Catholique.orghttp://www.catholique.org/ Portail Catholique Francophone fr Catholique.org Fri, 28 Aug 2015 09:17:01 +0200 SPIP 3.0.11 - www.spip.net Catholique.org http://www.catholique.org/images/catholique-logo-noir-200.jpghttp://www.catholique.org/ Prière Eucharistique III : « Et maintenant, nous te supplions… » (2/2)http://news.catholique.org/58047-priere-eucharistique-iii-et-maintenant-nous 2015-08-28T07:17:01Z text/html fr Catholique.org « Et maintenant, nous te supplions… » (2/2) La prière d’intercession fait alterner l’universel et le particulier : elle vise « le monde entier », « l’ensemble des évêques », les prêtres et les diacres de partout (universo clero) ; mais elle nomme le pape actuel et l’évêque du diocèse où l’Eucharistie est célébrée. Notons au passage que, si le prêtre appartient à un autre diocèse, il nommera l’évêque du lieu et non celui de son diocèse personnel : le prêtre ne célèbre pas en son nom propre mais, d’abord, pour les fidèles présents. Tout le peuple des rachetés Cette expression rappelle une des préfaces du dimanche : « Nous portons désormais ces noms glorieux : nation sainte, peuple racheté, race choisie, sacerdoce royal. » En arrière-fond se trouve la Première Epître de Pierre (2, 9) : « Vous êtes la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis. » Tous ces titres viennent de l’Ancien Testament où ils sont appliqués à Israël. Quand Paul prend congé des anciens d’Ephèse, il leur recommande de prendre soin de « l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par le sang de son propre Fils » (Actes 20, 28). Ce « peuple » unique, c’est donc l’Israël nouveau, unifié par la Trinité Sainte, selon la parole de saint Cyprien reprise par le concile Vatican II. Mais au lieu de traduire « tout le peuple des rachetés », il serait grammaticalement aussi logique de lire : « chaque peuple que tu as racheté ». Nous l’avions vu au début de la Prière : là où le français dit « toute la création », le texte originel dit « chaque créature ». Quand il chante le Créateur, le livre de la Genèse se plaît à souligner les différences : l’expression « selon son espèce » revient à dix reprises. Non seulement, le Créateur dénombre les étoiles, mais il les appelle « chacune par son om » (Psaume 146-147, 4). Le Seigneur tient un « livre des peuples » (Psaume 86-87) : chaque homme est né dans l’un ou l’autre de ces peuples, même si c’est en Sion que tous renaissent. Le miracle de la Pentecôte n’est pas l’instauration d’une langue unique mais le fait que chacun entende proclamer, « dans sa langue », les merveilles de Dieu. On sait le respect dont le saint pape Jean Paul II entourait la diversité des cultures. Dans les visions de l’Apocalypse, la Jérusalem céleste est peuplée d’hommes venant de « toute race, langue, peuple et nation ». La Cité sainte n’est pas un camp de concentration, où l’homme est réduit à un matricule. La famille De nouveau, la vision se focalise sur l’assemblée : ceux qui « se tiennent » là, « debout » comme la Vierge au pied de la Croix, ont répondu à une « volonté » de Dieu. « L’Eglise », avant d’être une communauté de croyants, est une « convocation », un « appel » de Dieu. De même pour la communauté, grande ou petite, qui se tient près de l’autel. Cette communauté est appelée « famille ». Les évangiles nous renseignent sur les relations difficiles entre Jésus et sa famille de Nazareth : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » Jésus ne récuse pas ces termes mais la filiation ne s’établira plus selon la chair et le sang, mais selon l’Esprit Saint. A sa mère, il donne pour fils le disciple bien-aimé. Ses frères et ses sœurs, ce sont ceux qui font la volonté de son Père. « Frères » est l’expression la plus usuelle pour désigner les disciples dans les premiers temps de l’Eglise. Nous sommes de la « maison » de Dieu (Ephésiens 2, 19). Parmi tous les symboles évocateurs de l’Eglise, la famille est privilégiée par les Africains qui ont un sens de la famille beaucoup plus étendu que les Occidentaux d’aujourd’hui. Les papes n’hésitent pas, non plus, à parler de la « famille humaine ». « Qu’as-tu fait de ton frère ? » : la question que Dieu pose à Caïn s’adresse à tout homme dans son rapport à tout autre homme, puisqu’ils sont « frères ». Mais ici, il s’agit bien des frères et sœurs rassemblés en ce lieu, à cette heure, pour offrir le sacrifice de toute l’Eglise. Le « premier-né d’une multitude de frères » (Romains 8, 29) est aussi celui qui a promis d’être présent, là où deux ou trois sont réunis en son nom (Matthieu 18, 20). Les enfants dispersés Ce passage de la Prière III peut, évidemment, inclure la recherche de l’unité entre les chrétiens. Mais ce n’est, sans doute, pas sa visée première, qui est universaliste. Les mots sont une citation presque littérale de saint Jean. Caïphe voyait dans la condamnation de Jésus le moyen, pour le peuple d’Israël, d’échapper à un risque d’anéantissement par Rome. L’évangéliste commente : « Etant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 51-52). L’image est chère à saint Jean : le loup disperse les brebis, alors que le Bon Pasteur les rassemble (Jean 10). Cette symbolique vient d’Ezéchiel. Quand Jérusalem a été prise par les Babyloniens, la population a été emmenée en exil et dispersée. Le prophète annonce qu’un jour viendra (ce sera le retour d’Exil) où Dieu « retirera ses brebis de tous les lieux où elles furent dispersées, au jour de nuées et de ténèbres » (Ezéchiel 34, 12). De là vient la sinistre dénomination « Nacht und Nebel », « Nuit et Brouillard ». Le rassemblement n’est pas une fin en soi : au goulag, les hommes étaient bien rassemblés. La Prière III précise : « ramène à toi ». Le texte original est même plus fort : « unis à toi », le terme étant celui qui désigne l’union des « conjoints ». C’est dans le Christ que nous sommes rassemblés. C’est en lui que notre vie trouve son unité : « Qui n’amasse pas avec moi, dissipe », disperse (Luc 11, 23). La Prière eucharistique s’adresse tout entière au Père. Elle proclame ce qu’il fait et formule ce que l’Eglise lui demande. Mais elle ne dit pas grand-chose sur lui. Exception : il est ici qualifié de clemens, « très aimant », dit le français. C’est cette clémence que la Prière va maintenant invoquer pour les défunts. News de Catholique.org Prière Eucharistique III : "Et maintenant, nous te supplions..." (1/2)http://news.catholique.org/58011-priere-eucharistique-iii-et-maintenant-nous 2015-08-21T07:17:01Z text/html fr Catholique.org « Et maintenant, nous te supplions… » (1/2) La prière d’intercession évoque, successivement, en phrases brèves, le monde, l’Eglise, clercs et fidèles, l’assemblée et les enfants de Dieu « dispersés ». Viendront ensuite les défunts. Pour le monde tout entier Dans le dialogue qui introduit la Prière sur les offrandes, les fidèles avaient répondu au prêtre qu’ils étaient prêts à offrir le sacrifice de toute l’Eglise « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Le Sanctus et le début de la Prière eucharistique avaient invoqué le Seigneur, « Dieu de l’univers », lui qui « sanctifie toutes choses ». Il n‘est donc pas étonnant que le « salut » du monde soit, de nouveau, évoqué. Ce sont des mots chers à saint Jean : Dieu a envoyé son Fils « pour que le monde soit sauvé » (Jean 3, 17). Incidemment, la première épître à Timothée (2, 4) nous assure que « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». Juste avant, l’épître recommandait « qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et tous les dépositaires de l’autorité, afin que nous puissions mener une vie calme et paisible » (1 Timothée 2, 1-2). Le salut éternel des personnes et le bien-être de la cité temporelle ne sont donc pas totalement étrangers l’un à l’autre. Mais le « salut du monde entier » ne se limite, ni à l’horizon temporel, ni à la seule humanité. Le chapitre 8 de l’épître aux Romains associe toute la Création au salut final que nous espérons : elle « espère être libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Romains 8, 20-21). Le gage de cette espérance nous est donné dans l’Eucharistie : en elle, le pain et le vin, « fruits de le terre, de la vigne, et du travail des hommes », servent de support à la présence réelle de Celui « en qui sont réconciliés tous les êtres, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Colossiens 1, 20). Le « salut » et la « paix » s’embrassent, comme, dans le psaume 85 (verset 11), la Justice et la Paix. Dans la prière chrétienne, il ne faut jamais opposer l’immédiat et l’ultime, le physique et le plus spirituel. Le « pain » que nous demandons dans le Notre Père est aussi bien celui dont manquent tant d’affamés que le Pain de la Parole et de l’Eucharistie. De même pour le salut et la paix. Pour l’Eglise pèlerine De la prière pour le monde entier, nous passons à l’Eglise, « au long de son chemin sur la terre ». Pour elle, nous demandons qu’elle soit « affermie » dans la foi et la charité. Pourquoi pas dans l’espérance ? Parce que l’espérance est inclue dans le terme traduit par « chemin ». La Prière III, nettement marquée par le concile Vatican II, emploie un mot fréquemment utilisé par le concile quand il parle de l’Eglise : peregrinans, en pèlerinage. Il se trouve, en particulier, dans les quatre textes majeurs : l’Eglise, l’Eglise dans le monde de ce temps, la Révélation, la Liturgie. Pour les Latins, un « pèlerin » est quelqu’un qui voyage à l’étranger. Il n’est pas dans son pays. Il est, en quelque sorte, en exil. C’est le statut du chrétien, tel que le décrit l’Epître à Diognète (2ème siècle ?) : « Les chrétiens résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés… Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. » Saint Paul avait déjà dit : « Notre cité se trouve dans les cieux » (Philippiens 3, 20). Quand le concile parle de l’Eglise en pèlerinage, il n’envisage pas la mission à travers l’espace, sur la surface du globe. Le texte qui a inspiré le concile est une phrase de saint Augustin dans la Cité de Dieu : « L’Eglise avance dans son pèlerinage, entre les persécutions du monde et les consolations de Dieu. » Le chapitre 7 de la constitution sur l’Eglise a pour titre : « Le caractère eschatologique de l’Eglise pérégrinante et son union avec l’Eglise du ciel ». Logiquement, le chapitre suivant de la Constitution est consacré à Marie. L’Eglise est en pèlerinage vers la cité céleste, vers le Royaume où Marie se trouve déjà. Selon une formule en vogue à l’époque du concile, le temps de l’Eglise est celui « du déjà là et du pas encore ». Saint Paul dit que Dieu nous a fait asseoir avec le Christ dans les cieux (Ephésiens 2, 6). Mais il dit aussi que « demeurer dans ce corps, c’est vivre en exil (la traduction latine dit : ‘pérégriner’) loin du Seigneur ». Le verset suivant éclaire la Prière eucharistique : « Car nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (2 Corinthiens 5, 6-7). Pour son pèlerinage, l’Eglise doit être affermie dans la foi et dans la charité. Dans la foi, parce que celle-ci « est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas » (Hébreux 11, 1). La charité, parce que celle-ci est déjà l’éternité. Elle « ne passe jamais » (1 Corinthiens 13, 8). Le pèlerinage vers un sanctuaire est un beau symbole de l’existence chrétienne comme de toute l’Eglise. Le pèlerin porte déjà en lui le lieu vers lequel il se dirige : une grâce l’y attend. Mais, pour l’instant, il faut marcher. Clercs et fidèles Comme pour le « salut et la paix » du monde, regarder loin n’empêche pas de regarder aussi l’immédiat. C’est pourquoi nous prions pour le pape, successeur de celui à qui le Christ a dit « sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », « pais mes brebis » : il est le garant de la catholicité. Nous prions pour l’évêque, pasteur de l’Eglise locale en laquelle prend corps l’Eglise universelle. Tout sacrement est célébré en communion avec l’évêque du lieu : à plus fort raison, l’Eucharistie, sacrement du Corps du Christ. Pour éviter l’esprit de chapelle, la Prière III évoque « l’ensemble des évêques » qui, unis au pape, ont en charge, collégialement, l’évangélisation du monde. Le mot « clergé » n’ayant pas bonne presse dans la langue française de notre époque, la traduction a préféré parler des prêtres et des diacres qui, mariés ou non, sont des « clercs » par leur ordination. Pour marquer le lien entre l’évêque et ses prêtres, un usage ancien voulait qu’un fragment du pain consacré par l’évêque soit porté aux divers lieux où célébraient les prêtres, qui agissent au nom de l’évêque là où celui-ci ne peut se trouver. Quant aux diacres, s’ils ne président pas l’Eucharistie, leur ministère est aussi eucharistique, dans la préparation et dans la distribution. Les fidèles sont mentionnés ensuite, de trois manières différentes : nous prendrons le temps d’écouter ce que dit la Prière III. (à suivre) News de Catholique.org Prière Eucharistique III : « le sacrifice qui nous réconcilie »http://news.catholique.org/57980-priere-eucharistique-iii-le-sacrifice-qui 2015-08-14T07:17:02Z text/html fr Catholique.org « Le sacrifice qui nous réconcilie » Avant d’aller plus loin, offrons-nous une vue panoramique sur la Prière III. Elle ressemble à un territoire dans lequel deux vallées sont séparées par une chaîne de montagne. Heureusement, la « nature » a ménagé un col qui permet le franchissement d’un versant à l’autre. L’accès est malaisé et l’altitude du col, élevée. Mais c’est le seul. Sur le premier versant, se trouvent la Préface et le Sanctus, où les anges et l’univers entier chantent la gloire de Dieu. La Prière se poursuit en le louant, Lui, « Dieu de l’univers », qui mérite une offrande pure, « partout dans le monde ». Mais il faut s’engager dans la montagne. Une vallée se présente : c’est la communauté des fidèles. Le col, l’unique passage, c’est la Pâque du Seigneur, dont il a confié le mémorial à son Eglise. Au départ du second versant, les trois prières qui suivent l’anamnèse expriment l’adhésion des fidèles à cette Pâque glorieuse qui a déjà porté des fruits de sainteté. L’horizon s’élargit de nouveau en redescendant, par les prières d’intercession : pour le monde, pour l’Eglise, pour l’unité, pour les défunts. Mais l’acclamation finale rappelle que toute la Prière n’a de consistance que grâce au Christ, « par lui, avec lui et en lui ». Le même schéma pourrait s’énoncer en termes de cinéma, avec un cadrage qui se concentrerait progressivement sur un unique personnage avant de s’élargir de nouveau. Et, sur la dernière image, apparaît le mot « Fin ». Un mot cher à saint Paul : la « réconciliation » La traduction française accentue le tournant que prend la Prière III dans sa deuxième partie en introduisant les prières d’intercession par « Et maintenant… ». Les intercessions auprès du Père se justifient par « le sacrifice qui nous réconcilie avec toi ». C’est l’idée du « sacrifice qui nous a rétablis dans ton Alliance », exprimée peu avant. Mais le texte liturgique français, parfaitement orthodoxe, était assez éloigné de l’original latin : le mot « alliance » n’y était pas. Ici, au contraire, il est bien question de « réconciliation ». Le vocabulaire de la réconciliation est employé, à un préfixe près, dans quatre épîtres de saint Paul. Il existait déjà dans un livre tardif de l’Ancien Testament, dans un sens spécifiquement religieux. « Si, étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie… Dès à présent, nous avons obtenu la réconciliation » (Romains 5, 10-11). Où il apparaît, incidemment, que le « salut » est plus qu’un simple sauvetage. Aux Corinthiens en proie aux divisions, saint Paul prêche la réconciliation. Il ne s’appuie pas sur un impératif moral, réalisable avec un peu de bonne volonté : la réconciliation est oeuvre de Dieu, dont Paul et Timothée sont les ministres. Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car c’était Dieu qui, dans le Christ, se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation… Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. 