-eucharistique-iii-le-mystere 2015-04-24T02:17:02Z text/html fr Catholique.org Juste avant le récit de la dernière Cène, la Prière III rappelle que c'est «  notre Seigneur qui nous a dit de célébrer ce mystère  ». Après la consécration, le prêtre lance l'anamnèse (nous en parlerons plus tard) par ces mots  : «  Il est grand, le mystère de la foi  ». Comme d'habitude, le texte français n'est pas tout-à-fait la transposition du latin. Dans l'original, la première fois, le mot «  mystère  » est employé au pluriel  : «  célébrer ces mystères  ». La seconde fois, la formule est on ne peut plus concise  : «  Mystère de la foi  », mysterium fidei. Les mystères Le pluriel, «  les mystères  », est peut-être un signal en direction de l'Orient chrétien. En effet, parmi tous les noms désignant l'Eucharistie, les Orientaux aiment bien celui-ci  : «  les mystères  » ou «  les saints mystères  ». Dans le Missel romain, le prêtre dit, avant de communier  : «  Que cette communion à ton corps et à ton sang n'entraîne pour moi ni jugement, ni condamnation…  ». La liturgie orientale a une formule similaire, mais avec le mot qui nous intéresse ici  : «  Que la participation à tes saints mystères ne me soit, ni jugement, ni condamnation.  »    Si «  mystère  » est plus en faveur chez les Grecs, il n'est pas ignoré des Latins. Chez saint Ambroise, il est l'équivalent de «  sacrement  ». Le grand évêque de Milan, qui baptisa saint Augustin, écrivit deux traités, très semblables  : Des mystères et Des sacrements. Il y parle surtout du baptême et de l'Eucharistie.    Dans un sermon pour le jour de Pâques, saint Augustin déclare  : «  Nous irons à la sainte Eglise. Nous participerons à la table des mystères de Dieu.  » Il s'agit, évidemment, de l'Eucharistie. Ces «  mystères  » n'ont rien à voir avec ceux que les policiers ont à élucider. Dans la langue chrétienne occidentale, les «  mystères  » désignent aussi les différents moments de la vie du Christ. Chacun d'eux est porteur d'une révélation et d'une grâce, toujours actuelles puisque le Christ est ressuscité. C'est ainsi que le rosaire propose de méditer vingt «  mystères  »  : joyeux, lumineux, douloureux, glorieux. Cette remarque n'a pas pour but de recommander la récitation du chapelet pendant la Messe. Mais elle suggère que l'Eucharistie récapitule toute l'existence du Christ, dont l'amour pour nous culmine dans le sacrifice de la Croix. Mystère de la foi Les deux mots, mysterium fidei, étaient autrefois inclus dans les paroles du Christ pour la consécration du vin. Nul ne sait comment ils étaient arrivés là. Ils pouvaient être compris dans un sens assez restreint  : la consécration du pain et du vin en corps et Sang du Christ, alors qu'apparemment rien n'a changé, est un défi à la raison raisonnante, que seule la foi peut relever. Mais ce serait porter le regard sur le seul aspect miraculeux de la consécration. Dans son commentaire très savant sur la «  Messe romaine  » (1953), le Père Jungmann avait trouvé cette belle formule  : «  Le calice de la Nouvelle alliance est le Saint des Saints de notre foi.  » L'expression «  mystère de la foi  » se trouve une fois, telle quelle, dans la 1ère à Timothée 3, 9. Dans les évangiles, il est question du Mystère du Royaume  : il est donné aux disciples de le connaître. Le mot revient plusieurs fois chez saint Paul, en différentes épîtres. Le «  Mystère  » est toujours lié à l'idée de «  révélation  » ou «  d'annonce  ». Le Mystère était caché dans l'éternité de Dieu. Mais, aujourd'hui, il est révélé et il doit être annoncé, parce qu'il est bonne nouvelle. En quoi consiste le Mystère  ? En ce que les païens sont admis au même héritage qu'Israël. Désormais, ils sont concitoyens des saints. Ils font partie de la maison de Dieu. Ils ne sont plus des étrangers, sans espérance ni Dieu en ce monde. Eux qui étaient loin sont devenus proches. Désormais, n'existe plus qu'un seul Corps. Cet «  Homme nouveau  » est né de la Croix du Christ, car «  en sa chair, il a tué la Haine  » (2, 15-16). Le même thème est repris dans l'épître aux Colossiens (1, 27), avec un cri de joie et d'admiration : «  Dieu a bien voulu faire connaître de quelle gloire est riche ce mystère chez les païens  : c'est le Christ parmi vous  ! l'espérance de la gloire  !  »  Cette exclamation fait penser à notre acclamation liturgique, dans sa traduction française qui, pour n'être pas littérale, n'en est pas moins fidèle  : «  Il est grand, le mystère de la foi  !  » Il est grand, dans les quatre dimensions chères à saint Paul. Le salut dont l'Eucharistie fait mémoire manifeste la profondeur de l'amour de Dieu qui, en son Fils, est descendu aux enfers. Il s'étend à tous les peuples, dans la largeur de l'espace et la longueur de l'Histoire. Il nous élève auprès du Père, puisque, toujours selon les mots de saint Paul, Dieu «  nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus  » (Ephésiens 2, 6). Christ manifesté dans la chair, Justifié dans l'Esprit, Apparu aux anges, Proclamé aux nations Cru dans le monde, Enlevé dans la gloire  ! Ce Mystère est «  grand  » (1 Timothée 3, 16) et c'est lui qui nous est rendu présent dans l'Eucharistie quand sur l'ordre du Seigneur, nous le célébrons. News de Catholique.org Arméniens : "Apprendre à goûter la bonne saveur de l'unité"http://news.catholique.org/56444-armeniens-apprendre-a-gouter-la-bonne-saveur 2015-04-24T00:17:02Z text/html fr Catholique.org Il faut "apprendre à goûter la bonne saveur de l'unité", confie à Zenit lerecteur du Collège pontifical arménien de Rome à l'occasion du centième anniversaire du déclenchement du génocide et de la célébration à Saint-Pierre, autour du pape François, le 12 avril. Il y a un siècle exactement en effet ce vendredi 24 avril 2015, 600notables arméniens étaient assassinés sur ordre du gouvernement de la Turquie ottomane : c'était, le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l'empire ottoman, le tragique début du “Grand Mal”, le “premier génocide du XXe siècle” comme l'appelé le pape Jean-Paul II. Ce génocide a fait entre 1,2 à 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc – les deux tiers des  Arméniens de l'empire - , ainsi que plus de 250.000 dans la minorité assyro-chaldéenne des provinces orientales et 350.000 chez les Pontiques, orthodoxes hellénophones de la province du Pont. En ce jour de mémoire, le recteur du Collège pontifical arménien de Rome, Mgr Georges Noradounguian Dankaye revient, pour Zenit, sur les récentes comémorations qui ont rassemblé au Vatican les patriarches arméniens, à Saint-Pierre, pour la proclamation de saint Grégoire de Narek comme docteur de l'Eglise. Zenit - Le Collège pontifical arménien organise-t-il des événements particuliers à l'occasion de ce centenaire ? Mgr Georges Noradounguian Dankaye - Comme chaque année, le 24 avril, on célèbre la Sainte messe avec une méditation appropriée pour l'occasion. A cette messe participent tous les Arméniens de Rome et leurs amis. L'année dernière j'ai proposé une réflexion qui avait pour titre : «  Je cherche mes frères  » - les Turcs -. Pour cette année j'ai choisi les paroles de N. S. Jésus à la Samaritaine : «  Dieu est Vérité et il veut qu'on l'adore en Esprit et Vérité  ». C'est justement le cas des martyrs soit du passé soit d'aujourd'hui en Irak, en Syrie, etc. Durant l'année il y a toujours des activités culturelles, des conférences sur l'histoire, la culture des Arméniens et leurs causes. Qu'est-ce que la proclamation de saint Grégoire de Narek comme Docteur de l'Eglise apporte au centenaire ? C'est tout d'abord le centenaire qui a accéléré la cause de la proclamation. Deuxièmement, c'est un grand don de l'Eglise catholique à l'Eglise arménienne. C'était l'initiative de l'église Arménienne catholique  : la cause de la proclamation a commencé il y a quelques dizaines d'années. Deux congrès sur saint Grégoire ont été organisés dans cette direction, le premier à Rome, le second au Liban. Des études approfondies ont été fait avec l'aide de Mgr Levon Zekian et Jean-Pierre Mahé et d'autres grands «  arménologues  ». Des traductions de ses œuvres ont été préparées. Troisièmement, c'est un saint d'il y a 10 siècles. Or, avant le grand schisme (1054), saint Grégoire est le saint de tous les Arméniens, catholiques et apostoliques. Sa proclamation comme docteur de l'Eglise est d'une grande actualité œcuménique. Puisse, Saint Grégoire dorénavant accélérer l'union de l'Eglise Arménienne, une des unions les plus faciles et imaginables selon des experts en la matière. Quatrièmement, son Livre des lamentations, ses discours avec Dieu ont une fraîcheur spirituelle actuelle. Les discours avec Dieu sont de plus en plus rare de nos jours. En trouve en effet des milliers d'études sur Dieu mais ils sont très rares les discours actuels avec Dieu. Donc, cela aidera à rendre aux Arméniens d'abord et à l'Eglise universelle un langage actuel, des prières qui viennent du profond du cœur, avec Dieu. La célébration au Vatican a vu la participation du patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques, Nersès Bedros XIX Tarmouni, de Karékine