Catholique.org - Questions essentielles

Croire en l’Église ?

“Moi je crois en Dieu, mais pas dans l’Eglise, ni dans ses prêtres ”, lance un ami. C’est vrai ! Chacun est libre de croire ou de ne pas croire, d’être catholique ou bouddhiste, agnostique ou croyant, capitaliste ou communiste... ou de l’équipe de foot qui lui plaît. Tous méritent notre respect quand ils agissent avec honnêteté. Mais qu’est-ce que veut dire cet ami ? Il savait vraiment ce qu’il disait ? Ou est-ce que ce n’est pas tout simplement une de ces bêtises que nous disons tous de temps en temps ? On n’imaginerait pas cette personne en train de dire : Je crois au socialisme mais pas les socialistes. Au fond, ils ne s’opposent pas tellement à l’Église, au PS, à la droite ou n’importe quel autre parti politique du pays, sinon à l’idée qu’ils ont de ces organisations.
La réalité n’a rien à voir avec leurs idées, fruits des préjugés qui circulent dans l’air et d’une pauvre formation. Ils n’ont pas lu les Évangiles, ni Marx, ni Hegel, ni se sont préoccupés de lire les écrits du Pape ou les programmes des différents partis. Ils se limitent à “parler haut et fort” de tout ce qu’ils ne comprennent pas, ceci est une insulte mentale à n’importe quelle intelligence.

L’expérience nous indique que ce qui se dit sur l’institution de l’Église, personne n’oserait le dire sur n’importe quelle autre institution, par exemple :

- Aucun ouvrier ou employé déclare croire au travail, dans son entreprise, mais pas son chef, les techniciens, les édifices, les bureaux, etc.

- Aucun militaire penserait qu’il peur aller à la guerre sans généraux, chefs ou officiers, armes, instructions... ni qu’on peut désobéir aux chefs.

- On ne peut pas croire au football mais pas les footballeurs, les directeurs, les règles du jeu, les entraîneurs, les terrains de jeu.

- Ce n’est pas possible de croire à l’enseignement mais pas les professeurs, ni le besoin d’écoles.

Il n’y a pas de doute que nous irons au travail même si on n’aime pas les chefs, et à l’école même si les professeurs ne sont pas bons, et à la guerre même si les ordres nous déplaisent ; mais curieusement, si nous n’aimons pas certains curés, nous quittons l’Église. Est-ce que ça ne serait pas une excuse pour justifier notre forme de vie ? Ne perdons pas le temps : Il n’y a pas de chefs ni les lois pour les goûts de chacun.

En suivant ce chemin, ils estiment qu’il n’y a pas besoin de prêtres, d’églises ni de liturgies. Ça leur suffit de parler avec Dieu directement. Ce qui, bien sûr, (même s’ils ne le disent pas) ils ne font jamais. Coire en Dieu et être prêts à le suivre, mais à sa manière, comme un Dieu duquel nous pouvons disposer selon nos caprices.

L’Église est une institution divine, mais elle est gouvernée par des hommes avec toutes leurs vertus et leurs défauts. Le Christ a promis de l’aide à l’Église jusqu’à la fin des temps, mais il n’a pas pu assurer la fidélité ni le bon sens de ses membres, qu’Il laisse libres d’accepter ou non ses commandements.
Même le Cardinal Joseph Ratzinger a dit une fois une comparaison très profonde : « l’Eglise est comme la lune : terre, rochers et déserts, mais vue de la terre, c’est un magnifique corps céleste qui nous illumine dans la nuit même si sa lumière ne soit la sienne. » En effet, l’Église est terre, rochers et désert. Mais c’est aussi un corps céleste d’une beauté incomparable qui illumine nos nuits avec la lumière de la foi. Plus on connaît L’Église, plus on l’aime, et plus on comprend plus profondément pourquoi c’est le corps mystique du Christ.

N’importe qu’elle personne qui en conscience se considère chrétien, socialiste, communiste, bouddhiste, ou quoi que ce sois, acceptera les lois correspondantes et obéira à ses chefs et s’il n’est pas d’accord, il partira de lui-même ou d’autres l’expulseront

Pour les catholiques, - qui sont les destinataires de ce message - ce que doit être ou ce qu’est l’Eglise et nos relations avec Dieu, ne doivent se gouverner que par les paroles du Christ dans son Evangile, dans les Actes et les Lettres des apôtres et dans la Tradition chrétienne approuvée historiquement. Dans la religion, comme dans une armée, dans l’enseignement ou le travail personne ne peut aller “selon son bon plaisir” .
Dans l’Evangile de Saint Matthieu, il y a un paragraphe qui peut nous illuminer.

À un moment donné, Jésus répond : « Moi je te dis que tu es Pierre es sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux, quoi que tu lies sur la terre sera lié dans les cieux et ce que tu délies sur la terre sera délié dans les cieux. » C’est la preuve la plus claire que Jésus a institué l’Église. Ce n’est pas une invention humaine, les apôtres ne se sont pas rendus compte de la « valeur politique » ou des supposées richesses que l’Église pourrait avoir. Il suivirent le commandement de Jésus.
C’est très clair que Jésus fonde “son” Église sur Pierre, et qu’il donne à Pierre l’autorité pour gouverner sur la terre. Pour autant, cher ami, les paroles de Jésus on y croient ou non, mais si on y croit, il n’y a plus rien a dire. L’Église comme institution humaine n’aurait pas perduré pendant beaucoup d’années. Mais en XX siècles c’est l’institution la plus ancienne connue sur la terre.

Avant de parler, il faut s’informer. Pour parler de l’Église, il faut savoir un peu d’ecclésiologie, et d’histoire de l¡Église, pour parler de Dieu il faut savoir au moins de la théologie dogmatique, théologie morale et théologie sacramentaire avec un profonde et (constante) vie de prière. Sinon, on parle en général, sana fondements.

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut connaître avant de parler. Et il faut connaître à fond l’Église, sinon, l’opinion « Je crois en Dieu mais pas en l’Église » est frivoles et superficielle.