2 Corinthiens 5, 18-20 Ces phrases nous empêchent d’oublier que l’initiative vient toujours du Père. Quant à la « parole de réconciliation », elle ne s’énonce pas seulement en mots, mais en actes, l’acte récapitulatif étant la Passion dont l’Eucharistie est le mémorial. S’ils se laissent réconcilier avec Dieu, ils ne pourront pas ne pas se réconcilier entre eux. Quelques années plus tard, la vision de Paul s’élargit. Il avait déjà écrit aux Romains que la Croix du Christ avait réconcilié les païens avec Dieu (11, 15). Maintenant, il voit dans la Croix la source de la réconciliation, en un seul Corps, des juifs et des païens (« Israël » et les « nations », dans le vocabulaire biblique). « En sa personne, le Christ Jésus a tué la haine. Il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches. Par lui nous avons, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père » (Ephésiens 2, 16-18). Le texte est trinitaire, comme toutes les Prières eucharistiques. L’épître aux Colossiens, qui est, paraît-il, à peu près contemporaine de la lettre aux Ephésiens, va encore plus loin. Par son Fils bien-aimé, « Premier-Né d’entre les morts », Dieu « s’est plu à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Colossiens 1, 18-20). Nous y reviendrons. Une réconciliation indivisible Les deux autres usages du vocabulaire de la réconciliation dans le Nouveau Testament sont instructifs. Toujours aux Corinthiens, champions de la querelle, Paul conseille que, si une femme a été séparée de son mari, si possible, elle se réconcilie avec lui (1 Corinthiens 7, 11). « Si possible » : saint Paul est réaliste. L’autre exemple vient des évangiles et touche encore de plus près l’Eucharistie. « Quand tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souvins que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande » (Matthieu 5, 23-24). C’est pourquoi, dans certaines liturgies, l’échange de la paix se situait avant l’entrée dans la Prière eucharistique. Il se pourrait que cet usage soit, à l’avenir, non imposé, mais autorisé. Dans sa sobriété, le texte latin primitif de la Prière III laisse ouvertes toutes les dimensions de la réconciliation. « Notre réconciliation », dit-elle : avec Dieu, avec les autres, avec nous-même, avec le monde ? Tout cela ensemble, ont dû penser les rédacteurs, en s’abstenant de préciser. News de Catholique.org Marie et les saints de tous les temps dans les Prières eucharistiqueshttp://news.catholique.org/57952-marie-et-les-saints-de-tous-les-temps-dans 2015-08-07T07:17:01Z text/html fr Catholique.org Marie et les saints de tous les temps Un bien commun La mention de la Vierge Marie est commune à toutes les liturgies eucharistiques, orientales ou occidentales, depuis une haute antiquité. Voici comment s’exprime la liturgie de saint Jean Chrysostome, la plus répandues dans le monde orthodoxe. Juste après le récit de l’Institution et l’appel de l’Esprit Saint, le prêtre mentionne « en premier lieu la toute-sainte, toute pure, bénie par-dessus tout, notre glorieuse souveraine la Mère de Dieu et toujours vierge Marie. » Le chœur enchaîne : « Il est digne, en vérité, de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse à jamais et très pure et Mère de notre Dieu, toi, plus vénérable que les chérubins et infiniment plus glorieuse que les séraphins, qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi véritablement la Mère de Dieu, nous te magnifions. » La liturgie latine dit la même chose, mais dans son style habituel : laconique. L’essentiel y est : « la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu ». « Marie » est son nom humain, comme « Jésus » est celui de son Fils. Ce nom fait penser à Myriam, la sœur de Moïse. Elle est la « Mère de Dieu », expression consacrée au concile œcuménique d’Ephèse (431). Elle est vierge, selon la prophétie d’Isaïe 7, 14 dans la traduction grecque en usage à l’époque de Jésus. Elle est « bienheureuse », comme elle l’avait annoncé dans son Magnificat : « Toutes les générations me diront bienheureuse. » L’Eucharistie n’est pas seulement le rappel d’événements passés, ni même leur actualisation : c’est déjà beaucoup mais ce n’est pas tout. Elle est aussi prophétie, anticipation, arrhes du monde à venir qui est déjà réalisé dans le ciel. L’Eucharistie et le Notre Père, pareillement, prient pour que le Règne de Dieu vienne sur la terre comme il est déjà instauré dans le ciel. Les saints et les saintes sont les citoyens de ce royaume. Et, en premier lieu, Marie. La mention de Marie à ce moment de l’Eucharistie est donc normale puisqu’il s’agit « d’obtenir un jour les biens du monde à venir ». Pistes nouvelles ouvertes par le pape Jean Paul II Dans son encyclique sur l’Eucharistie (2003), le pape Jean Paul II a envisagé le rapport entre Marie et l’Eucharistie sous bien d’autres angles. Il reprend les grands moments de la vie de la Vierge et fait le lien entre ces événements et l’Eucharistie. Ces contacts ne se présentent pas dans l’ordre des épisodes rapportés par les évangiles. A l’Annonciation, Marie, dans la foi, accepte que se réalise en elle l’Incarnation du Verbe de Dieu. C’est bien le « mystère de la foi » que l’Eglise célèbre dans l’Eucharistie. Plus précisément, le pape rapproche le fiat de Marie et l’Amen que prononce le fidèle qui communie : nous communions au Fils de Dieu devenu Fils de Marie grâce à la foi de la Vierge. On pourrait aussi rapprocher le fiat de Marie et l’Amen qui conclut la Prière eucharistique. En allant visiter sa cousine Elisabeth, Marie est « le premier ‘tabernacle’ de l’histoire », selon l’expression du pape. Leur rencontre comme la Nativité sont inondées de joie, comme nous pouvons l’être dans la communion. Mais depuis la prophétie de Syméon jusqu’à la Croix, Marie « a fait sienne la dimension sacrificielle de l’Eucharistie ». Sur la Croix, le Christ confie l’un à l’autre sa Mère et le Disciple bien-aimé, qui, dans son anonymat, nous représente tous. Or, dit le pape, quand Jésus dit « faites ceci en mémoire de moi », il ne s’agit pas des gestes de la Cène, mais de « tout ce que le Christ a accompli dans sa passion ». Donc, l’Eucharistie est aussi le mémorial du nouveau lien qui unit la Mère et le Disciple. Marie et l’Eucharistie forment un « binôme » aussi inséparable que l’Eglise et l’Eucharistie. Revenant à la Visitation, le pape Jean Paul II voit dans le Magnificat un modèle de louange et d’action de grâce, en connivence avec l’Eucharistie. Plus précisément, la pauvreté des signes eucharistiques qui sont pourtant porteurs de la Présence réelle évoque l’inversion des valeurs qui réjouit Marie : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Dans le Magnificat comme dans l’Eucharistie, il y a une « tension eschatologique ». « Marie chante les ‘cieux nouveaux’ et la ‘terre nouvelle’ qui, dans l’Eucharistie, trouvent leur anticipation et, en un sens (formule que le pape Jean Paul II emploie très souvent), leur ‘dessein’ programmé. » La place singulière de Marie Dans la Constitution sur l’Eglise, le concile Vatican II a consacré un chapitre entier à la Vierge Marie. C’était une manière de dire que, si éminente, incomparable, soit sa situation parmi toutes les créatures, elle est, cependant, l’une d’entre elles. C’est pourquoi, dans la Prière Eucharistique, elle est nommée en tête d’une liste plus ou moins développée de saints. Parmi eux, depuis le pape Jean XXIII, vient en tête « saint Joseph, son époux ». Lui aussi, à sa façon, a coopéré à l’Incarnation. La réforme qui a suivi le concile Vatican II a voulu redonner la priorité au temps liturgique sur le calendrier des saints. Celui-ci aurait spontanément tendance à devenir envahissant, ne serait-ce qu’avec les innombrables béatifications et canonisations opérées par Jean Paul II. Mais il ne faut pas les oublier. Dieu se plaît parmi ses anges et ses saints. Il y a suffisamment de médiocrité et de péché dans l’Eglise pour