II, Patriarche suprême et Catholicos de Tous les Arméniens, et d'Aram Ier, Catholicos de la Grande Maison de Cilicie : quel message retenez-vous ? La souffrance et la mort pour la foi chrétienne est le facteur commun de tous les Arméniens. Comme Peuple, les Arméniens sont des pionniers en matière démocratique. Entre Arméniens, on ne trouve pas beaucoup de sujets autours desquels se mettre d'accord… Donc la mémoire du génocide, comme toujours, a réussi à rassembler tous les chef religieux des Arméniens autour de l'autel de saint Pierre et autour de son Successeur, le Pape François. En doit reconnaître au Patriarche des Arméniens catholiques Nersès Bedros l'idée de cette messe présidé par le Saint-Père en présence aussi du Président de la jeune République arménienne. Le Message du Pape a consolé les coeurs des Arméniens. Cette image qui est en même temps un message fort passera à l'Histoire : autour du Pape, les trois Catholicos des Eglises Arménienne et le Président de la République, pour apprendre à goûter la bonne saveur de l'unité. Ce serait un grand péché que de publier des images où il manquerait l'un d'eux. Aujourd'hui, comment soigner les blessures du peuple arménien ? Quelle route reste-t-il à parcourir ? Dans quel esprit  ? Les blessures seront soignées par la reconnaissance du génocide de la part du monde entier. Ce ne sera pas seulement pour notre bien à nous, les Arméniens, mais cela favorisera le bien commun et nous serons les témoins de l'arrêt des massacres à fond religieux actuels soit contre les chrétiens soit entre les musulmans. Le parcours obligatoire c'est la fidélité à la cause. L'esprit : de dialogue, de pardon, d'ouverture, de compréhension. Quels sont les instruments concrets et spirituels que vous recommanderiez pour la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple turc ? Pour la pacification ? Notre problème n'est pas avec le peuple turc avec lequel on a vécu l'un à côté de l'autre, avec lequel on a cherché toujours le bien commun. Le problème reste avec les autorités qui ont encore la difficulté d'accepter une responsabilité. Le 6 novembre 2014, une délégation de la paroisse arménienne de Saint-Nicolas-de-Tolentino a participé à la messe du pape François à Sainte-Marthe : est-ce que le pape a adressé des paroles à la communauté arménienne ? Pas du tout. La messe de Sainte Marthe est une eucharistie durant la quelle le Saint-Père fait une petite méditation sur l'Evangile du jour. Moi-même j'accompagnais les fidèles. Cela me rend triste à chaque fois je lis des commentaires de la méditation quotidienne du Pape avec une lecture politique. Que gardez-vous de cette rencontre ? Tout d'abord, la simplicité du Saint-Père, son message courageux, direct, simple, qui entre sans aucun effort dans le coeur de l'homme en l'invitant à lire sa vie sous un nouvel angle de vue. Ensuite, le message du Pape est, malgré sa portée dure, réconfortant, consolant et encourageant.    News de Catholique.org France : "Jeunes et engagés - Portraits d'une Eglise qui (se) bouge"http://news.catholique.org/56424-france-jeunes-et-engages-portraits-d-une 2015-04-23T10:17:02Z text/html fr Catholique.org L'Église de France est « riche d'une jeunesse qui se bat pour un monde meilleur  », affirme Martin de Lalaubie  : «  En permettant à chaque jeune de relire ses actions à la lumière de la doctrine sociale de l'Église, il verra qu'une action qu'il peut considérer comme insignifiante ou limitée participe à la vitalité de cette doctrine aujourd'hui.  » Martin de Lalaubie, 26 ans, étudiant en journalisme, est le réalisateur du webdocumentaire « Jeunes et engagés - Portraits d'une Eglise qui (se) bouge », qui expose les grands principes de la doctrine sociale de l'Église, à travers des témoignages concrets. Il explique ce projet réalisé sous l'égide du Centre de recherche et d'action sociale (Ceras). Zenit - En quoi consiste ce projet ? Comment est-il né ? Martin de Lalaubie - « Jeunes et engagés - Portraits d'une Église qui (se) bouge » est un webdocumentaire visant à donner aux jeunes le désir de découvrir la doctrine sociale de l'Église. L'enjeu est de faire prendre conscience aux jeunes chrétiens que cette doctrine est très actuelle et qu'ils la font déjà vivre à travers leurs engagements ! Pour illustrer les grands principes de cette doctrine, nous sommes partis à la rencontre de jeunes engagés dans différents champs d'action. Nous avons pris leurs engagements comme exemples que nous avons enrichis d'enseignements d'experts et d'éclairages d'acteurs institutionnels. Ce