qu’il vaille la peine de se rappeler que la véritable Eglise, disait sans cesse Bernanos, « c’est l’Eglise des saints ». Les saints sont, tout d’abord, les martyrs, les apôtres ayant eux-mêmes tous subi le martyre. Leurs tombes ont été vénérées et, à défaut de célébrer l’Eucharistie sur leur tombe, ce sont leurs reliques qui ont été placées dans l’autel lui-même. Cette pratique n‘est plus obligatoire aujourd’hui mais elle est riche de sens. En célébrant l’Eucharistie, nous sommes invités à faire de nos vies une vivante offrande à la gloire de Dieu. C’est précisément ce qu’ont fait les martyrs et, par extension, les saints et les saintes aux vertus héroïques. Leurs reliques sont un lien entre l’unique sacrifice du Christ et celui de son Eglise. News de Catholique.org "Pas de portes fermées !"http://news.catholique.org/57942-pas-de-portes-fermees 2015-08-05T02:17:02Z text/html fr Catholique.org L’audience générale de ce mercredi 5 août s’est déroulée à 10h dans la Salle Paul VI, où le pape François a rencontré des groupes de pèlerins et des fidèles venus d’Italie et du monde entier. Le pape a repris le cycle de catéchèses sur la famille en abordant la situation des personnes divorcées et de celles qui, après la rupture du lien matrimonial, commencent une nouvelle union. L’audience générale s’est conclue par le chant du Notre Père et la bénédiction apostolique. *** Catéchèse en italien Chers frères et sœurs, bonjour ! Avec cette catéchèse, nous reprenons notre réflexion sur la famille. Après avoir parlé, la dernière fois, des familles blessées à cause de l’incompréhension des époux, aujourd’hui je voudrais attirer notre attention sur une autre réalité : comment s’occuper de ceux qui, à la suite d’un échec irréversible de leur lien matrimonial, ont commencé une nouvelle union. L’Église sait bien qu’une telle situation contredit le sacrement chrétien. Toutefois, son regard de maîtresse vient toujours d’un cœur de mère ; un cœur qui, animé par l’Esprit Saint, cherche toujours le bien et le salut des personnes. Voilà pourquoi elle ressent le devoir, « par amour de la vérité », de « bien discerner les situations ». C’est ainsi que s’exprimait saint Jean-Paul II, dans l’exhortation apostolique Familiaris consortio (n.84), en prenant l’exemple de la différence entre celui qui a subi la séparation et celui qui l’a provoquée. Il faut faire ce discernement. Si nous regardons ensuite ces nouveaux liens avec les yeux des petits enfants – et les petits regardent – avec les yeux des tout-petits, nous voyons encore davantage l’urgence de développer dans nos communautés un accueil réel envers les personnes qui vivent de telles situations. C’est pourquoi il est important que le style de la communauté, son langage, ses comportements, soient toujours attentifs aux personnes, à partir des petits. Ce sont eux qui souffrent le plus, dans ces situations. Du reste, comment pourrions-nous recommander à ces parents de faire tout pour éduquer leurs enfants à la vie chrétienne, en leur donnant l’exemple d’une foi convaincue et pratiquée, si nous les tenions à distance de la vie de la communauté, comme s’ils étaient excommuniés ? Il faut faire en sorte de ne pas ajouter d’autres poids en plus de ceux que les enfants, dans ces situations, ont déjà à porter ! Malheureusement, le nombre de ces enfants et de ces jeunes est vraiment grand. Il est important qu’ils sentent que l’Église est une mère attentive à tous, toujours disposée à écouter et à les rencontrer. Dans ces décennies, en vérité, l’Église n’a été ni insensible ni paresseuse. Grâce à l’approfondissement réalisé par les pasteurs, guidé et confirmé par mes prédécesseurs, a grandi la conscience qu’un accueil fraternel et attentif est nécessaire, dans l’amour et dans la vérité, à l’égard des baptisés qui ont établi une nouvelle vie commune après l’échec de leur mariage sacramentel ; en effet, ces personnes ne sont pas du tout excommuniées : elles ne sont pas excommuniées ! Et elles ne doivent absolument pas être traitées comme telles : elle font toujours partie de l’Église. Le pape Benoît XVI est intervenu sur cette question, sollicitant un discernement attentif et un sage accompagnement pastoral, sachant qu’il n’existe pas de « recettes simples » (Discours à la VIIème rencontre mondiale des familles, Milan, 2 juin 2012, réponse n.5). D’où l’invitation répétée des pasteurs à manifester ouvertement et de façon cohérente la disponibilité de la communauté à les accueillir et à les encourager, pour qu’ils vivent et développent toujours plus leur appartenance au Christ et à l’Église par la prière, par l’écoute de la Parole de Dieu, par la fréquentation de la liturgie, par l’éducation chrétienne de leurs enfants, par la charité et le service rendu aux pauvres, par leur engagement pour la justice et la paix L’image biblique du Bon Pasteur (Jn 10,11-18) résume la mission que Jésus a reçue de son Père : celle de donner la vie pour ses brebis. Une telle attitude est un modèle aussi pour l’Église, qui accueille ses enfants comme une mère qui donne sa vie pour eux. « L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père […] ». Pas de portes fermées ! Pas de portes fermées ! « Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté. L’Église […] est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile » (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n.47). De la même manière, tous les chrétiens sont appelés à imiter le Bon pasteur. Les familles chrétiennes, surtout, peuvent collaborer avec lui en prenant soin des familles blessées, en les accompagnant dans la vie de foi de la communauté. Que chacun apporte sa contribution en assumant l’attitude du Bon pasteur, qui connaît chacune de ses brebis et n’en exclut aucune de son amour infini ! Traduction de Zenit, Constance Roques * Paroles du pape en italien J’adresse une pensée spéciale aux jeunes, aux malades et aux nouveaux époux. Aujourd’hui, nous célébrons la dédicace de la Basilique Sainte Marie Majeure, où l’on vénère l’icône de [la Vierge,] « Salut du peuple romain ». Invoquez la Mère de Dieu, chers jeunes, pour sentir la douceur de son amour ; priez-la dans les moments de croix et de souffrance, chers malades, en particulier vous, les « Anges de la liberté » de Syracuse ; regardez-la, chers nouveaux époux, comme le modèle de votre chemin conjugal de dévouement et de fidélité. News de Catholique.org « La miséricorde est une doctrine », par le card. Cottierhttp://news.catholique.org/57941-la-misericorde-est-une-doctrine-par-le-card 2015-08-04T23:17:03Z text/html fr Catholique.org « La miséricorde est une doctrine », explique le cardinal Georges-Marie Cottier, o.p., théologien émérite de la Maison pontificale, dans une longue interview par le directeur de la revue des jésuites italiens La Civiltà Cattolica, Antonio Spadaro. « La miséricorde est une doctrine. C’est le cœur de la doctrine chrétienne. Seule une mentalité étroite peut défendre le légalisme et imaginer la miséricorde et la doctrine comme deux choses distinctes », explique le théologien suisse. Il rappelle que c’est saint Jean-Paul II qui a institué le Dimanche de la miséricorde divine, et il souligne que l’Église « de nos jours, a compris que personne, quelle que soit sa position, ne doit être laissé seul » : « Nous devons accompagner les personnes, les justes comme les pécheurs. » Cette annonce de la miséricorde est même une « mission prioritaire de l’Église » dans l’Esprit-Saint qui « a conduit l’Église à prendre de plus en plus conscience de sa mission prioritaire qui est d’annoncer au monde la force souveraine de la divine miséricorde. » La miséricorde doit donc « marquer de son sceau toutes les initiatives pastorales de l’Église » : « Il est nécessaire que ce message rejoigne absolument tout le monde. » Il souligne l’adjectif « divine » en précisant que la miséricorde que l’Église « a la mission de faire rencontrer est la miséricorde divine », « ce n’est donc pas seulement une espèce d’empathie à l’égard de la souffrance humaine ». Il indique aussi le but ultime de cette pastorale de la miséricorde : « Les initiatives de miséricorde, entreprises en faveur de ceux qui vivent des situations douloureuses apparemment sans issue, doivent avec la compassion et le soulagement, aider la personne souffrante à ouvrir son cœur à la confiance dans le Père de la miséricorde. » Pour ce qui est de l’annonce de l’Évangile aujourd’hui et face à des phénomènes comme la sécularisation et le relativisme, le cardinal Cottier est convaincu que « les moyens humains contribuent » à l’expansion du Royaume de Dieu. Cependant, il ajoute : « Je suis convaincu qu’aujourd’hui, de manière particulière, il revient aux choses divines de protéger les choses humaines et de les vivifier. Au lieu de se retrancher derrière la forteresse de leurs œuvres, les chrétiens devraient entrer dans les profondeurs du monde, en comptant sur la force de Dieu qui est la force de l’amour et de la vérité. Ce sont les choses divines qui sauveront les choses humaines. Les moyens humains de défense de la civilisation deviennent de plus en plus inadéquats face à la gravité de la crise de la culture. » Pour ce qui est du synode pour la famille, cardinal Cottier dit souhaiter une pastorale nouvelle « qui réponde à la gravité de la crise » parce que « la pratique actuelle est devenue insuffisante ». Il s’interroge aussi sur la situation des familles blessées, sur les personnes « divorcées remariées », sur les enfants « victimes du divorce de leurs parents ». Il invite à « respecter les coordonnées essentielles de la vie spirituelle des personnes » : « Il y a une brutalité inhérente au rigorisme, qui est contraire à la délicatesse avec laquelle Dieu guide chaque personne. ». « Il ne fait aucun doute, affirme-t-il, que l’Année de la miséricorde éclairera les travaux du synode 2015 et en caractérisera le style ». « Quel que soit le jugement exprimé, il doit toujours être présenté et expliqué dans un langage qui fasse comprendre clairement la sollicitude maternelle de l’Église », insiste le cardinal Cottier. Il rappelle que le pape François « insiste sur la beauté et la joie de la vie chrétienne que l’Église doit présenter » : « Par la voix de ses pasteurs, l’Église doit toujours faire comprendre qu’elle est guidée par les exigences de la miséricorde divine », conclut le cardinal Cottier. Traduction de Constance Roques News de Catholique.org La pauvreté, entretenue par « un système idolâtre de l'argent »http://news.catholique.org/57940-la-pauvrete-entretenue-par-un-systeme 2015-08-04T23:17:01Z text/html fr Catholique.org La « pauvreté » et l’« inégalité » qui pèsent sur les pauvres « s’expliquent à l’intérieur d’un système idolâtre de l’argent », déclare M. Carriquiry : le pape appelle pour cela à un « changement social mondial ». Le secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, Guzman Carriquiry Lecour, établit, au micro de Radio Vatican, un bilan du dernier voyage du pape François en Amérique latine (Équateur, Bolivie, Paraguay, 5-13 juillet), dans la perspective du prochain voyage à Cuba et aux Etats-Unis (19-27 septembre). Pour l’ancien sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs, originaire de l’Uruguay, les deux voyages se placent sous le signe de l’espérance en un « changement social mondial ». Car la « pauvreté » et l’ « inégalité » qui pèsent sur les pauvres « s’explique à l’intérieur d’un système idolâtre de l’argent » qui est à la base de l’exploitation et de diverses « situations de pauvreté, de violence et de destruction de la nature ». Le pape a ainsi voulu conjuguer, explique-t-il, sa sensibilité pour les périphéries émergentes, représentées par les quatre pays d’Amérique latine, et l’attention qu’il porte aux « États-Unis, une grande nation, qui mérite un message pour elle-même, que je relie à l’Amérique latine à la lumière de l’exhortation apostolique Ecclesia in America », déclare M. Carriquiry. En d’autres termes, le pape espère, dit-il, un « rapport toujours plus fort de communion entre les Églises et de solidarité entre les peuples de tout le continent américain, qui vient de cette intuition prophétique de saint Jean-Paul II, lorsqu’il convoqua le synode pour l’Amérique », considérant le continent comme une seule entité. Pour le secrétaire de la Commission, « aujourd’hui, l’Église catholique en Amérique latine est mise par la Providence de Dieu dans une situation très singulière » puisque plus de 40 pour cent des catholiques vivent dans ce sous-continent. Plus que d’être un « modèle », l’Église latino-américaine porte la « grave responsabilité » de « savoir saisir ce temps de grâce surprenant » en s’appropriant l’invitation du pape à l’évangélisation et à la conversion personnelle. Quant au reproche de « paupérisme » lancée contre le pape par certains, en particulier après son discours aux mouvements populaires de Bolivie, Guzman Carriquiry affirme qu’à cette occasion, le pape a tenu un « discours dur » dans lequel il a « courageusement » confronté le « patrimoine » de la doctrine sociale catholique à « l’expérience des organisations populaires très différentes les unes des autres ». Développant les trois grands principes de la « dignité de la personne », de la « subsidiarité » et de la « solidarité », le pape exprime l’ « amour du pasteur pour les pauvres » dans lequel il voit la « Passion du Christ » ; un amour qui n’a rien à voir avec le « paupérisme » et encore moins avec le « paupérisme idéologique ». Quant au voyage à Cuba et aux États-Unis (au cours duquel il visitera aussi les Nations Unies), le pape y défendra une « haute politique » dans une « perspective pastorale ». Le pape demeure, rappelle Guzman Carriquiry, « essentiellement pasteur » et va à Cuba « non pas avec pour premier objectif de continuer à être présent dans le dialogue entre Cuba et les États-Unis » mais principalement « pour confirmer la foi des Cubains ». News de Catholique.org JMJ de Cracovie 2016, pour devenir missionnaires de la Miséricorde Divinehttp://news.catholique.org/57935-jmj-de-cracovie-2016-pour-devenir 2015-08-04T10:17:01Z text/html fr Catholique.org « La Journée mondiale de la jeunesse à Cracovie sera un vrai jubilé des jeunes à travers le monde », a déclaré le cardinal Stanislas Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs. Il a envoyé un message spécial un an avant le début de la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cracovie (Pologne) qui aura lieu du 26 au 31 juillet 2016, rappelle l’édition polonaise de Radio Vatican. Au début de la veillée de prière, le pape avec un groupe de jeunes gens passera à travers la Porte Sainte symbolique mise en place dans un endroit appelé Campus Misericordiae de même que durant le Grand Jubilé de l'An 2000, le pape Jean-Paul II avait passé une Porte Sainte avec les jeunes à Tor Vergata à Rome. Après une veillée et l'Eucharistie le dimanche 31 juillet 2016 le pape fournira aux couples venus des cinq continents des lampes allumées, symboles de feu de la charité apporté par le Christ. « Il enverra les jeunes partout dans le monde en tant que témoins et missionnaires de la Miséricorde Divine », écrit le cardinal Rylko. Le rassemblement à Cracovie invitera les jeunes « à réfléchir sur la « miséricorde comme un idéal de vie et comme un critère pour la crédibilité de notre foi », a écrit Mgr Rylko. Il a appelé à « encourager » les jeunes « à retrouver un nouveau visage de Dieu miséricordieux révélé dans l’image de Jésus Christ ». Le « centre spirituel de ce Jubilé des jeunes, dit le message, sera le Sanctuaire de la Divine Miséricorde et de la sainte Faustine Kowalska, l'apôtre de la Divine Miséricorde, inauguré par le saint pape Jean-Paul II en 2002 ». La rencontre avec le pape François sera « un moment fort de la Journée mondiale ». Le chef du dicastère du Vatican a rappelé que c’était déjà la deuxième fois que la rencontre de ce type se passait en Pologne. La première fois la