projet est né au début de l'année 2013. Participant à une formation sur la doctrine sociale de l'Église, je me suis rendu compte que très peu de jeunes la connaissaient car il n'existait aucun support à destination de ma génération. J'ai donc décidé d'en créer un à partir des médias que nous utilisons quotidiennement, la vidéo et Internet. Qu'est-ce qu'il a fallu faire pour le mettre en oeuvre ? Il a fallu d'abord trouver une structure pour porter le projet. Une fois que le Ceras m'a ouvert ses portes, nous avons décidé de rassembler plusieurs mouvements et services d'Église : il est très intéressant de construire un outil avec ceux qui seront amenés à l'utiliser. Avec toutes ces personnes, nous avons constitué un comité de pilotage qui accompagnait de près la mise en œuvre du projet. Le comité était à l'image de l'Église, riche et pluriel ! Pluralisme qui se retrouve dans la diversité de nos vidéos. Pourquoi cibler les jeunes ? Sont-ils réceptifs à ce programme ? Nous avons décidé de cibler les jeunes car il existait un vrai manque d'outil et de support pour nous faire découvrir la doctrine sociale de l'Église. Alors que les jeunes sont acteurs à part entière de cette doctrine ! Et à partir des premiers échos que nous avons reçus, nous pouvons clairement dire : oui, ils sont réceptifs à ce programme ! Parce que nous partons du terrain et de leurs actions, qu'ensuite nous enrichissons d'enseignement et d'éclairage institutionnel. Ce n'est pas une formation descendante, c'est une mise en exergue de toute la richesse de l'engagement des jeunes chrétiens aujourd'hui, que nous inscrivons dans la dynamique de la doctrine sociale de l'Église. Qu'est-ce qui fait la spécificité du message de l'Église sur les réalités sociales ? Les chrétiens croient que l'homme est à l'image de Dieu. Il y a donc, au cœur de chacun de nous, une dignité précieuse à révéler. C'est ce à quoi Paul VI fait référence, il me semble, dans l'encyclique Populorum progressio quand il parle de l'Église comme « experte en humanité ». Avant de voir des peuples, des masses, des pauvres, des problèmes… nous voyons des femmes et des hommes porteurs d'une dignité qui ne demande qu'à éclore. Une autre spécificité est que, portés par notre foi, nous vivons dans l'espérance. Quand le pape François nous rappelle que « une foi authentique […] implique toujours un profond désir de changer de monde » (Evangelii Gaudium), c'est pour nous inviter à l'action, à sortir des églises et ne pas nous laisser désespérer par des problématiques mondiales qui peuvent nous dépasser. Nous avons tous un rôle à jouer. Quelle influence ce message a-t-il aujourd'hui en France ? Avec la sécularisation, ce message est-il oublié ? Si certains pensent que ce message est oublié, c'est qu'ils ne le partagent pas assez ! La sécularisation a permis à l'Église de se retirer des jeux de pouvoirs et de se concentrer sur ce qui l'anime depuis 2000 ans : servir tous les hommes et tout l'homme. Le pape François, parce qu'il n'a pas peur de dénoncer les maux de nos sociétés avec des mots percutants, contribue à rendre plus audible le message de la doctrine sociale de l'Église. Mais c'est aussi à chacun de nous d'être influent au quotidien, et nous le serons principalement par nos actes. A chacun de se demander ce que signifie « agir en chrétien » au travail, en famille, dans la société… Que faire pour que la Doctrine sociale ne reste pas auprès des jeunes une "doctrine" théorique, mais qu'elle se décline dans la réalité du quotidien ? Il faut valoriser ce qui existe déjà. En partant à la rencontre de jeunes chrétiens engagés, je me suis rendu compte que notre Église était riche d'une jeunesse qui se bat pour un monde meilleur. En permettant à chaque jeune de relire ses actions à la lumière de la doctrine sociale de l'Église, il verra qu'une action qu'il peut considérer comme insignifiante ou limitée participe à la vitalité de cette doctrine aujourd'hui. Finalement, le travail du webdocumentaire ne met en avant qu'une infime partie de cette richesse. J'espère donc que ça servira d'exemple ! "Jeunes et engagés", c'est aussi l'histoire d'une collaboration variée ? Si nous avons atteint cette qualité et surtout cette diversité, c'est parce que nous avons réussi à rassembler dans le comité de pilotage 14 mouvements et services d'Église qui n'avaient pas forcément l'habitude de collaborer. Chacun est venu avec ses particularités et ses différences. Mais tous, nous avons travaillé d'un élan commun. Ce fut une véritable expérience d'Église ! News de Catholique.org