rencontre internationale des jeunes a eu lieu à Czestochowa en 1991. News de Catholique.org MEJ : « la joie d'être amis de Jésus », depuis 100 anshttp://news.catholique.org/57934-mej-la-joie-d-etre-amis-de-jesus-depuis-100 2015-08-04T09:17:08Z text/html fr Catholique.org Le thème de la joie de la rencontre avec le Christ est au centre de la célébration du Centenaire du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) qui se passe du 4 au 10 août à Rome. À l’occasion du centenaire du MEJ, plus de 1500 jeunes de 38 délégations nationales et quelque 600 personnes présentant les familles du MEJ Italie se sont rassemblés à Rome pour y vivre les moments de prière et de réflexion. La joie de la rencontre avec Dieu est aussi le thème central de ce rassemblement sur le thème « Pour que ma joie soit en vous » (Jn 15). « Nous voulons avant tout » que le Jubilé et le Centenaire « nous aident à vivre la joie d’être amis de Jésus. Nous nous sentons appelés à être plus proches de son Cœur et engagés au service de notre monde », disent les jeunes dans le document préparé pour cette célébration. « Nous sommes des jeunes qui voulons dire au monde que notre joie juvénile jaillit de la rencontre avec Dieu, de notre amour désintéressé, du regard d’espérance porté sur notre histoire, du projet de Jésus qui nous enthousiasme et nous pousse à agir » : ce sont des paroles tirées du manuel latino-américain du MEJ qui ont été choisies pour souligner cette année Jubilaire. L’objectif de la rencontre mondiale du MEJ est de « faciliter et renforcer cette dynamique internationale par les échanges entre jeunes et entre directeurs, en particulier autour de la formation spirituelle et la pédagogie du MEJ », précise le document préparatif. Les deux sources d’inspiration ont été choisies pour cette année jubilaire qui a débuté le 22 juin 2014, le jour de la fête de Corpus Christi. Il s’agit de paroles de Jésus à ses disciples pendant la Dernière Cène « au cours de laquelle il partage le secret de sa joie : demeurer dans son amour et son amitié », explique le document pour le centenaire du MEJ. La deuxième source est l’encyclique Evangelii Gaudium (La joie de l’Évangile) par laquelle le pape François « nous propulse dans la joie de vivre et d’annoncer l’Évangile ». Le MEJ mondial est un organisme « très diversifié, selon des contextes culturels et ecclésiaux », précise le document. « Nous y reconnaissons 5 styles différents dans la manière de vivre le projet éducatif et spirituel ». Cependant le fondement reste le même : « l’amitié avec Jésus (Evangile), l’Eucharistie (vivre l’amitié avec Jésus nourrie et modelée par l’Eucharistie), la mission de l’Église (partager la vie et la mission de Jésus, en Église) ». Le MEJ est la branche jeune de l’Apostolat de la Prière (AP) – le Réseau mondial de prière du pape, confié par l’Église à la Compagnie de Jésus. News de Catholique.org Sainte Thérèse d'Avila sur la médaille du pontificat 2015http://news.catholique.org/57933-sainte-therese-d-avila-sur-la-medaille-du 2015-08-04T09:17:06Z text/html fr Catholique.org Le pape François fait graver une représentation de la sainte réformatrice du carmel et docteur de l’Eglise Thérèse d’Avila (née le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Espagne) et morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582 (sic), en raison du changement de calendrier), en cette l'année thérésienne qui célèbre les 500 ans de la naissance la sainte espagnole. Le visage du pape ne sera donc pas gravé sur la médaille commémorative de la troisième année de son pontificat. Il a voulu qu’on y représente sainte Thérèse d’Avila. Le pape François a fait parvenir un message spécial pour l’Année Thérésienne. Pour le pape, l’enseignement et la vie de Thérèse d’Avila indiquent aujourd’hui au chrétien quatre chemins : le chemin de la joie, de la prière, de la fraternité et de son époque. Le père général de l’Ordre des carmes déchaux, Saverio Cannistra, a adressé au pape une lettre personnelle de remerciement : « Je désire vous remercier au nom de mes sœurs et de mes frères du carmel thérésien pour ce si beau geste. En cette année si importante pour les filles et les fils de Thérèse, nous avons perçu, cher pape François, votre proximité et votre encouragement, qui nous ont aidés à vivre cet événement dans sa dimension ecclésiale authentique ». La représentation de sainte Thérèse choisie pour la médaille rappelle la célèbre sculpture du Bernin, que l'on peut découvrir dans l’église Sainte Marie de la Victoire, à Rome. Il s’agit d’une représentation de la « transverbération », une expérience mystique qu’elle décrit ainsi dans son Autobiographie : « Un jour m’est apparu un ange beau au-delà de toute mesure. Je vis dans sa main une longue lance à l’extrémité de laquelle il semblait y avoir une pointe de feu. Elle parut me toucher plusieurs fois au cœur, au point de pénétrer à l’intérieur de moi. La douleur était si réelle que je gémis plusieurs fois à haute voix, mais elle était si douce que je ne pouvais désirer en être libérée. Aucune joie terrestre ne peut donner une telle faveur. Quand l’ange a extrait la lance, je demeurai avec un grand amour de Dieu » (XXIX, 13). Avec une traduction de Constance Roques News de Catholique.org Le service de l'autel, « occasion de s'ouvrir aux autres »http://news.catholique.org/57932-le-service-de-l-autel-occasion-de-s-ouvrir 2015-08-04T09:17:04Z text/html fr Catholique.org Le pape François a rencontré quelle 9000 servants d’autel de plus de 13 ans venus d'une vingtaine de pays pour le 9e Pèlerinage international des acolytes et des servants d'autel à Rome (3-6 août). Il a adressé un discours aux plusieurs milliers de jeunes ce mardi 4 août (cliquer ici pour le texte intégral). Dans son discours le pape a dit que « la proximité et la familiarité avec Jésus Eucharistie dans le service de l’autel » devenait « l’occasion de s’ouvrir aux autres » et était également « une source de joie authentique de nous reconnaître petits et faibles, mais de savoir qu’avec l’aide de Jésus nous pouvons être revêtus de force et entreprendre un grand voyage dans la vie en sa compagnie ». Le pape François a consacré une grande partie de son discours au commentaire du passage biblique sur une vision du prophète Isaïe d’où sont tirées les paroles qui sont devenues le thème central du pèlerinage : « Je suis là : envoie-moi ! ». Cette vision « fait percevoir » à Isaïe « la majesté du Seigneur, mais … lui révèle en même temps combien il reste distant tout en se révélant », a expliqué le pape. Isaïe « s’aperçoit que l’action divine n’est pas empêchée par ses imperfections, que c’est uniquement la bienveillance divine qui le rend apte à la mission, en le transformant en une personne toute nouvelle », a continué le pape François. Il a dit aux servants d’autel que « comme Isaïe » ils découvraient Dieu, mais qu’ils étaient « plus chanceux que le prophète Isaïe ». « Dans l’Eucharistie et dans les autres sacrements, vous faites l’expérience de l’intime proximité de Jésus, de la douceur et de l’efficacité de sa présence, a souligné le pape. Vous ne rencontrez pas Jésus assis sur un trône inaccessible, haut et élevé, mais dans le pain et le vin eucharistiques ; et sa Parole ne fait pas vibrer les montants des portes, mais les cordes du cœur ». « Comme Isaïe », les serviteurs de Dieu sont « invités à ne pas rester fermés » sur eux-mêmes, a continué le pape. « Nous sommes … appelés à partager la joie de nous reconnaître choisis et sauvés par la miséricorde de Dieu, à être témoins que la foi est capable de donner une nouvelle direction à nos pas, qu’elle nous rend libres et forts pour être disponibles et prêts pour la mission ». Le pape a partagé sa joie avec ces jeunes interlocuteurs en avouant qu’il « est beau de découvrir que la foi nous fait sortir de nous-mêmes, de notre isolement ». Le pape a terminé en disant que la foi « nous remplit de la joie d’être des amis du Christ Seigneur », « nous fait aller vers les autres, nous rendant naturellement missionnaires ! » News de Catholique.org Servants d'autel, souvenez-vous de dialoguer avec Jésus dans la prière !http://news.catholique.org/57931-servants-d-autel-souvenez-vous-de-dialoguer 2015-08-04T09:17:02Z text/html fr Catholique.org « Dans l’Eucharistie et dans les autres sacrements vous faites l’expérience de l’intime proximité de Jésus, de la douceur et de l’efficacité de sa présence », explique le pape a quelque 9000 servants d’autel rassemblés autour de lui, place Saint-Pierre, ce 4 août, en la fête du saint curé d’Ars. Le pape a souligné le lien entre la proximité de Jésus et le service du prochain : « Chers servants d’autel, plus vous serez proches de l’autel, plus vous vous souviendrez de dialoguer avec Jésus dans la prière quotidienne, plus vous vous nourrirez de la Parole et du Corps du Seigneur, et plus vous serez en mesure d’aller vers le prochain lui porter comme un don ce que vous avez reçu, donnant à votre tour avec enthousiasme la joie qui vous a été donnée. » A.B. Allocution du pape François Chers servants d’autel, Je vous remercie pour votre présence nombreuse, qui a défié le soleil romain du mois d’août. Je remercie Monseigneur Nemet, votre Président, pour les paroles par lesquelles il a introduit cette rencontre. Vous vous êtes mis en route de divers pays pour votre pèlerinage à Rome, lieu du martyre des Apôtres Pierre et Paul. Il est significatif de voir que la proximité et la familiarité avec Jésus Eucharistie dans le service de l’autel deviennent aussi l’occasion de s’ouvrir aux autres, pour marcher ensemble, pour choisir des buts qui engagent et trouver les forces pour les atteindre. C’est une source de joie authentique de nous reconnaître petits et faibles, mais de savoir qu’avec l’aide de Jésus nous pouvons être revêtus de force et entreprendre un grand voyage dans la vie en sa compagnie. Le prophète Isaïe aussi découvre cette vérité, c'est-à-dire que Dieu purifie ses intentions, pardonne ses péchés, raffermit son cœur et le rend apte à accomplir une chose importante : porter au peuple la parole de Dieu, en devenant instrument de la présence et de la miséricorde divine. Isaïe découvre que, en se mettant avec confiance entre les mains du Seigneur, toute son existence en est transformée. Le passage biblique que nous avons entendu nous parle précisément de cela. Isaïe a une vision qui lui fait percevoir la majesté du Seigneur, mais qui lui révèle en même temps combien il reste distant tout en se révélant. Isaïe découvre avec étonnement que c’est Dieu qui fait le premier mouvement, qui s’approche en premier. Il s’aperçoit que l’action divine n’est pas empêchée par ses imperfections, que c’est uniquement la bienveillance divine qui le rend apte à la mission, en le transformant en une personne toute nouvelle, et donc capable de répondre à son appel et de dire : « Me voici, envoie moi » (Is 6, 8). Vous, aujourd’hui, vous êtes plus chanceux que le prophète Isaïe. Dans l’Eucharistie et dans les autres sacrements vous faites l’expérience de l’intime proximité de Jésus, de la douceur et de l’efficacité de sa présence. Vous ne rencontrez pas Jésus assis sur un trône inaccessible, haut et élevé, mais dans le pain et le vin eucharistiques ; et sa Parole ne fait pas vibrer les montants des portes, mais les cordes du cœur. Comme Isaïe, chacun de vous aussi découvre que Dieu, tout en se faisant proche en Jésus qui s’incline avec amour sur vous, reste toujours immensément plus grand, au-delà de nos capacités d’en comprendre l’essence intime. Comme Isaïe vous faites aussi l’expérience que l’initiative vient toujours de Dieu, parce que c’est lui qui vous a créés et voulus. C’est lui qui, dans le baptême, vous a rendus créatures nouvelles et c’est toujours lui qui attend avec patience la réponse à son initiative et qui offre son pardon à quiconque le lui demande avec humilité. Si nous n’opposons pas de résistance à son action il touchera nos lèvres de la flamme de son amour miséricordieux, comme il le fit avec le prophète Isaïe, et cela nous rendra aptes à l’accueillir et à le porter à nos frères. Comme Isaïe nous sommes aussi invités à ne pas rester fermés sur nous-mêmes, gardant notre foi dans un entrepôt souterrain dans lequel nous nous retirons dans les moments difficiles. Nous sommes au contraire appelés à partager la joie de nous reconnaître choisis et sauvés par la miséricorde de Dieu, à être témoins que la foi est capable de donner une nouvelle direction à nos pas, qu’elle nous rend libres et forts pour être disponibles et prêts pour la mission. Comme il est beau de découvrir que la foi nous fait sortir de nous-mêmes, de notre isolement et, justement parce qu’elle nous remplit de la joie d’être des amis du Christ Seigneur, elle nous fait aller vers les autres, nous rendant naturellement missionnaires ! Chers servants d’autel, plus vous serez proches de l’autel, plus vous vous souviendrez de dialoguer avec Jésus dans la prière quotidienne, plus vous vous nourrirez de la Parole et du Corps du Seigneur, et plus vous serez en mesure d’aller vers le prochain lui porter comme un don ce que vous avez reçu, donnant à votre tour avec enthousiasme la joie qui vous a été donnée. Merci pour votre disponibilité à servir l’autel du Seigneur, faisant de ce service un lieu d’éducation à la foi et à la charité envers le prochain. Merci d’avoir vous aussi commencé à répondre au Seigneur, comme le prophète Isaïe : « Me voici, envoie-moi » (Is 6, 8). [Texte original : Français] © Librairie éditrice du Vatican News de Catholique.org ONU : la préoccupation pour le changement climatique inséparable de celle pour le développement humainhttp://news.catholique.org/57930-onu-la-preoccupation-pour-le-changement 2015-08-04T08:17:02Z text/html fr Catholique.org "Ma délégation considère que la préoccupation pour le changement climatique est inséparable de celle pour le développement humain", déclare Mgr Auza. Voici notre traduction intégrale de l’intervention de Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à New York, lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur « les défis de la paix et de la sécurité auxquels sont confrontés les petits États insulaires en développement (PEID) », le 30 juillet 2015 (cf. Zenit du 31 juillet). « La protection de l'environnement et la réduction de la pauvreté ne sont pas des défis distincts, mais font partie d'un seul et même défi qui est d’offrir un développement humain intégral et authentique », explique Mgr Auza. Il cite le pape François qui « propose cette « écologie intégrale » comme un paradigme capable d'articuler harmonieusement nos relations multidimensionnelles fondamentales, affirmant qu’ « il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». A.B. Intervention de Mgr Auza Monsieur le Président, Ma délégation vous félicite d'avoir convoqué ce tout premier débat ouvert du Conseil de sécurité sur « les défis de la paix et de la sécurité auxquels sont confrontés les petits États insulaires en développement ». Parmi les menaces auxquelles sont confrontés les petits pays insulaires en développement (PEID), sont celles qui sont liées au changement climatique. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques, certaines des menaces les plus importantes pour les petites îles incluent l'élévation du niveau de la mer, les cyclones tropicaux et extratropicaux, l'augmentation des températures de l'air et de la surface de la mer, et la modification des régimes pluviométriques. (1) Pour les PEID, il s’agit de plus qu’une simple question environnementale ou même une question de développement : c’est une menace existentielle. Leurs populations ne peuvent pas se permettre de nouvelles élévations du niveau de la mer. Les menaces liées au climat exacerbent les effets négatifs de leur éloignement, de leurs terres petites et basses, et de leurs maigres ressources. Ainsi, si nous voulons fournir une plus grande sécurité aux PEID, la question la plus urgente à laquelle nous devons répondre est la lutte contre le changement climatique, contre les impacts auxquels les PEID sont actuellement confrontés mais aussi la réduction des menaces futures. Cela nécessitera une nouvelle approche du développement qui passe des combustibles fossiles polluants à l'énergie durable et qui optimise l'efficacité énergétique. Les pays en voie de développement ont la possibilité de « sauter par-dessus » la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles pour un développement plus durable qui privilégie à la fois les personnes et la planète. Mais ils ont besoin d'un soutien mondial pour être en mesure de le faire. En une année si cruciale pour les sommets des Nations Unies, nous avons une obligation morale de progresser ensemble sur ces questions. Les décideurs internationaux, nationaux et locaux, les dirigeants politiques et économiques, les institutions scientifiques et religieuses doivent tous contribuer. Différents points de vue sont plus que jamais imbriqués et complémentaires et doivent intégrer les richesses de la foi et des traditions spirituelles, le sérieux de la recherche scientifique, la responsabilité publique d’une direction politique et le travail précieux de la société civile dans des efforts concrets à tous les niveaux. Ma délégation considère que la préoccupation pour le changement climatique est inséparable de celle pour le développement humain. La protection de l'environnement et la réduction de la pauvreté ne sont pas des défis distincts, mais font partie d'un seul et même défi qui est d’offrir un développement humain intégral et authentique. Le pape François propose cette « écologie intégrale » comme un paradigme capable d'articuler harmonieusement nos relations multidimensionnelles fondamentales, affirmant qu’ « il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». Ainsi, « les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature » (Encyclique Laudato Si’, 139). Si nous perdons de vue notre unité avec l'environnement, nos attitudes envers elle « seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément » (id., 11). Ainsi, notre souci pour la terre devrait être beaucoup plus qu’un comportement « vert » ; il doit aussi être social, parce que nous, les êtres humains, nous sommes une partie de la nature, inclus en elle et en constante interaction avec elle. Comme l’a dit le pape François aux maires des grandes villes du monde réunis le 21 juillet dernier au Vatican, « la préservation de l'environnement est un comportement social ». Alors que nous devons tous contribuer à trouver une solution intégrée, le pape François lance un défi en particulier aux pays les plus riches qui « ont connu une forte croissance au prix de la pollution permanente de la planète », pour qu’ils assument la responsabilité de cette dette écologique en aidant les pays pauvres à se tourner vers des voies de développement durable. Ma délégation souhaite évoquer brièvement trois domaines où nous pouvons améliorer les choses dans les prochains mois : Premièrement, en parvenant à un accord, à Paris, pour lutter contre le changement climatique. Le pape François continue d’inviter les responsables politiques mondiaux à être courageux et à dépasser l'état d’esprit du gain à court terme qui domine l'économie et la politique actuelles. À Paris, nous avons besoin d'un accord qui « laisse un témoignage de généreuse responsabilité » (LS, 181). Deuxièmement, en allouant des ressources financières suffisantes pour lutter contre le changement climatique et répondre aux besoins actuels. La finance climatique est un élément clé du paiement de la dette écologique et elle est vitale pour renforcer la confiance en vue d’aboutir à un accord sur le climat à Paris. Il doit y avoir un financement suffisant et prévisible pour les pays les plus pauvres et les plus touchés, comme les petits États insulaires en développement, afin qu'ils puissent planifier à long terme un développement plus durable. Troisièmement, en augmentant l'accès à l'énergie renouvelable comme catalyseur du développement durable. Des milliards de personnes ont besoin d'accéder à l'énergie pour sortir de la pauvreté. Des milliards, en particulier les femmes et les filles, subissent les effets terribles pour la santé de la cuisine aux combustibles polluants. La plupart vivent dans des zones non raccordées au réseau et peuvent plus facilement être rejointes par de l’énergie en grande partie renouvelable hors-réseau. Les pays riches doivent aider les pays pauvres à développer des formes moins polluantes de production d'énergie en leur donnant un meilleur accès à la technologie et aux ressources financières. Monsieur le Président, Alors que le changement climatique et le sous-développement sont principalement des questions socio-économiques, ils peuvent sérieusement affecter la paix et la sécurité des communautés locales, des régions et des nations entières et, bien sûr, de la communauté internationale. Ma délégation continuera de s'engager sur ces discussions dans le cadre de l'Assemblée générale et d'autres instances pertinentes. Je vous remercie, Monsieur le Président. Traduction de Zenit, Constance Roques (1) https://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar5/wg2/drafts/fd/WGIIAR5-Chap29_FGDall.pd News de Catholique.org Notre Dame de Czestochowa sainte patronne des pauvres du Vaticanhttp://news.catholique.org/57929-notre-dame-de-czestochowa-sainte-patronne 2015-08-04T03:17:02Z text/html fr Catholique.org Une image de Notre Dame de Czestochowa, célèbre icône de la Vierge noire polonaise, a été intronisée au Vatican comme sainte patronne des pauvres. Elle a trouvé sa place sous une petite voûte devant l’atelier des tapisseries, près de la Porte de Sainte-Anne, rapporte l'édition polonaise de Radio Vatican. L’icône de Notre Dame de Czestochowa a été placée à cet endroit à l’initiative de Mgr Konrad Krajewski, prélat catholique polonais, aumônier du pape François depuis le 3 août 2013. Il coordonne les initiatives de la charité du pape autour du Vatican et ailleurs dans Rome : sacs de couchages, parapluies, douches, barbiers, et maintenant centre d'accueil pour les sans-abri, etc, sans pause pour les vacances. L’icône mondialement connue de Notre-Dame de Czestochowa a été saluée comme la patronne des pauvres du Vatican. Les pèlerins, les touristes et surtout les pauvres seront en mesure de la voir lorsqu’ils iront par la Porte de Sainte-Anne au bureau de l’aumônerie apostolique. News de Catholique.org Mexique : tragédie durant une procession en l'honneur de Jésushttp://news.catholique.org/57924-mexique-tragedie-durant-une-procession-en-l 2015-08-03T07:17:04Z text/html fr Catholique.org Le pape François a adressé un télégramme de condoléances à l'évêque de Zacatecas (Mexique), Mgr Sigifredo Noriega Barcelo, après l’accident meurtrier de Mazapil, survenu le 29 juillet. Un télégramme communiqué par le nonce apostolique au Mexique, Mgr Christophe Pierre. Une procession commençant la neuvaine en l’honneur de Jésus sous le vocable de « Nuestro Padre Jesus Nazareno », avait commencé. Une dévotion très ancienne : la confraternité remonte à août 1695. La foule de pèlerins a été percutée par un camion chargé de sable, dont les freins ont cédé, faisant 27 morts et 35 blessés. Le curé de la paroisse, dédiée à saint Grégoire-le-Grand, le père Filiberto Campos Najar, publie sur sa page facebook le message de condoléances envoyé par le pape François. Dans ce message, signé par le cardinal secrétaire d'Etat Pietro Parolin, le pape assure l’évêque de la prière du pape « pour le repos éternel des défunts ». Le pape exprime « ses sincères condoléances aux familles des défunts » et exprime des sentiments de « consolation » de « proximité », ses vœux de « prompte rétablissement » pour les blessés. Il accorde à tous le « réconfort de sa bénédiction apostolique comme signe d'espérance dans le Christ ressuscité ». News de Catholique.org